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Celui qui juge toute la terre ne ferait-il pas le droit ?
Celui qui juge toute la terre ne ferait-il pas le droit ?
D. rend visite à Abraham comme chacun doit agir pour la Mitsva de Bikour Houlim : s’acquérir de l’état de santé des malades.
Par ailleurs la visite des trois anges qui ont pris un visage humain s’inscrit dans le cadre d’une autre Mitsva sociale : Hakhnassat orhim , recevoir chez soi des invités.
Les anges certes ne font pas que passer un temps chez Sarah et Abraham. Ils ont trois missions bien distinctes : la guérison d’Abraham des affres de la Mila, l’annonce à Sarah de la future naissance d’Itshaq et la destruction de Sodome et de Gomorrhe.
A propos de cette destruction programmée, D . confie à Abraham son projet. Abraham se lance dans une belle plaidoirie pour essayer de sauver les habitants désignés. Le premier patriarche va user de toute sa verve pour défendre les pays promis à l’anéantissement. Il utilise tour à tour le ton sentencieux puis les termes doucereux. Enfin il se permet une audace rare que D. pardonne comme un grand père pardonnerait à son petit fils un écart de langage inhabituel.
Dans le verset 25 du chapitre 18 Abraham s’enhardit par des mots terribles : « Celui qui juge toute la terre ne ferait-il pas le droit ? » Il est vrai que la phrase suivante va atténuer sa hardiesse puisqu’il se compare à la cendre et à la poussière. Mais le jet de ses paroles ne souffre d’aucun complexe. Si à Sodome et à ses environs on pouvait trouver 50 juges, D. doit changer d’avis et surseoir à sa destruction.
Nous connaissons la suite. Abraham est obligé de constater que ces pays méritent leur peine faute de dix juges parmi leur population.
Pourquoi cette plaidoirie d’Abraham qu’il faut bien
le dire est vouée à l’échec depuis son début.
D. a déjà examiné cette affaire. C’est d’ailleurs
Lui qui répond à chaque interpellation pour ne laisser à
Abraham que peu d’espoir. Depuis les cinquante justes introuvables, le champs
d’action d’Abraham fond comme neige au soleil. C’est Abraham qui
met fin au dialogue par une retraite discrète. Une première réponse
donnée par nos sages dépasse le raison d’être de la participation
d’Abraham dans les affaires divines. D. disent nos sages se complaît
dans les prières de ses intimes. Le son de leur voix et le sens de leurs
paroles apportent un certain agreement aux sphères célestes. Une
seconde réponse complète la première : les portes du Ciel
ne se ferment jamais aux supplications humaines. Il n’y a pas de désespoir
pour celui qui veut s’adresser à D. Abraham n’a peut être
pas obtenu satisfaction mais il ouvert un registre de doléances qui permet
à quiconque d’intercéder pour autrui. Le pire sera atteint
quand plus personne n’osera supplier D. sous prétexte qu’il ne
sera pas entendu.
Rav S. Malka







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