Parachat Tazria, Metsora
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Dévoilement mérité

Paracha Vayera


Il est possible de mériter un dévoilement relatif à l’Éternel, comme cela s’est passé avec Avraham «et Hachem lui apparut dans le bocage de Mamré; et lui était alors assis à l’entrée de la tente pendant la chaleur du jour» (Ber. 18,1). Cette apparition pour Avraham correspondait à une révélation. Il est possible de la mériter lorsqu’on s’engage à rechercher ce qu’aucun être humain ne parviendra à saisir. Grâce à cette poursuite spirituelle, l’esprit comprend son impossibilité d’appréhender ce qui le dépasse. Car il est vraiment impossible de réfléchir sur ce qui est au-delà de son esprit. 

Mais, avec la disposition d’esprit de tenter de pénétrer même là où notre intelligence n’est pas capable de traiter correctement les données, on peut commencer à distinguer la sainteté existante là-bas. Il existe la notion de deux sortes d’arbres, l’un de vie et l’autre de mort. Là se trouve la racine des contraires. Lorsqu’on veut changer ou modifier, on peut éloigner l’homme de l’arbre de vie vers son contraire. Précisément pour cette raison c’est à cet endroit que Hachem s’est dévoilé à Avraham. En effet, il a su atteindre un véritable discernement. Il est parvenu à distinguer et à différencier le bien et le mal. Depuis là-bas, il a élevé la sainteté jusqu’à mériter ce dévoilement «Hachem lui est apparu» (ibid.)

Rachi nous enseigne «c’est Mamré qui l’avait conseillé à propos de la circoncision. Raison pour laquelle Il s’est révélé sur son territoire» (ibid.). Il y a lieu d’établir un lien avec le verset «et Pharaon se rapprochait» (Chemot 14,10). L’idée est qu’il rapprochait Israël vers leur Père dans les cieux, dans le sens de spirituel. Pour celui qui recherche une vie véritable et éternelle, tout ce qui lui est présenté par les «mauvais instincts», cette notion des contraires mentionnés, d’autant plus ils se renforcent contre lui, ainsi par réaction il s’efforce de plus en plus de se rapprocher vers Hachem. Il prend conscience qu’on veut l’éloigner. Et ce conseil au sujet de la circoncision se rapporte à enlever ce qui recouvre son cœur, ce qui empêche la proximité.


Il est écrit «il était assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour» (ibid.). Cela nous fait comprendre qu’il était là-bas à attendre durant une période prolongée. Comme dans le verset «vous avez demeuré de nombreux jours» (Dev. 1,46). Pour nous évoquer sa patience, il a su se montrer persévérant et attendre en se tenant «à l’ouverture de la tente» (ibid.). Il s’agit de l’ouverture de la sainteté, le principe de la «Royauté». Le premier niveau à franchir lorsqu’on aspire à s’élever par là-bas jusqu’à parvenir à de hautes compréhensions. Cela représente l’ouverture, «voici la porte vers Hachem» (Ps. 118.2). Mais, lorsqu’on veut pénétrer là-bas, alors se renforce et s’étend contre soi «l’autre tendance». 

Ce sont tous ces contraires mentionnés. Et d’autant plus l’on veut se rapprocher vers cette ouverture, ainsi d’autant plus grandit l’opposition. À tel point que très nombreux sont ceux qui se trouvaient déjà très proches de ces ouvertures, mais ils ont fini par renoncer. Ils sont retournés en arrière, parce qu’ils n’avaient pas conscience de se trouver effectivement dans un tel voisinage. Ou parce qu’il leur semblait impossible de briser ces barrières.

Mais Avram, il restait installé avec obstination et persévérance devant l’ouverture de la tente, et cela malgré la chaleur étouffante du jour. Cette chaleur correspond à l’échauffement provoqué par «le mauvais penchant». À son propos il est écrit «indique-moi où tu mènes paître ton troupeau, où tu le fais reposer à l’heure de midi?» (Cant. 1,7). Car ce moment n’est pas bienfaisant pour le saint troupeau. Il est devenu difficile, à ce moment, dans ces conditions, de le conduire pour l’amener vers la sainteté. Cela fait référence à tous ceux qui se sont éloignés à cause de cette chaleur. Comme il est écrit «avant que fraîchisse le jour, que s’effacent les ombres, il rebrousse chemin» (Cant. 2,17). Parce qu’Israël était proche de Hachem, de la grandeur et de l’honneur. Mais, devant l’intensité de la chaleur du jour… à cause de cela le Sanctuaire de Jérusalem a été détruit.

Aussi, celui qui ne veut pas se tromper lui-même, et s’il réfléchit sincèrement sur sa finalité, en aucun cas il ne retournera en arrière, malgré tout ce qui peut bien se passer. Seulement, il se maintient et il patiente, proche de la porte, de nombreux jours. Tant que cela se révèle nécessaire! Et même si on ne le laisse pas pénétrer à travers l’ouverture, même si la chaleur du jour le brûle. Malgré tout, il n’abandonne ni ne quitte sa place. Il reste patiemment et avec assiduité à attendre vers la porte ceux qui pourront le conduire. Jusqu’à ce que pour finir, il bénéficiera de la miséricorde des cieux. Cela correspond à «il était assis dans la chaleur du jour à l’entrée de sa tente» (ibid.). 

C’est également la notion de «Yehoshouah fils de Noun, l’adolescent, ne quittait pas l’intérieur de la tente» (Chemot 33,11). Yehoshouah représente le disciple du vrai Juste, ce qu’était Moshe Rabenou. Ce sont les symboles de Moshe, de la tente d’Assignation et de Yehoshouah. Ce nom peut se décomposer en deux et signifier «la délivrance de Hachem». C’est toute son existence et son espoir. Car il s’en remet totalement à la force de son Maître. Il sait que celui-ci prie toujours vers Hachem pour sa délivrance. Pour que Hachem le protège des conseils de «l’autre tendance» qui se renforcent contre lui à chaque instant. Car Yehoshouah, bien qu’adolescent, ne quittait jamais la Tente. Et comme il se trouvait durant une très longue période devant la porte, il finit par être attiré lui-même à l’intérieur de la Tente. Alors, il ne quitta plus cette intériorité.

Et «Avram éleva les yeux, et il vit. Voilà trois personnalités se trouvant sur lui» (Ber. 18,2). Ce nombre de trois représente différents niveaux d’élévation dans la sainteté. Ils se retrouvent généralement dans ce principe de triple. L’attribut de «royauté» est relié à ceux de «pérennité, gloire, fondement», correspondant aux dernières sphères. Avant se trouvent les trois attributs de «miséricorde, rigueur, splendeur». Ceux-ci viennent après ceux de «l'intelligence, discernement, sagesse». Cela correspond à ces trois personnages se trouvant sur lui, ils se situent au-dessus de lui. Raison pour laquelle il est nécessaire de s’élever vers eux. Car à n’importe quel niveau où l’on peut se situer, se retrouvent ces triples notions, ces trois personnages d’un niveau supérieur. C’est béni soit Hachem qui nous a donné la Torah composée de trois parties, Torah, Prophètes et Hagiographes. Par l’intermédiaire de Moshe, né le troisième enfant de sa mère, après Aharon et Myriam. À la suite de trois jours de séparation. Formé de Cohen, Levy et Israël.

Et «il courut à leur rencontre depuis le seuil de la tente» (ibid.). Courir représente ici l’engagement et la joie. Pour cela nos Sages ZL ont dit «c’est un commandement de courir vers la maison de prières et de s’entretenir de sujet de commandements» (Berahot 6:). Comme il est écrit «je me réjouis lorsqu’on me dit d’aller vers la Maison de Hachem» (Ps. 122,1). Car celui qui regarde vers sa véritable finalité, assurément lorsque arrive le moment de se rendre dans la maison de prière, ou de s’entretenir de sujets concernant les commandements, il se précipite vers cela avec une grande joie. Car seulement cela représente sa vraie existence et son espoir pour l’éternité. À part cela, tout se révèle n’être que vanité. Car il ne restera rien de tout ce qu’il aurait pu entreprendre, ni de sa richesse, ni de ses peines, ni de sa pauvreté. Comme il est écrit «quand il mourra, il n’emportera rien; son luxe ne le suivra point dans la tombe» (Ps. 49,18). 

Il est aussi écrit «leur amour, leur haine, leur jalousie, tout s'est évanoui, ils n'ont plus désormais aucune part à ce qui se passe sous le soleil» (Kohelet 9,6). Il ne restera seulement ce qu’il aura à chaque fois attrapé quelques bontés, de s’être rendu à la Tefilah ou vers la maison d’étude. Là où il aura accompli quelques commandements. Raison pour laquelle tout un chacun se trouve dans l’obligation de courir avec précipitation et une grande joie pour tout ce qui concerne l’accomplissement de quelques commandements. Et d’autant plus il a conscience de son éloignement de Hachem, ainsi il est obligé de se réjouir encore plus en réalisant un commandement. Du fait que lui, même tellement éloigné, il mérite de s’attacher à des commandements. Avraham a bien compris et il a pris en considération son ultime finalité. Pour cela il s’est précipité à leur rencontre. Cela exprime toute la joie d’accomplir un commandement. Grâce à cela s’opère l’essentiel de l’élévation de la sainteté d’entre les écorces. «Il courut...» c’est le commencement de l’élévation dans la sainteté, la notion d’ouverture, de la royauté. «Et il se prosterna à terre» (Ber. 18,2), c’est l’annulation et l’inclusion dans la lumière du Sans-Fin. Parce que se prosterner est relatif à l’annulation. Lorsqu’on tombe à terre, en étendant ses mains et ses pieds, dans l’annulation de toute sensation.

En raison de l’intensité de la lumière pure qui se dévoile sur lui. C’est le dévoilement de la compréhension de ces attributs. Cela correspond à saisir la lumière du Sans-Fin, la notion du rapprochement et de l’évitement face à l’intensité de cette lumière. Car là-bas se situe l’essentiel de cette notion de se prosterner, selon l’idée mentionnée de l’annulation. Cela signifie que grâce à la joie, «il courut à leur rencontre» (ibid.) il devient possible de mériter cette idée de saisir les lumières les plus pures.

Et c’est «il dit: mon seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, je t’en prie, ne t’éloigne pas de ton serviteur» (Ber. 18,3). Il a demandé à Hachem de ne pas s’éloigner tant qu’il ne lui restera pas une trace de ce dévoilement. Il veut que s’imprime au fond de lui une marque indélébile de ce qu’il a réussi à appréhender. Par conséquent, il est important de fournir tous les efforts nécessaires pour que ne disparaisse pas rapidement cette vision. Pour que s’imprègne en soi un tellement bon sentiment. Et avec lui, il pourra toujours se revivifier. C’est la demande exprimée par Avraham à Hachem lors de cette apparition. Il exprime alors le désir qu’Il ne s’éloigne pas de lui. Et «qu’on aille quérir un peu d’eau» (Ber. 18,4) fait allusion à attirer l’abondance. C’est-à-dire qu’il souhaitait qu’Il ne s’éloigne pas, jusqu’à pouvoir attirer de cet événement des générosités.

Tout cela peut se passer avec chaque personne, lorsqu’elle veut se rapprocher vers Hachem. L’intention essentielle réside dans un grand renforcement, pour être toujours dans la joie, d’être satisfait en accomplissant avec enthousiasme les commandements. Et si l’on ressent un certain éloignement, malgré tout, il est indispensable d’encore plus se réjouir. En agissant ainsi, au moment de réaliser quelques commandements, alors la lumière incluse en eux vient l’éclairer. Ainsi, il mérite de s’élever de plus en plus jusqu’à ce que dans Sa Miséricorde, il méritera d’être inclus progressivement dans ces neuf sphères. Cela arrive parfois, lorsqu’on ressent quelques étincellements divins. Pour chacun en fonction de ce qu’il ressent dans son cœur, et qu’il est impossible de décrire par la parole. Bien que ce sentiment ne persiste pas, malgré tout il peut rester une impression favorable. Il doit l’attacher par toutes sortes de nœuds. C’est-à-dire que cela ne quitte pas sa pensée et sa mémoire. Grâce à cela, il se souviendra constamment de Hachem. Il pourra ainsi se maintenir dans toutes les confrontations, face à toutes les difficultés.

Source:
​Elhanan​ Lepek​

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