Parachat Noah'
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Se justifier, encore et toujours...

Paracha Vayishla'h


De tout temps le peuple juif a eu des problèmes d’image de marque aux yeux des nations. Les médias ont toujours présenté le juif comme la source de tous les maux de ce monde à cause de ses prétendus défauts spécifiques. 

Cette désinformation n’a jamais atteint une telle ampleur avec un caractère aussi insidieux qu’aujourd’hui. Pour nous, la question est de savoir quelle attitude adopter devant la mauvaise foi des détracteurs d’Israël. 

Rien faire et laisser braire ? Notre silence ne risque-t-il pas de passer pour de la faiblesse ? Ou bien réagir, au risque de n’être ni entendu ni compris ?...

Après avoir subtilisé la bénédiction à Esaü, Jacob est obligé de fuir à Haran pour se soustraire à la revanche de son frère. Vingt ans ont passé et Jacob se prépare à rencontrer son frère. 

Jacob a peur et il est pris d’angoisse, peur d’être tué et angoisse d’avoir peut-être à tuer autrui. Jacob ne peut pas se fier à sa piété et il sent qu’il doit tout mettre en œuvre pour assurer lui-même son salut. 

Il prépare alors une triple défense au moyen du cadeau, de la prière, du combat. Ce comportement face à l’ennemi sera l’héritage spirituel que Jacob laissera à ses descendants. 

Tout au long des siècles, les Juifs ont agi à l’exemple de notre ancêtre Jacob, pour préserver leur vie.

Humilité
Comment expliquer le message que Jacob fait parvenir à son frère Esaü : « Ainsi parle ton serviteur Jacob… » 

Habituellement, lorsqu’un homme se sent détesté, il évite tout contact avec son ennemi et ne cherche nullement à lui parler. A quoi bon se justifier, l'autre ne voudra pas entendre raison.

Jacob nous donne une grande leçon : la nécessité de se justifier, de faire les premiers pas pour tenter de se concilier son ennemi même s’il faut gagner ses bonnes grâces par quelques présents. 

Certes, il faut du courage, de l’humilité, de la patience, il faut aimer la vérité et avoir la volonté de dissiper tout malentendu. 

Le résultat d'une telle démarche n'est nullement certain, il peut même être interprété comme une marque de faiblesse mais notre devoir est d'essayer d’établir le contact. Personne ne pense que nos ennemis vont nous tendre la main et nous porter dans leur cœur parce que essayons nous entendre avec eux pour d’atteindre une situation de paix. 

A quoi servent alors nos motions après un attentat, nos défilés dans la rue après un acte d’antisémitisme, nos protestations, nos pétitions quand Israël est l’objet d'accusations mensongères... sinon pour nous justifier aux yeux de nos ennemis et à nos propres yeux, avec l’espoir que la vérité finira par triompher et éclater au grand jour. 

A quoi sert notre main tendue quand elle ne rencontre aucune autre main pour la saisir !

La prière
Il est certain que toutes les épreuves que traverse le peuple juif, quels que soient le lieu ou l’époque, ne sont pas l’effet du hasard. Toute notre histoire est celle de notre relation à notre Créateur. 

La prière est justement la preuve de notre reconnaissance de notre dépendance par rapport à Dieu. Jacob comprend que sans l’aide divine, toute entreprise humaine est vouée à l’échec.

La lutte
Le Midrach Tanhouma comprend ainsi le message de Jacob à Esaü à un autre niveau, celui du rapport des forces : « J’ai séjourné chez Laban le rusé et malgré ce fait, j’ai réussi à m’en sortir avec de grandes richesses ». 

La démarche de Jacob peut sembler un signe de faiblesse mais en fait, il s’agit d’un avertissement de Jacob à Esaü, une allusion à sa capacité de se battre, avec des armes si la situation l’exige.

Nous devrions tirer la leçon du comportement de notre ancêtre Jacob. Souvent, notre démarche pour nous réconcilier avec nos ennemis n’est pas couronnée de succès. 

Peut être que notre prière n’est pas suffisante ou pas assez sincère ! En tout cas cette démarche est toujours nécessaire même si elle est souvent mal comprise.

Source: VieJuive, Grand Rabbin Jacques Ouaknin

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