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2000 Coudées

Paracha Vayikra


Les limites dans lesquelles on est autorisé à se déplacer durant le Shabat sont de «deux mille coudées/Alpaïm Amah». Cette notion de «Alpaïm» fait référence à deux «Aleph», la première lettre de l’alphabet hébraïque. Elle fait référence à deux sortes d’intelligences, par rapport aux deux mille années qui ont précédé le Don de la Torah dans le monde. D’où l’idée de deux sortes de saintes appréhensions. Ce sont «je chanterai encore vers l’Éternel, tant que j’existerai» (Ps. 104,33) et «mais où est l'agneau de l'holocauste?» (Ber. 22,7). Il ressort ainsi deux sortes de saintes véritables conceptions.

Elles se rapportent aux limites à respecter durant le Shabat, aux frontières de la sainteté. Grâce à elles, il est possible de se maintenir durant tous les jours de son existence à l’intérieur de saintes limites, sans en arriver à sortir vers l’extérieur. Car le Shabat représente l’ensemble des saintetés d’Israël. C’est la conduite de «je chanterai, etc.» qui se rapporte à la royauté du Shabat, à la paix régnant alors. Quand brillent mille/Aleph lumières. Elles ramènent vers Israël un supplément dans le Shabat. Il s’agit d’une lumière attirée grâce à cette sainte disposition de «je chanterai». Cela grâce au Juste à même de tout juger en fonction du mérite.

Il met en évidence les bons aspects se trouvant chez tout un chacun d’Israël. Et même parmi les pires. Il introduit ces conceptions dans chacun d’Israël, pour que tous parviennent à découvrir et à trouver en soi-même, et chez son prochain, de bons aspects. Ainsi, tous pénètrent vers le côté du mérite, et ils reviennent vers Hachem.

Tout ce qui précède correspond à l’édification du Tabernacle. Car le Juste construit le Tabernacle d’où chaque enfant reçoit une haleine dans leur bouche, où il ne se trouve aucune faute. Il est fait référence ici au «petit Aleph» écrit dans le premier mot commençant notre Paracha «Vayikra». Il fait ressortir la nécessité de juger chaque personne en recherchant en elle du mérite. Même lorsqu’il s’agit d’une personne foncièrement mauvaise. Également chez elle, il faut s’efforcer de découvrir un peu de bien. Car dans ce peu de bien elle n’est pas méchante. Et grâce à ce petit peu de bien, il est possible de la juger favorablement. Et ainsi, effectivement, on l’élève vers le côté du mérite. Alors, il devient possible de l’amener au repentir. Selon l’expression du Psaume (37,10) «encore un peu, et le méchant ne sera plus; tu observeras sa place, il en aura disparu». Tu réfléchis sur sa condition, elle se transforme! Ce verset nous met en garde sur la nécessité de rechercher dans tout jugement de bons aspects, et ne pas se fier aux apparences.

Trop souvent, il nous semble avoir à faire avec une personne mauvaise. Malgré tout, il convient de s’efforcer, rechercher et demander pour découvrir en elle quelques points positifs. Là où elle n’est pas mauvaise. Cela se rapporte au verset mentionné «encore un peu – si tu cherches bien – et le mal ne nous apparaît plus». Parce qu’il est impossible de ne pas trouver en elle encore un tout petit peu de bien. Il est impossible que cette personne n’ait jamais réalisé quelque chose de positif durant toute son existence. Et grâce à la découverte de cet aspect positif, là où le négatif est absent, il devient possible de juger favorablement. Ainsi, vraiment, on l’élève depuis la culpabilité vers l’innocence. Jusqu’à ce qu’elle parvienne, grâce à cela, à un véritable repentir. Et alors on ne trouve plus de mal, du fait que nous avons bien et profondément réfléchi sur sa situation. Notre nouvelle approche, et le changement de notre vision la concernant, font en sorte que cette personne ne nous apparaît plus se situer là où nous l’avions envisagé précédemment. Là réside toute la force dans notre capacité de juger positivement.

Chacun d’entre nous est également tenu de rechercher et de trouver en lui-même ses propres bons aspects. Car il importe que chaque individu soit très attentif à être dans la sérénité et la joie constamment. Il doit beaucoup s’éloigner de tout ce qui se rapproche de la tristesse ou du désespoir. Cela, même lorsqu’il s’examine et il constate combien il a pu fauter et se tromper lui-même. Ce sont des mauvaises tendances et influences extérieures, elles tentent de le faire tomber. Elles l’attirent vers la tristesse. Il est absolument interdit de se laisser attirer et tomber dans ces pièges.

En soi-même également, il convient de découvrir et de révéler quelques bons aspects. Car il est impossible de n’avoir jamais accompli, durant son existence, quelques commandements ou bonnes actions. Et même si l’on en vient à estimer que ceux-ci n’ont pas été réalisés parfaitement. De toute évidence, il est certain que malgré tout il y avait forcément au moins un peu de bien. Ainsi assurément, il devient possible de se réjouir soi-même. Alors on sort de sa culpabilité et l’on ressent avoir quelques mérites. De là même façon que nous avons réussi à juger les autres selon le côté du mérite, même lorsqu’il s’agit d’une personne méchante, également en soi-même on doit aussi trouver de bons aspects. Ainsi, on se renforce soi-même et l'on ne se laisse pas aller à chuter. Au contraire, on se réjouit avec le peu de bien découvert en soi. Le mérite d’avoir accompli durant son existence quelques commandements ou quelques bonnes actions. Il convient de continuer dans ses recherches et trouver encore d’autres bonnes choses. Même si là aussi, dans le bien, se trouve du mélange avec des déchets. Il reste toujours la possibilité d’en retirer quelques bons aspects.

En poursuivant sur ce chemin, on récolte encore et encore du bien. Et toutes ces notes, comme une musique, composent une belle mélodie. L’harmonie résulte de la clarification entre le bien et le mal. Le rythme vient en ne se laissant pas abattre, mais en réagissant pour se donner des satisfactions dans la vie. Pour avoir recherché, demandé et trouvé en soi même. Et l’extirpation du bien d’entre le mal compose une mélodie. Désormais, il devient possible de chanter, de danser, de prier et de remercier Hachem. Car il est bien connu, lorsqu’une personne tombe en raison de sa matérialité ou de ses mauvaises actions passées, lorsqu’elle prend conscience combien elle se trouve éloignée vraiment de la sainteté, alors comme conséquence, elle ne parvient plus du tout à prier. Elle ne réussit pas à ouvrir sa bouche, à s’exprimer. Car une grande tristesse l’envahit, le désespoir tombe sur elle, à cause de ce grand éloignement. Mais dès que l’on se réveille soi-même, on se sort de sa léthargie à l’aide de ces conseils. C’est-à-dire, bien que l’on sache au fond de soi-même qui l’on est, tout ce que l’on a achevé, et combien on se situe encore loin de Hachem, malgré tout on a découvert en soi encore de bons aspects. Ainsi on se donne à soi-même de la vie et de la joie. Assurément chacun verra grandir sa satisfaction et son contentement avec chacun de tous les côtés positifs, dans la sainteté d’Israël, qu’il aura encore découvert. Dorénavant, il sera possible de prier, de chanter et de beaucoup remercier.

Ces conseils représentent une base importante pour tous ceux qui désirent se rapprocher vers Hachem, et ne pas perdre leur monde. Pourtant, la plupart des gens restent éloignés de Hachem. Essentiellement, leur éloignement découle d’un désespoir, d’une vision négative ou de la tristesse. Parce qu’ils prennent en considération des dégâts importants causés par eux-mêmes dans leur conduite. Pour chacun, en fonction de sa prise de conscience personnelle, et de ce qu’il ressent au fond de son cœur. Il s’ensuit que trop nombreux sont ceux qui en arrivent à désespérer d’eux-mêmes. À cause de cela ils ne s’en remettent pas à la prière. Ils ne parviennent pas à réaliser tout ce qui est en leur pouvoir de réaliser. Raison pour laquelle chacun doit profondément réfléchir sur le sens véritable à donner dans son esprit à ses chutes. Car même s’il s’est effectivement conduit de cette manière, qui a provoqué des assombrissements dans son esprit, il importe de savoir qu’à l’origine de tous ces aspects négatifs se trouve l’incitateur au mal! Il affaiblit sa conscience de sorte à obtenir sa chute. D’où l’absolue nécessité de se renforcer, et de s’engager résolument à suivre ces conseils. Rechercher et demander sans cesse, pour trouver et découvrir un peu de bien, quelques bonnes facettes existant au fond de soi. Ainsi l’on parvient à se revivifier et à se réjouir soi-même, attendre sa délivrance. Désormais il est possible de prier, chanter et remercier Hachem. Et alors on mérite vraiment de retourner vers Hachem.

Un véritable dirigeant, comme il s’en trouve dans chaque génération, doit être capable de réveiller en chacun, même parmi les pires, de bons côtés existant chez eux. Et cela correspond à l’édification du Tabernacle. Là les enfants reçoivent l’haleine dans leur pure bouche depuis ce concept. Raison pour laquelle lorsqu’ils commencent à apprendre à lire, à étudier la Torah, ils débutent avec ces versets «et Moshe a été appelé/Vayikra» (Vayikra 1,1). Là, la lettre Aleph, du premier mot du troisième livre de la Torah, est écrite plus petite que les autres. Ce livre nous fait le récit de la fin de l’édification du Tabernacle. Dorénavant depuis là-bas Hachem parle avec Moshe Rabenou. Et tous les vrais Maîtres, dans toutes les générations, possèdent quelque chose du principe de Moshe Rabenou. Chacun d’eux, en fonction de son engagement et de son action, met en place et établit tout ce que représente le Tabernacle.

Chabat Chalom
Source : Elhanan Lepek