Parachat Tazria, Metsora
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Une parole à tes oreilles

Paracha Vayigash


Voilà «Yehoudah s’est rapproché de lui» (Ber. 44,18). Il représente Israël, parce qu’ils sont appelés «Yehoudim/Juifs» d’après ce nom Yehoudah. Ainsi, «Yehoudah lui dit: "De grâce, seigneur! que ton serviteur fasse entendre une parole à tes oreilles, etc."» (ibid.). Rachi nous explique qu’il souhaite que ce qu’il va dire pénètre dans les oreilles, et dans le cœur, de Yossef, son interlocuteur. Il fait appel à sa pitié, pour prendre en compte ce qui se passe avec chacun de nous dans ce monde. Il attend qu’il donne un conseil approprié à chacun. Pour permettre à tous d’être sauvés de ce dont ils doivent se protéger. Pour ne pas en arriver à perdre l’espoir. 

Les frères se rapprochent de Yossef, lui représente le vrai Juste, ils se repentent de l’avoir vendu. Cela constitue une faute contre la Emounah/confiance dans les Sages. C’est une notion de l’émiettement du conseil. Car la vente de Yossef, a provoqué une division dans la royauté de la dynastie de David. Cela est relatif à la division du conseil. Comme cela ressort explicitement dans la Haftara de la Paracha de Vayigach. Il est écrit «ils ne seront plus fractionnés en deux royaumes» (Yehezkel 37,22). Le sujet de cette Paracha se concentre sur la réparation pour la vente de Yossef par ses frères. Lorsqu’on veut revenir au repentir et se réconcilier. Il lui est

demandé d’accorder son pardon et de donner les conseils appropriés pour arranger et parvenir à une véritable entente.

Il s’agit d’une règle générale «le chemin sur lequel une personne veut avancer, sur celui-ci elle est conduite» (Rachi Bamidbar 22,35). Pour nous apprendre, la façon dont on pose une question à un Sage, ainsi celui-ci va nous donner une réponse. De là découlent tous les conseils inappropriés. Il peut sembler que cela vient de Hachem, ou que le Sage le conseille vraiment ainsi. Mais en vérité, tout vient de l’homme lui-même. Comme il est écrit «l'homme, par sa folie, gâte sa destinée» (Prov. 19,3). Nos Maîtres rapportent cette situation aux Tribus d’Israël, elles ont porté atteinte au conseil. Raison pour laquelle, celui qui se sent vraiment concerné, et veut être épargné, il doit beaucoup demandé, avec de nombreuses supplications vers Hachem et vers de vrais Justes. Pour qu’Ils prennent très à cœur ce qui s’est passé avec lui. De sorte à lui donner un vrai et durable conseil, pour être grâce à lui vraiment sauvé. D’où la suite du plaidoyer de Yehoudah «que ta colère n'éclate pas contre ton serviteur!» (Ber. 44,18). Il demande l’annulation de toutes les formes de colère ou de rigueur dans le jugement.

Ainsi, grâce au repentir pour avoir porté atteinte à sa confiance dans les Sages, il devient possible de faire disparaître tous ces aspects de rigueur ou de colère. Pour pénétrer ainsi dans le principe du Saint des Saints, d’où découlent tous les adoucissements dans ce monde. Et d’autant plus s’adoucit le jugement, ainsi d’autant plus se complètent les orientations. Jusqu’à mériter à chaque fois de recevoir des indications complètes venant d’un vrai Juste. Pour pouvoir se maintenir, grâce à lui, face aux différentes mauvaises instigations provenant d’une manière ou d’une autre de «l’incitateur». Il perturbe et dérange constamment notre cœur.

 Car «qui est comme toi, comme Pharaon» (ibid.). Pharaon représente la perturbation ou l’annulation du conseil dans la sainteté, car «vous avez repoussé mes conseils» (Prov. 1,25). Avec pour conséquence l’exil égyptien, qui inclut tous les exils. Pharaon se tient contre la nuque (ces mots s’écrivent avec les mêmes lettres). Il empêche le développement de l’esprit. Les idées ne parviennent pas à descendre pour se réaliser favorablement, pour reconnaître la situation grâce à l’éclairage du conseil. Cela constitue l’essentiel du secret de l’exil en Égypte. Réussir à réparer en recevant les enseignements de la Torah. 

Ils ont commencé à mériter cela au moment de la Sortie d’Égypte. Tout ce que représentent les six cent treize conseils de la Torah. Ils se rapportent «à Moi le conseil, gage de succès» (Prov. 8,14). La notion de la réparation des recommandations. L’essentiel consiste donc à recevoir des conseils de vrais Sages. Pour, grâce à eux, réussir à se maintenir chaque fois contre les perturbations et les dommages provenant des «autres forces». Celles correspondant à Pharaon. Cela se rapporte à la sentence «car tu es l’égal de Pharaon» (Ber. 44,18). Pour exprimer l’idée qu’il agit de la même façon que Pharaon, il détériore le conseil. Il se renforce au moyen de ses tromperies. De même, tu dois savoir proposer des informations pertinentes pour, à chaque fois, être sauvé de ses ruses, revenir et se renforcer pour se maintenir fermement dans les voies de la sainte Torah. Là réside l’essentiel d’une assistance favorable.

Car «qui est comme toi, comme Pharaon» (ibid.), le redoublement du mot «comme» se rapporte effectivement aux illusions. Ainsi l’explique Rachi. C’est-à-dire qu’il s’agit essentiellement des prodigieuses actions de nos Sages. Ils savent renforcer chaque personne en fonction de ce qu’elle est, à son niveau, à ce moment. Ils soumettent de profondes et vraies recommandations. Elles sont orientées et formulées relativement aux dommages provoqués par les incitations des «autres forces». Celles qui se renforcent contre lui, avec toutes leurs manigances. Raison pour laquelle la réparation réside dans la confiance accordée aux vrais Sages. Ils correspondent eux-mêmes à ce principe «des eaux profondes, les idées abondent dans le cœur de l’homme» (Prov. 20,5). Il est absolument impossible de les endommager. Elles se maintiennent face à toutes les sortes de perturbation venant de «l’autre tendance». Et cette expression «qui est comme toi, comme Pharaon» (ibid.) se rapporte aux profondeurs de la pensée. Car les vraies propositions viennent de Hachem. Elles se maintiennent en permanence, car «Tu es éternellement sublime» (Ps. 92,9).

Et «Yehoudah s’approcha de lui» (Ber. 44,18). Les réparations s’obtiennent grâce à la rencontre réunissant Yehoudah et Yossef. Ils représentent l’essentiel. Le Mashiah fils de David, il descend de Yehoudah. Et le Mashiah fils de Yossef. Car David correspond aux Psaumes. Ils sont récités avec dix sortes de mélodies, elles représentent la joie. Car «les chants d’Israël sont agréables» (Shmuel II 23,1). Et l’enthousiasme de la joie correspond à «la maison de Joseph est une flamme» (Obadia 1,18). Le dévoilement vient donc grâce aux paroles de Torah et à la reconnaissance, le principe relatif à David. La parole possède une très grande puissance, elle rend possible le dévoilement de la joie. C’est «une joie pour l’homme qui trouve des répliques» (Prov. 15,23), ou «le souci abat le cœur de l'homme; mais une bonne parole y ramène la joie» (Prov. 12,25) ou «ma bouche Te glorifiera avec un langage enthousiaste» (Ps. 63,6).

Aussi Yehoudah dit à Yossef «de grâce, seigneur! que ton serviteur fasse entendre une parole à tes oreilles» (Ber. 44,18). Les oreilles représentent l’outil de l’audition. Mais «l’écoute dépend du cœur» (Klei Yakar, Vayikra 9,6). Là se situe la racine de la joie «Tu donnes de la joie dans mon cœur» (Ps. 4,8). Cette joie est reliée à Yossef, il enflamme le cœur. Malgré cela, l’essentiel du dévoilement et de l’existence de la joie vient grâce à la parole, le principe de David descendant de Yehoudah. Aussi, Yehoudah dit à Yossef «de grâce, laisse ton serviteur parler» (Ber. 44,18), précisément des paroles dans la sainteté de la joie, dans la sainte confiance. Ainsi tous les jours nous faisons resplendir la parole en nous exprimant pleinement avec notre bouche. Combien devons-nous nous estimer heureux avec notre part. Rachi nous explique à propos de cette expression «aux oreilles de mon seigneur» (ibid.), que l’écoute dépend du cœur. Car grâce à la parole, cela pénètre dans ses oreilles et dans son cœur. Jusqu’à ce que se réveille une joie complète, et s’annule la tristesse. Elle est relative à la notion de rigueur du jugement et de l’ardeur de la colère. Il lui dit ensuite «que ta colère n'éclate pas contre ton serviteur» (ibid.). Pour que s’apaise et s’annule la colère grâce à la vigueur de la joie, éclairée par la parole.

Notre Père Yaakov a porté une grande attention pour que sa sainte couche ne soit pas complétée en dehors du pays d’Israël. Ainsi l’explique le saint Zohar. Raison pour laquelle lorsque Yossef est né il a dit à Laban «laisse-moi partir, que je retourne chez moi, dans mon pays» (Ber. 30,25). Parce que si Binyamin était né en dehors du pays d’Israël, il n’aurait pas pu sortir de là-bas. Ainsi, Binyamin représente la plénitude de la sainte couche, la conclusion du bonheur entier. Grâce à lui est attirée la joie depuis les sphères supérieures vers ce monde-ci, vers cet impressionnant lieu qui est le Sanctuaire. S’il était venu au monde dans ce lieu impur, en dehors du pays d’Israël, dans la demeure de Laban, alors la satisfaction aurait été attirée et saisie par «l’autre tendance». Tout son renforcement découle de la volonté d’attirer et de s’approprier l’allégresse pour eux-mêmes. Ainsi, toutes les sortes de comédies ou des jeux, des vanités de ce monde. Tout ce qui constitue le rire et la dérision, toutes les sortes de stupidités. À ce sujet il est dit «à quoi cela te sert-il?» (Kohelet 2,2). Par rapport à cela nous demandons «que mes ennemis ne triomphent pas de moi!» (Ps. 25,2). 

Pour cela Yaakov a tellement voulu que sa sainte couche soit complétée grâce à la naissance de Binyamin. Pour que soit attirée la joie à sa place, dans le pays d’Israël, proche du Sanctuaire. Là se situe la sainte joie dans l’Éternel. Et depuis là-bas nous avons également la possibilité maintenant, dans notre exil, d’attirer ce bonheur. Car dans tous les endroits où Israël est exilé, il devient possible d’attirer la sainteté du pays d’Israël, dans les maisons d’assemblée, dans les synagogues, dans les maisons d’étude. Elles représentent une contraction de la sainteté. Tout cela essentiellement au moyen de la force des véritables Sages qui s’y trouvent.

Pour mériter cela, il convient de beaucoup demander et supplier à Hachem pour recevoir de tels vrais et bons conseils. C’est toute la rencontre et le rapprochement vers Yossef de Yehoudah. En tant que représentant de l’ensemble d’Israël.

Source: Elhanan Lepek

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