Parachat Vayetse
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Finalité éternelle

Paracha Yitro


Celui qui veut faire attention à lui-même, il pense à sa finalité éternelle. Car elle interviendra de façon inéluctable. Il doit se considérer, à ses propres yeux, chaque jour, comme étant effectivement une nouvelle créature. Il est rapporté dans le Choulhan Arouh, au sujet des bénédictions que nous prononçons le matin, et nous les répétons tous les jours, elles doivent être considérées comme nouvelles. De même, nous sommes comme de nouvelles créatures à notre réveil. Aussi, nous bénissons «Celui qui ramène les Nechamont/âmes aux cadavres», ou d’autres bénédictions comme «Celui qui donne de la force aux fatigués». 

Cela se rapporte au renouvellement de la Nechamah, qui est la compréhension, etc. Il s’ensuit, qu’importe ce qui peut bien arriver, il convient d’aborder chaque nouveau jour, et toutes ses occupations, comme si tout est absolument nouveau. Parce que chacun dans Israël, et peu importe qui il est, tant qu’il porte sur lui le nom d’Israël, et il accomplit quelques commandements chaque jour, il dit les bénédictions du matin, il récite le Chema, etc. Et nombreux sont ceux qui disent des Psaumes, étudient la Torah, un peu ou beaucoup. L’essentiel consiste à considérer chaque fois, avec un esprit apaisé, que ce présent jour où il se trouve, il n’y en a jamais eu de semblable dans le monde.

Et jamais il n’y en aura de pareil à l’avenir. Et le service divin, qu’il doit réaliser aujourd’hui, il est assurément une nouveauté. Et sur lui seul, lui qui se trouve durant ce jour-là, dans cette génération, il doit précisément s’occuper de ce service. Car sur lui reposent ces obligations de ce jour. Et même s’il considère ses actions comme n’étant pas convenable. Même s’il estime avoir échoué d’innombrables fois. 

Malgré tout, ce présent moment est absolument nouveau. Et il peut également depuis là où il se situe, agrandir et sanctifier Son Nom. Car «en tout lieu on présente des offrandes en mon Nom» (Malahie 1,11). Il est bien précisé «depuis tout endroit». Même dans des endroits totalement impurs, là où il y a de l'idolâtrie, comme l'ont dit nos Sages ZL (Menahot 110.) sur ce verset. À bien plus forte raison pour une personne d'Israël, même parmi les pires. Du fait que son intention, maintenant, est pour les cieux, et elle veut accomplir quelques commandements. Assurément, il y a une sanctification de Son Nom, à nouveau et en fonction du présent jour. Parce que ce service ne peut pas être complété par aucun ange. Et même les saintes Nechamot/âmes d'Israël qui se trouvent dans le Jardin d'Eden supérieur ne peuvent pas compléter ce service. Car «les morts ne louent pas Hachem» (Ps. 115,17). 

Et comme le dit le Prophète «le vivant, le vivant, celui qui Te loue, comme je le fais aujourd'hui; le père enseigne à ses enfants ta fidélité» (Isaie 38,19). Il est bien précisé «comme je suis aujourd'hui». Pour nous faire saisir, exactement la façon qui est la mienne aujourd'hui, même si je me trouve à un bas niveau. Du fait que moi je suis vivant, je dois précisément Le remercier. À bien plus forte raison pour tout ce dont il a conscience, par ce qu’il reconnaît être sa situation. Justement grâce à cela peut être agrandi et sanctifié encore plus Son grand Nom. C’est le principe «lorsque Yitro est venu, et il a dit que maintenant il reconnaît la grandeur de Hachem alors, le Nom du Saint, béni soit-Il, s’est répandu et s’est diffusé vers le haut et en bas» (Zohar, Yitro 6). Car l’essentiel de la Grandeur du Nom, c’est précisément quand ceux qui se trouvent éloignés se rapprochent de Lui. 

Et «Tu as reconnu qu'on avait agi tyranniquement à leur égard. Ainsi Tu t'es fait un renom jusqu'à ce jour» (Nehamia 9,10). À cause de ce qu’ils leur ont imposé. Ils ont été enchaînés et emprisonnés dans un exil amer, physiquement et spirituellement. Il s’ensuit justement «Tu as établi Ta renommée jusqu’à aujourd'hui». Ainsi, d’autant plus «l’autre tendance» se renforce contre une personne, lorsqu’elle réussit à se maintenir fortement dans ses convictions, et elle se renforce elle-même en se basant sur ceux qui possèdent les vraies forces, alors encore bien plus évidemment tout peut se métamorphoser en bien. Cela repose sur le principe «mon nard exhale son arôme» (Cant. 1,12). Ainsi s’agrandit et est d’autant plus sanctifié Son Nom.

Pour cela Moshe Rabenou et les Prophètes ont institué pour nous la lecture de la Torah en public. Pour nous rappeler chaque fois le Don de la Torah. Pour nous donner ce mérite de recevoir chaque jour à nouveau la Torah. L’essentiel de la lecture de la Torah, durant Shabat ou les jours de fête, nous rappelle qu’alors, en son temps, elle nous a été donnée. Comme par la suite ils se sont déplacés durant trois jours, ils ont institué pour nous la lecture en public le lundi et le jeudi. Ils ont constaté qu’il ne suffisait pas de se remémorer seulement le Shabat cette transmission de la Torah au Sinaï. 

Parce que «tout cela, l’Éternel l’accomplit deux ou trois fois en faveur de l'homme» (Job 33,29). En effet, il est obligatoire que chaque personne progresse à travers de très nombreuses élévations ou chutes. Mais, tout est pour le renouvellement. Raison pour laquelle ont été créés le jour et la nuit, la lumière et l’obscurité, etc., aussi bien matériellement que spirituellement, en général ou en particulier, en tout temps et pour toutes les personnes. Comme l’explique Rachi sur le verset «vous vous trouvez aujourd'hui tous, en présence de l'Éternel, etc.» (Devarim 29,9). Cela a été dit après les remontrances. De la même façon qu’en ce jour il y eut cette révélation et cette illumination, ainsi cela se produit pour vous aussi à l’avenir. Parce que Sa Main se tient toujours sur les élevés, et toujours Il conclura avec miséricorde selon Sa Volonté (Rachi, Isaïe 33,5). Aussi, «au bout de deux jours Il nous aura rendu la vie; le troisième jour Il nous aura relevés, pour que nous subsistions devant Lui» (Ochea 6,2).

Nous avons été mis en garde, lorsque la Torah nous a été transmise, elle doit être pour nous chaque jour comme si c’était aujourd'hui qu’elle nous est donnée. Cela correspond à l’interprétation de nos Sages sur le verset «en ce jour» (Chemot 19,1). L’essentiel de la Torah réside dans sa mise en application. «Ce ne sont pas les explications qui sont l’essentiel, mais les actes» (Avot 1,17). Il s’avère extrêmement difficile d’envisager l’existence de la Torah dans ce monde-ci. Parce que l’instinct de l’homme se renforce contre lui à chaque instant, comme l’ont dit nos Sages ZL (Kidoushin 30:). De très profonds conseils sont nécessaires dans chaque génération et pour chaque jour. Cela constitue l’essentiel de la controverse engagée par Moshe Rabenou avec Hachem. Elle s’est prolongée durant sept jours. Alors, Moshe Rabenou ne voulait pas s’engager dans sa mission. 

Essentiellement, il voulait la refuser avec l’argument principal de la multiplication des contestations s’élevant dans le monde. Elles sont symbolisées par Datan et Aviran. L’instinct du cœur de l’homme, de tout un chacun d’entre nous, est mauvais depuis son enfance. Moshe Rabenou savait qu’ils vont à de nombreuses reprises provoquer des dommages. Comme cela ressort déjà de l’allusion même évoquée par Hachem à Moshe «J’ai vu, J’ai vu» (Chemot 3,7). Il a vu qu’ils vont finir par fauter, comme l’ont dit nos Sages ZL (Chemot Rabah 3,2). Raison pour laquelle il n’a pas voulu s’engager. Et il insiste «de grâce, Éternel! donne cette mission à quelqu’un d’autre!» (Chemot 4,13). Comme l’explique Rachi «je ne suis pas destiné à les faire entrer dans le pays d’Israël, ni à être leur libérateur dans le futur», en raison de la multiplication de leurs querelles. Déjà alors, mais également par la suite, dans chaque génération. Dans le désert, ils ont éprouvé Hachem des dizaines de fois. Mais aussi dans toutes les générations. De là s’ensuit la prolongation de l’exil.

Moshe Rabenou a interrogé «s’ils me demandent quel est Son Nom? Que leur dirai-je?» (Chemot 3,13). C’est-à-dire, même après que je leur aurais dit «l’Éternel de vos Pères m'envoie vers vous» (ibid.) Malgré tout, ils vont me demander quel est Son Nom! À l’évidence, il ne leur suffira pas de cette seule connaissance du Nom «l’Éternel de vos Pères». Ils voudront encore savoir quel est Son Nom. Il semble que leur intention réside dans le fait que pour eux s’est toujours maintenue la connaissance de Son saint Nom originel, ils ne l’ont pas oublié. De là la raison pour laquelle Moshe Rabenou continue en demandant «ce qu'il doit leur répondre?» (ibid.). Hachem lui a répondu «Je suis celui qui est» (Chemot 3,14). Ce sujet se rapporte à celui qui désire se repentir. Il doit se considérer comme «je suis». Cela correspond à «je me prépare à exister» (Lik. Moharan I, 6). 

Comme si pour lui c’était le commencement de sa vie dans ce monde. Ensuite, il est expliqué la nécessité de réaliser un repentir sur le premier repentir. Car même au moment où l’on exprime ses fautes, il reste encore quelque chose de la faute. Elle ne peut pas être parfaitement nettoyée, sans qu’il reste un défaut. Et même pour celui qui serait parvenu à un repentir parfait et complet, il doit également se repentir en revenant sur ses premières conceptions. Il s’ensuit que ce concept de «Je suis» fait allusion à la nécessité de recommencer chaque fois à nouveau. C’est cette idée énoncée par «je commence à vivre». Comme si jusqu’à maintenant je n’avais pas encore existé dans ce monde. Il s’agit là de l’essentiel du conseil pour exister en accomplissant la Torah. Alors, la répétition à deux reprises de «Je suis» vient souligner la nécessité de recommencer, même après avoir déjà commencé. Tout ce principe du repentir sur le repentir.

En résumé de ce qui précède, il ressort qu’il existe trois sortes de repentir, se préparer à exister; puis se repentir sur le repentir. Lorsqu’on se renforce soi-même à chaque fois, et on ne se laisse pas tomber. Mais on recommence encore. Ensuite, le repentir sur ses conceptions. C’est acquérir une expertise aussi bien lors d’une progression que dans le cas d’une régression. Et le retour répété chaque fois sur ses premières conceptions correspond au Shabat. Il s’agit d’une notion du monde à venir. Hachem a dévoilé à Moshe Rabenou de mener Israël selon cette conduite de recommencer à nouveau toutes les fois. Et même lorsqu’il est impossible de réaliser quoi que ce soit, en raison de l’importance de renforcement de l’exil, matériel, spirituel ou financier. 

Malgré et contre tout, il convient d’être au moins constamment disposé à se mettre en condition pour recommencer à nouveau. En étant disposé à s’engager sur ce chemin, assurément chacun pourra sortir de ses ornières et se purifier. C’est cela sortir de l’exil, et se rapprocher vers Hachem. Aussi, immédiatement après avoir dévoilé l’essentiel de Son saint Nom, béni soit-Il, il est écrit «l’Éternel de vos Pères m’envoie vers vous» (ibid.). Raison pour laquelle toutes les bénédictions, et toutes les reconnaissances dans toutes les prières ou tous les commandements, notre intention principale se réfère à ce Nom. Ainsi, toutes les réparations, dans tous les mondes, s’opèrent grâce à la Torah et aux commandements. Mais pour le contraire, cela est également valable!

Il s’ensuit, l’essentiel du rapprochement vers Hachem, la Torah, les commandements, les prières, etc. tout est grâce à ce Nom. Mais, il est impossible que l’idée de ce Nom se maintienne continuellement chez une personne. Seulement grâce au principe de «Je suis», cette notion de préparation à l’existence. Cette disposition à sans cesse être disposé à recommencer. Alors, il a été dévoilé à Moshe Rabenou «cela est Mon Nom à jamais, c’est Mon Souvenir de génération en génération» (Chemot 3,15). Désormais, le fait d’avoir fait précéder le dévoilement de ce conseil, cela correspond aux soins préparés avant la blessure. Il en va ainsi de Sa Conduite, comme nous l’expliquent nos Sages ZL. C’est là le dévoilement de ce secret de trois fois «Je suis». Il pénètre dans le cœur d’Israël. Et grâce à cette disposition de recommencer chaque fois, nous pouvons constamment nous maintenir dans la sainteté d’Israël. Quoi qu’il puisse bien se passer, avec tout ce qui nous arrive dans tous les exils, personnels ou collectifs.

Source: Elhanan Mepek