Parachat Vayishlah
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Huile pure concassée

Paracha Tetzave


Il est écrit «et tu ordonneras aux enfants d’Israël, et ils amèneront vers toi de l’huile pure concassée» (Chemot 27,20). Précisément «ils prendront vers toi». En effet, Moshe Rabenou représente l’ensemble de la Torah. Il est le principe du Juste véritable. Celui capable de réveiller et d’illuminer les Nechamot/âmes enracinées dans la Torah. Grâce à cela, il amène un éclairage propre à chacun. De là éclairent les sept branches de la Menorah. Elles constituent l’ensemble de toutes les différentes Nechamot d’Israël. Parce qu’elles se répartissent et elles sont toutes incluses dans ces sept catégories. D’où l’expression «et toi, ordonnes aux enfants d’Israël». Le mot «ordonne», dans son sens original, comporte l’idée de rassembler, de réunir. Pour signifier que tout doit être relié, assemblé, et unir les enfants d’Israël. C’est-à-dire les racines de leurs Nechamot situées dans la Torah. De cette façon l’éclairage peut atteindre tout un chacun. 

Et à Israël, il est imposé «et ils prendront vers toi de l’huile d’olive pure». Car, pour ce qui les concerne, le réveil en eux doit s’effectuer depuis en bas. Raison pour laquelle, il est demandé à chacun d’eux de prendre de l’huile d’olive pure concassée et de l’amener jusque vers le Juste. Il s’agit du bien au fond de lui, dans son esprit, dans ses idées. Ce qui en l’occurrence est appelé l’huile d’olive pure. 

Car l’essentiel des clarifications s’opère grâce aux discernements. Comme tout se clarifie par la réflexion, chacun doit se sentir concerné. Il doit prendre pour lui ce principe de l’huile d’olive pure. Il représente tous les bons aspects, tous les points positifs, se trouvant encore en lui, quelques bons points subsistant dans son esprit. Car même parmi les plus simples d’Israël se trouvent encore en eux de bons points. Ils correspondent à cette huile d’olive pure, et il est nécessaire de l’apporter soi-même vers le Juste. Grâce à cela il s’oblige à s’occuper dans la Torah, dans la Tefilah/prière et avec les commandements. Toute l’intention consiste à attirer vers soi et en soi la lumière du vrai Juste. Pour que s’illumine sa Nechamah et qu’elle éclaire effectivement comme une flamme, selon «la Flamme de Hachem, c’est la Nechamah de l’homme» (Michlei 20,27).

Et «concassée» pour l’éclairer. La nécessité de fouler et de concasser le corps, en supportant des souffrances et des amertumes, jusqu’à mériter que la lumière puisse être saisie dans sa Nechamah. Un corps dans lequel ne se manifeste pas la Nechamah, on le frappe, comme cela est expliqué dans le Midrach sur cette Parachah (Chemot Rabah 36,1). Raison pour laquelle Israël est en allusion avec l’olive. De la même façon, cette olive vient d’une graine, qui est devenue un arbre sur lequel elle pousse. Ensuite, on la fait tomber, puis à la frappe, on la presse, etc. Elle finit par devenir de l’huile que l’on donne à Israël. Pour nous faire prendre conscience de la nécessité d’endurer quantité de souffrances. Jusqu’à parvenir à se débarrasser de nos scories, de nos repoussants revêtements. Ce qui représente tous les empêchements. Pour permettre que s’attache en nous la lumière des Justes. Cela correspond à concasser jusqu’à finir par obtenir de la lumière.

Alors «pour élever constamment la flamme» (ibid.). Il est nécessaire d’imposer une continuité. C’est se forcer soi-même, pour être sans fins, chaque jour, absorbé et occupé dans la Torah. Comme il est écrit «ce livre de Torah ne quitte pas ta bouche, tu le méditeras jour et nuit» (Yehoshoua 1,8). Chaque fois que l’on ressent des empêchements, des obstacles, etc., ils sont relatifs à ces vêtements repoussants. D’où la nécessité de toujours se renforcer contre eux grâce à la Torah. «C'est dans la Tente d'assignation, en dehors du voile, qui abrite le Témoignage» (Chemot 27,21). Le commandement d’allumer la Menorah/le Candélabre doit s’effectuer face à l’Arche de témoignage. Là se trouvent les Tables. Elles sont la source de la Torah. De là proviennent les racines des Nechamot/âmes d’Israël. L’essentiel de l’allumage de la Menorah a pour but d’attirer sur Israël la lumière venant de la source de leurs Nechamot situées dans la Torah. Elle est attirée grâce au Juste.

C’est toute la notion de l’allumage des flammes de Hanoukah. Pour amplifier l’importance du miracle. Dans le Sanctuaire seulement un Cohen/prêtre, se trouvant sur le parvis, pouvait procéder à ce saint allumage de la pure Menorah. Mais maintenant, à cause de «l’autre tendance», la notion de la mauvaise royauté grecque, qui a voulu supprimer le Service dans le Sanctuaire, faire oublier la Torah et rendre impures toutes les huiles, etc. Hachem nous a pris en pitié. Il se tient près de nous dans nos moments de tourment. Jusqu’à ce que pour finir tout se métamorphose dans son contraire. À bien plus forte raison maintenant, grâce à la puissance du miracle, s’ajoute pour nous ce saint commandement. 

Il s’agit de l’allumage, chaque année, de la Hanoukiah. Grâce à cela, nous méritons, chacun d’Israël, d’éclairer dans sa demeure ce principe de la sainteté de l’allumage de la pure Menorah. Tout ce qui est relatif à attirer l’illumination de la racine de la Nechamah! Raison pour laquelle cette Parachah est immédiatement rapprochée de celle concernant les vêtements de prêtrise. Car grâce à ce principe de l’huile, de l’éclairage de la Torah, on parvient à se purifier de ces vêtements repoussants. On peut mériter des vêtements propres. Cette notion des habits blancs qui sont ceux de la prêtrise.

Et «quand tu feras monter les flammes, face à la Menorah, projetterons la lumière sept flammes» (Bamidbar 8,2). Aharon, le Cohen, a été mis en garde, vu sa proximité avec la Présence, de rapprocher Israël vers Hachem. D’attirer sur eux l’éclairage du véritable Juste. Cela correspond «sois parmi les élèves d’Aharon, aime la paix, etc., et rapproche-les de la Torah» (Avot 1,12). En référence avec «lorsque tu élèveras les flammes». Quand on veut élever et illuminer les sept flammes, qui sont relatives à l’ensemble des Nechamot d’Israël, que ce soit «vers la face de la Menorah». Ce qui correspond au vrai Juste, au principe de Moshe Rabenou, la face de la Torah. Il renferme en lui l’ensemble de toutes les soixante-dix facettes de la Torah. Il s’ensuit qu’il peut éclairer vers leur racine toutes les Nechamot d’Israël. D’où cette mise en garde «vers la face de la Menorah» doit éclairer les sept flammes». Tous les différents groupes composant Israël, représentés par ces sept approches, doivent tous éclairer vers la face de la Menorah. Ils doivent tous orienter leurs pensées en direction de l’éclairage diffusé par les véritables Justes. Depuis là s’illuminent leurs Nechamot.

Toutes les mesures dans la Torah font référence à l’olive. Et d’elle vient l’huile pour allumer la Menorah. Cette mesure, relative à ce que représente une olive, est nécessaire pour la récitation du Birkat Hamazon, de la dernière bénédiction, ce qui est relatif à la consommation. Car l’huile, venant de l’olive, se rapporte au corps ou au Nefesh/âme, à ce qui est du domaine de l’oubli ou de la mémoire. Il est par ailleurs ramené que l’oubli est une conséquence d’une consommation inappropriée d’olives. Mais l’huile, sortant des olives, provoque le contraire. Elle peut favoriser la mémoire. Il s’ensuit que l’olive, et l’huile qu’elle renferme font référence au souvenir, la notion de la Torah, du savoir. Raison pour laquelle les mesures auxquelles se rapporte la Torah sont relatives à la dimension de l’olive. Car l’huile se trouve à l’intérieur de l’olive. Comme la mémoire est revêtue par l’oubli, ou le Nefesh à l’intérieur du corps. De même, il est impossible de dévoiler, d’extraire l’huile, qui va éclairer, de l’olive seulement en la broyant. Ainsi l’huile peut être extraite de l’olive. De façon identique, effectivement, il est impossible de dévoiler la Torah, le Nefesh ou la mémoire, si ce n’est qu’en «broyant» le corporel. 

Ainsi, on brise les conceptions matérialistes, on annule et on domine l’amnésie. Alors, se dévoile la lumière du Nefesh, de la Torah ou du souvenir à l’intérieur du corps, parmi l’oubli. Comme l’ont dit nos Sages ZL (Berahot 63:) «la Torah n’a d’existence seulement pour celui qui se “tue” lui-même pour elle! ». La nécessité de contraindre et de briser les tentations corporelles. Et précisément ainsi se dévoilent la Torah, le Nefesh et la mémoire. Tout cela se ramène à cette notion «l’huile pure d'olives concassées, pour le luminaire» (Chemot 27,20). Et ce qui est écrit dans le Zohar «du bois qui ne s’enflamme pas, on le frappe». Comme un corps qui n’accepte pas la lumière de la Nechamah (Bahaloteha 168.). Il découle de ces notions la relation évidente entre l’olive et l’huile, comme entre le corps et le Nefesh. En conséquence, toutes les mesures de la Torah font référence à ce que représente une olive. Car tous les commandements de la Torah s’accomplissent grâce au corps et au Nefesh. C’est-à-dire lorsque le Nefesh est revêtu dans le corps. Alors se réalise pleinement l’existence selon la Torah. Le dévoilement de la Torah et du Nefesh s’effectue précisément lorsque la lumière prend l’avantage sur l’obscurité (Kohelet 2,13), et comme ramené dans le Zohar (Tazria 47:).

Donc, lorsque nous consommons une quantité comparable à celle d’une olive, il devient nécessaire de réciter la dernière bénédiction. Parce que l’essentiel de l’alimentation est pour le Nefesh. Comme il est écrit «le Juste se nourrit pour assouvir son Nefesh» (Michlei 13,25). Pour que le Nefesh puisse encore plus illuminer quand s’inclut en lui les Nefashot contenues à l’intérieur de la nourriture. Lorsqu’on mange avec sainteté, pureté et l’on prononce avec intention les bénédictions. D’où la mesure de la quantité consommée en relation avec l’olive. Cela doit correspondre à l’alimentation. Pour élever et illuminer le Nefesh à l’intérieur du corps. Pour élever le Nefesh, la Torah et la mémoire depuis les entrailles de l’oubli et du corps. C’est la mise en garde de la Torah au sujet du souvenir, plus particulièrement au moment du repas. Comme il est écrit «de peur que tu manges et te sentes rassasié» (Devarim 8,12). Ton cœur s’élève et tu oublies, etc. 

Mais tu dois te souvenir de Hachem, Ton Éternel. Car c’est Lui qui te donne la force, etc. Car, au moment de la consommation, il s’impose à nous plus particulièrement de ne pas porter atteinte à cette mémoire. Parce qu’elle nous relie au Nefesh, au principe de la Torah. C’est-à-dire pour ne pas être soumis aux envies du corps. Pour que ne se renforce pas, du fait de la consommation, le corps correspondant à l’oubli. Au contraire, il importe de dominer et d’annuler le corps au moment du repas. Il faut parvenir à briser les instincts corporels qui poussent à la consommation. Il convient de manger seulement dans la sainteté et la sobriété. Comme le Juste qui se nourrit pour subvenir à son Nefesh. «Et tu te souviendras de Hachem, Ton Éternel» (Devarim 8,2).

Source: Elhanan Lepek