Parachat Bo
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17 années essentielles

Paracha Vaye'hi


Il est écrit sur le verset «et Yaakov vécut dans le pays d’Égypte dix-sept années» (Ber. 47,28), ces dix-sept années furent l’essentiel des jours de son existence, dans la joie et l’apaisement. A priori cela apparaît étonnant. Est-ce pour signifier que lorsqu’il résidait dans le pays d’Israël, il n’aurait pas été tranquille? Et par contre, dans le pays d’Égypte, un lieu d’impureté, là où a commencé l’exil égyptien, là où ils nous ont rendu la vie amère, précisément là-bas, il aurait vécu paisiblement. Tout cela se rapporte au sujet «de retrouver le contentement et l’allégresse, et de rejeter les peines et les soupirs!» (Isaïe 35,10-51,11). L’essentiel de la plénitude de la joie se trouve en Lui. Car Il représente l’essentiel de l’existence. Aussi, l’on doit s’efforcer d’extirper les peines et les souffrances pour les transformer en joie et satisfaction. Cela constitue l’essentiel du discernement à opérer dans des situations contradictoires. Car cette joie mentionnée, ne peut s’acquérir seulement au moyen de métamorphoser et d’échanger les plaintes et les sanglots en satisfaction et contentement.

Il ressort de cela cette règle générale, toute l’occupation de nos Pères s’est concentrée à dévoiler et à faire connaître Son Éternité dans le monde. Uniquement dans ce but l’homme vient dans ce monde. De là découlent toute la joie et l’existence. Tout le monde reconnaît que ce monde-ci est rempli de colère, de douleur, de tristesse et de gémissements. Et pour

finir se trouve la mort et tous nos jours s’avèrent n’être que pures vanités. Aussi, il n’existe pas de véritable joie durable ici-bas, si ce n’est grâce à la perception des étincellements de la vérité et de la croyance. Cela constitue véritablement un élixir de vie, comme l’ont dit nos Sages. Et l’essentiel de la vérité correspond à «la vérité de Hachem est éternelle». C’est la confiance en Son Existence et la recherche, avec beaucoup d’efforts durant tous nos jours, pour se rapprocher et être attaché à Lui. Toute la vie se résume à cela. Comme il est écrit «attache-toi à Lui seul» (Dev. 10,20). «J’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité, choisis la vie! Et tu vivras toi et ta postérité» (id. 30,19). Mais, il est impossible de mériter totalement cet attachement avec Lui, seulement en brisant totalement toutes les envies du corps. 

Il en fut ainsi avec nos Pères, jusqu’à ce qu’ils méritent d’attirer sur eux à chaque fois la sainte Emounah/croyance. Jusqu’à ce qu’ils atteignent une très grande joie grâce à cela. Ainsi, ils ont constamment procédé à des éclaircissements à l’intérieur des «palais des contradictions». En s’élevant sans cesse vers des niveaux supérieurs, pour mériter de saisir le principe de la lumière du Sans-Fin. Cela s’applique à chacun, en fonction de son propre investissement dans cette recherche. Car il existe à ce sujet d’innombrables niveaux. Et tout l’ordonnancement du service de chacun, lors de chaque jour, et plus particulièrement lors du déroulement de la Tefilah/prière, avec Talit et Tefilin, etc. Tout se rapporte à cette notion d’élévation. Il est expliqué qu’alors, toute notre occupation et toute notre intention lors de ces moments privilégiés de la prière, nous recherchons et nous voulons élever la Royauté d’entre les écorces. Ce sont les attributs de «victoire, rayonnement et fondement» qui se revêtent dans ceux «de bonté, de maîtrise de soi et de splendeur». Et ces trois derniers dans ceux de «sagesse, discernement et compréhension». D’un monde supérieur vers un monde encore plus supérieur, etc. Si l'on consacre son étude et sa recherche sur ces sujets, on parvient finalement à percevoir quelques étincellements.

Nos Pères et les grands Justes ont brisé entièrement les envies physiques suscitées par leur corps. Ainsi, ils ont mérité l’essentiel de la plénitude de cette joie dans Hachem. Selon le principe de «réjouissez les Justes devant Hachem» (Ps. 97,12). Tout leur engagement avait pour but la réparation du monde tout entier. Ils voulaient attirer la joie et l’existence dans la sainteté dans le cœur de tous ceux appartenant à la Maison d’Israël. Car même celui qui n’est pas parvenu à briser totalement les instincts de son corps, il peut également mériter de se rapprocher vers Lui grâce au respect de la Torah et à l’accomplissement des commandements. Et même celui qui aurait porté une quelconque atteinte contre cela, tant qu’il désire et aspire à se rapprocher vers Hachem, il parvient à se réjouir et à donner de l’existence à son Nefesh. Avec l’aide et la force des Justes, grâce à sa confiance et par la révélation de chaque bon aspect en lui, il acquiert du mérite. Chaque commandement accompli possède une valeur inestimable. Et même n’importe qu’elle bonne action accomplie selon un commandement, par le moindre parmi Israël, s’élève au-dessus de toutes les vaines satisfactions, ou de n’importe quelle richesse du monde tout entier. Jusqu’à ce que se réjouissent leurs Nefashot/âmes encore plus. Parce qu’ils ont également mérité un tel bien, véritable et éternel. Ils ont été occupés à réaliser des commandements. Grâce à cela, ils s’attachent en Lui. 

C’est l’existence de la vie à la source de la joie de toutes les joies. «Je veux revenir vers l’Éternel, Il est ma joie, mon bonheur» (Ps. 43,4), et «fais-moi connaître le chemin de la vie, la plénitude des joies qu’on goûte en Ta Présence, les délices éternelles» (Ps. 16,11). Tout est relatif à la notion de transformer «les douleurs et soupirs» en joie, comme mentionné par le Prophète Isaïe (51,11). Ce sont tous les exils, sous toute leur forme, que traverse Israël. L’exil principal est celui de l’esprit. Il constitue l’éloignement d’avec Son Père dans les cieux. Il se manifeste effectivement par l’état d’esprit et le sentiment de tristesse, lorsqu’il envahit et s’impose à la personne. À cause de la faute du premier Homme, et des perturbations qui s’ensuivent, chacun, dans toutes les générations est concerné et atteint par l’emprise de la tristesse. De là découle obligatoirement de se retrouver en exil, dans tous les aspects de l’exil. Jusqu’à ce que nous bénéficions de l’aide et des conseils de nos Sages et des grands Justes. Car eux sont parvenus aux clarifications nécessaires dans ces «palais des contraires». Ils ont réalisé ces clarifications essentiellement au moyen de la joie, grâce à la métamorphose de la tristesse ou de l’affliction en joie.

Tout cela est relié à la vente de Yossef en Égypte. Précisément ainsi, ils ont pu ensuite survivre en Égypte. Comme il est écrit «car c'est pour le salut que l’Éternel m'a envoyé avant vous» (Ber. 45,5). Yossef symbolise l’enthousiasme dans la joie. Au point où également notre Père Yaakov, et ses saints enfants, avec l’ensemble de la sainteté d’Israël, ont été obligés de descendre en Égypte. Et précisément là-bas Yaakov a vécu dans la sérénité et la satisfaction. Car alors, il a pleinement saisi que la fin du dernier exil sera effectivement grâce à cette joie, lorsque les Sages descendent dans les profondeurs des tréfonds des «palais des contraires». Ainsi, ce principe de l’Égypte est relatif et se rapporte à tous les exils. Là-bas précisément, il est nécessaire de procéder à toutes sortes de clarifications. Par leur grande force d’engagement, ils parviennent à transformer l’affliction et la tristesse en joie. C’est l’essentiel de la clarification des «palais des contraires». Ils réussissent à modifier et à échanger tous les concepts. Ils rendent possible le discernement, malgré des arguments opposés tellement contraires à la vérité. Il n’existe aucune limite aux tempêtes verbales qu’ils affrontent. À tel point que la bouche ne parvient plus à s’exprimer, ni l’oreille entendre. Pourtant, il subsiste toujours pour nous un point venant de nos grands et véritables Sages. Il s’élève au-dessus de tout. Il métamorphose et change pour le bien la tristesse en joie.

Yaakov fait prêter serment à Yossef de l’enterrer dans le pays d’Israël. Là-bas se situe l’essentiel de la sainteté. Elle découle d’un emplacement supérieur, d’où proviennent toutes les compréhensions des saints palais. Ce sont tous les saints et purs éclairages. Toutes les compréhensions saisies par nos Sages, ce qu’ils méritent pleinement après leur disparition. Car l’essentiel du décret de la mort a été édicté dans ce but. Il est la conséquence de l’atteinte du premier Homme contre l’ordonnancement et la sérénité. Il s’en est suivi ce décret de la mort contre lui, et pour toutes les générations. Car dorénavant, il est devenu impossible pour aucun homme, même parmi les plus grands Justes accomplis, d’atteindre pleinement ces purs éclairages durant leur existence. Seulement pour tout un chacun, en fonction de son travail, ce qu’il aura mérité d’atteindre durant son existence. Pour finir, il est obligatoire de mourir et de retourner vers la poussière. Selon la notion «vers la poussière tu retournes» (Ber. 3,19). Et là-bas, le corps se décompose et il se purifie en se transformant en sainte poussière, selon le principe de la sainteté de la terre. D’où le principe de la transformation de la tristesse et de l’affliction en vie et en joie. Ensuite, on se relèvera à la résurrection des morts. Et alors, ce sera l’essentiel de la pleine satisfaction et de la joie.

Et «Yaakov fit venir ses fils» (Ber. 49,1), il voulut leur dévoiler le moment de la délivrance. Mais, la Présence disparut de lui. Car l’essentiel de la délivrance dépend de la joie «car dans la joie vous sortirez» (Isaïe 55,12). Au début Yaakov estima être déjà parvenu à clarifier totalement les «palais des contraires». Au point de pouvoir dévoiler ce qui se passera à la fin, à la délivrance. Mais le fait que la Présence disparut de lui alors correspond à ce principe «ne recherche pas ce qui est au-delà de ta compréhension» (Hagiga 13.). Il existe une force d’empêchement, une sorte de frappe dans l’esprit de ceux qui tentent d’atteindre des concepts les dépassant en l’état. Il ne leur est pas donné la possibilité de poursuivre au-delà de leur capacité de compréhension. Et plus particulièrement sur ce sujet de la fin de l’exil. Car il s’agit d’une conclusion extraordinaire, absolument impossible à saisir par notre esprit. Pour cette raison, il a commencé à parler sur d’autres sujets. Il leur a dit «rassemblez-vous...» (Ber. 49,2). Car l’essentiel de la réparation vient grâce à la réunion d’Israël. Toute la notion de l’harmonie et de la paix. En s’unissant et en écoutant ce principe de Yaakov-Israël. Tout ce qui se rapporte au véritable Juste. Grâce à cela, comme finalité, viendra la délivrance complète. Au moyen de leur extrême puissance se métamorphosera toute l’affliction, toute la tristesse, en joie incommensurable.

Source: Elhanan Lepek

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