Parachat Vayigach
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L’enthousiasme et la ferveur

Paracha Tzav


« Tsav ete Aaron véet banav » « Ordonne à Aaron et à ses enfants… » (Vayikra 6 : 2).

Rachi définit le terme « Tsav » comme un encouragement. La volonté intime d’Hakadoch Baroukh Hou était que Moïse incite Aaron et ses fils à s’investir profondément dans l’accomplissement de leur service dans le Michkan (Tente d’Assignation); C’était également la volonté de l’Eternel que Moïse inculque aux générations futures la réalisation des Mitsvot dans la ferveur et l’enthousiasme.

Tana Dévei Rav Ichmaël (Keddochim 29) justifie ces deux intentions en apportant les versets suivants : Vaéthanan (3 : 28) : « Donne des instructions à Josué, exhorte-le au courage et à la résolution » pour ce qui concerne la ferveur; et pour l’idée du zèle dans l’accomplissement des Mitsvot par les générations futures, il cite le verset de Shelah Lekha (Bamidbar 15 : 23) « Depuis l’époque où l’Eternel l’a prescrit pour les générations futures ». 

Rabbi Chimon affirme qu’il est particulièrement important d’inciter les gens à accomplir des Mitsvot qui engendrent un sacrifice financier, et selon Ohr Ha ‘Haïm, qui entraînent une gêne réelle (Torat Cohanim).

Pourquoi faut-il encourager le peuple avec plus d’insistance lorsqu’il s’agit de lui faire subir une dépense ? 

La réponse est fondée sur le principe bien connu que l’homme balance sans cesse entre ses instincts matériels et sa spiritualité. 

Naturellement, son aptitude spirituelle le pousse à accomplir des Mitsvot alors que sa tendance matérielle l’incite à satisfaire, d’abord ses besoins, puis ses plaisirs. 

On peut observer qu’une personne aura plus de facilité à accomplir des Mitsvot pour en retirer un bien être concret, tangible, comme le Seder de Pessah ou les repas de fête, que de se conformer régulièrement au port des tsitsit ou des tefilin… 

De plus, si la mitsva entraîne une réduction de la satisfaction matérielle ou une dépense, cela crée, à l’évidence, un conflit entre sa tendance spirituelle et ses exigences matérielles.

Il s’avère ainsi particulièrement difficile de s’astreindre au jeûne et à la pratique de la mitsva de la Tsedaka.

Nos Sages nous enseignent que le fait de se sentir obligé de faire quelque chose génère automatiquement une grande résistance (Quidouchim 31a) et c’est pourquoi à l’occasion de chacun des commandements la Torah nous encourage à surmonter les obstacles qui pourraient nous empêcher de remplir nos obligations… 

Mais comment un commandement spirituel pourrait-il influer sur la tendance matérialiste de l’homme ?

Le Sfat Emet explique que lorsqu’une personne est satisfaite et heureuse de ce qu’elle a accompli, elle ressent le vif désir de continuer dans cette voie; donc, si une personne apprécie l’ampleur de chaque mitsva qu’elle réalise et les résonances importantes qu’elle produit dans les Cieux, elle continuera à s’investir profondément dans cette voie. « Vé ata tetsavé… 

Et tu ordonneras » était en fait un encouragement à l’intention de Moïse afin qu’il incite le peuple à montrer de l’enthousiasme et de la ferveur dans la pratique des Mitsvot, car c’est la que se situe le secret de la plénitude dans l’accomplissement de la volonté divine (Mayanot Hanetsah).

Un samedi soir d’hiver, le Rav Raphaël Baroukh Tolédano était malade et alité dans sa ville de Meknes. Certains visiteurs lui rapportèrent qu’un certain juif d’Oujda avait subi récemment une importante faillite et qu’il était poursuivi par ses créanciers et ses garants qui avaient même menacé sa vie… 

A ces mots, le Rav Raphaël Baroukh sauta de son lit et décida de se rendre le soir même à Oujda, distante de 400 km de Meknes, pour aller aider cet homme dans la détresse.

La famille du Rav s’interposa pour le dissuader de voyager dans son état, mais rien ne l’arrêta « La vie de cet homme est en danger et je me dois d’accourir auprès de lui; de plus, rassurez-vous, comme je voyage pour une mitsva, il ne m’arrivera aucun mal » déclara-t-il.

Le Rav Tolédano mit son manteau et se rendit à la gare…

Il voyagea pendant neuf heures pour atteindre Oujda. A peine arrivé, il alla immédiatement rendre visite aux créditeurs et aux garants… Après de longues négociations, il arriva à conclure un accord; Il obtint une réduction définitive de 50% de la dette et il s’engagea à collecter les 50% restants pour le compte des créanciers.

Dès après le rendez-vous, le Rav Tolédano s’en alla convaincre les riches membres de la communauté d’Oujda d’assumer les sommes restant dues. Ce qui fut fait très rapidement.

Mais pour le Rav Tolédano, cette mission restait incomplète à ses yeux et il ne quitta Oujda qu’après avoir collecté une nouvelle somme de 600.000 Francs pour permettre à son protégé d’assumer ses besoins et afin qu’il puisse se rétablir dignement. (Ohrot mi Mizrah).

Source: cyber-contact.com

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