Parachat Noah'
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Quel rapport entre Chabbat et le Tabernacle ?

Paracha Wayaqhel


Le commandement d'observer le Chabbat apparaît deux semaines de suite. Dans la Paracha Ki Tissa, le texte sur le Chabbath suit celui de la construction du Tabernacle alors que dans notre Paracha de Vayaqhel, l’observance du Chabbath précède la description du Tabernacle et de tout son mobilier. Cette différence est-elle significative ?

Dans Ki Tissa, le texte sur le Chabbath est introduit par le mot Akh, marquant une restriction, ce qui fait dire au Baal Hatourirn : le lien existant entre le Sanctuaire et le Chabbath se situe au niveau des travaux. De ce lien, nos sages déduisent les travaux interdits pendant le saint jour. La Loi orale en dénombre trente neuf, Lamed-têt-melakhot. Autre analogie entre le Chabbath et la construction du Tabernacle : de même que le Sanctuaire est capable d'expier la faute du Veau d'Or, le Chabbath peut procurer le pardon de tout péché, fut-il celui de l’idolâtrie.

Afin de calmer leurs appréhensions quant à l'avenir, Moïse s’adresse à toute la communauté des enfants d'Israël et leur fit comprendre que le jour de Kippour a pu expier la faute du Veau d'Or, mais que le Chabbath sera toujours présent, pour procurer le pardon pour les autres fautes, même l'idolâtrie, allusion aux fautes comparables à celle du Veau d'Or.

Le texte emploie une expression particulière pour désigner la communauté d'Israël: « Vayaqhel Moché êt kol adat bené Israël » Moise rassembla toute la communauté des enfants d'Israël. Le mot « adat » laisse entendre que Moïse n'a rassemblé que les notables, les grands personnages de la communauté. Le devoir de réprimande doit être exercé par les dignitaires et les autorités morales de la communauté. Personne n’accède à une dignité si le ciel ne l'a pas décidé ainsi. Moise pensait donc s’appuyer sur les dignitaires pour faire passer le message. Nous retrouvons d’ailleurs cette méthode des cercles concentriques chaque fois qu'il s'agit de la transmission de la Torah. Rambam ne nous dit-il pas qu'il faut répéter quatre fois une halakha pour la retenir ! Nous l’apprenons de Moïse lui-même qui donnait une première leçon à son frère Aaron, puis répétait la même leçon devant Aaron et ses fils. Ensuite, les Anciens se joignaient à eux et Moïse répétait la même leçon. Et enfin, avant de se retirer pour laisser la place à Aaron, Moïse exposait la même leçon devant tout le peuple réuni. Après l’avoir reçue de l’Eternel, Moise a répété quatre fois la Torah.


Six jours tu travailleras
Lc Chabbath constitue l’aboutissement des six jours de la création. Sans création, il n'y a pas de Chabbath. C'est pourquoi la Torah parle des six jours de la semaine pendant lesquels l'homme doit travailler et s'adonner à toutes ses occupations. De cette formulation de la Torah, deux déductions sont évidentes. La première est que le travail est nécessaire, le travail est noble. La seconde est que le travail n'a de sens et n'est sanctifié que par l’institution du Chabbath.

Les jours de la semaine ne sont considérés que comme des moments de préparation pour le Chabbath qui ne saurait exister ici bas, sans les six jours de travail, et ces six jours n'ont aucun sens sans le Chabbath. D'autre part, la semaine et le Chabbath sont en opposition: ils sont différents dans toutes leurs manifestations: "Que tu tiennes le Chabbat en honneur" Isaïe 58,13 signifie: que tes vêtements du Chabbath ne soient pas les mêmes que ceux de la semaine. Que ta démarche du Chabbath ne soit pas celle de la semaine. Le jour du Chabbath, tes préoccupations ne doivent pas être les mêmes que celles de la semaine.

Le Chabbath est sanctifié, c'est-à-dire, séparé, différent, distingué des autres jours. C'est pourquoi nous devons éviter d'aborder tout sujet pouvant créer des dissensions, des crispations ou des irritations. C'est le sens que donne les Hassidim à « l'interdiction de faire du feu » mise en exergue par rapport à tous les autres travaux interdits. Ne mettez pas le feu de la discorde dans vos demeures en abordant des sujets pouvant susciter la colère, la mauvaise humeur, la dispute. Le fait que la Torah parle de « demeures » au pluriel « Vous n'allumerez pas de feu dans vos demeures » fait allusion, selon le Maguid, à la demeure en Israël et celle de l’exil, insistant ainsi sur l'observance du Chabbath obligatoire quelle que soit la situation du peuple d'Israël.

En guise de conclusion sur un sujet qui pourrait occuper toute une vie, disons que le Chabbath possède un caractère miraculeux et régénérateur, qui a permis au peuple juif de survivre malgré les vicissitudes qu'il a connues durant deux mille ans et qu’il permet aujourd'hui à tous ceux qui l’observent, de connaître un moment de lumière et de vrai bonheur au milieu d'un flot de grisaille. Le Chabbath a un pouvoir magique capable de redonner à l'homme toute sa dignité et tout son éclat.

Source: Grand Rabbin Jacques Ouaknin

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