Parachat Vayigach
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Matsa trempée - Beignets et gâteaux faits à base de farine de galettes

Pessah'


Qu’est ce que du ‘Hamets ?
Il est de notoriété que le mot « ‘Hamets » désigne un grain de farine qui est entré en contact avec de l’eau, en restant ainsi un certain laps de temps au point de fermenter.
A partir de là, nous devons nous interroger :
Comment permettons-nous de mouiller les Matsot ? N’est-il pas à craindre que la farine des Matsot ne fermente ?!
Mais la réponse à cette interrogation est que toute farine déjà cuite n’est plus exposée à la crainte du ‘Hamets, car cette farine a perdue sa capacité à fermenter.


La crainte de la Matsa « trempée »
Certains décisionnaires, comme le Gaon Rabbi Shnéour Zalman de Lyadi auteur du Tanya, tranchent qu’il est interdit pendant Pessa’h, de tremper de la Matsa dans un liquide, car il faut prendre en considération (selon ces décisionnaires) la possibilité qu’il reste sur la Matsa, un peu de farine qui n’a pas bien cuit, et qui va fermenter au contact du liquide, ce qui le rendra H’amets. Ceci constitue la crainte de la « Matsa trempée » qui apparaît sur l’emballage de différents produits alimentaires, car certains de nos frères Ashkénazim s’imposent la rigueur sur ce point. Cet usage restrictif est particulièrement répandu chez les ‘Hassidim puisque telle est l’opinion du Gaon Rabbi Shnéour Zalman de Lyadi auteur du Tanya (qui représente le maître des Hassidim ‘Habad), et d’autres décisionnaires. (voir Mishna Béroura chap.458 note 4).

L’opinion de la majorité des décisionnaires
Cependant, la majorité des décisionnaires contestent cette opinion, et tranchent qu’il est permis de consommer pendant Pessah’, de la Matsa trempée dans un liquide, sans tenir compte de cette possibilité.
C’est cette opinion majoritaire que nous adoptons, sans la moindre crainte.

Les gâteaux et beignets
Par conséquent, il est également permis de mélanger de la farine de Matsa (de la farine faite avec des Matsot moulues) avec de l’eau, afin de confectionner des beignets ou d’autres pâtisseries, car une farine cuite ne peut plus fermenter.

Un des Grands décisionnaires Séfarade, le Gaon Rabbi H’aïm BEN-BENISTI zatsal écrit dans son livre Kénéssèt Haguédola, écrit qu’il faut interdire pendant Pessa’h, la confection de pâtisseries faites à base de farine de Matsa, en raison de Mar’it Ha’aïn (le regard des autres), car des gens pourraient supposer que ces pâtisseries sont faites à base de farine ordinaire, et en conclure qu’il est permis de confectionner pendant Pessa’h, des pâtisseries faites à base de farine ordinaire.

Mais un autre de nos Grands décisionnaire, le Gaon Rabbi H‘izkiyahou DA SILVA zatsal, auteur du Péri H’adach avait déjà tranché qu’il est permis de le faire.

C’est aussi l’opinion du Gaon Rabbi Itsh’ak Taïeb zatsal (une des plus grandes sommités Halah’ique de Tunisie, oncle de Rabbi H’ai Taïeb LO MET zatsal), comme il l’écrit dans son précieux ouvrage ‘Erèh’ Hashoulh’an (chap.461, note 3), où l’on voit qu’il réfute les propos du Kénéssèt Haguédola cité plus haut.

Son argument étant que les sages du Talmud n’ont pas pris en considération une telle crainte, que les gens arriveraient à mal interpréter les choses jusqu’à croire que les gâteaux ont été confectionnés à base de farine ordinaire et en conclure que cela est autorisé. Et nous ne sommes pas habilités à ériger des décrets par notre seule opinion.

C’est ainsi que tranchent de nombreux autres décisionnaires.

En conclusion :
Selon l’usage des Séfaradim et de la plupart des Ashkénazim, il est permis de consommer pendant Pessa’h de la Matsa trempée dans un liquide. De même, il est permis de réaliser pendant Pessa’h toutes sortes de gâteaux à partir de farine de Matsa, sans la moindre crainte, ni du point de vue de tremper la farine dans l’eau, ni du point de vu du regard des autres.

Les personnes (Ashkénazim) qui ont l’usage de s’imposer la rigueur sur ce point, doivent maintenir leur usage, et ne sont pas autorisées à le modifier, même au moyen d’une annulation des vœux.

Source: Halakha Yomit

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