Parachat Vayetse
Bannière

Porté par son cœur

Paracha Terouma


L’essentiel de l’édification du Tabernacle vient pour réparer la faute du veau d’or, ce qui représente la faute de l’idolâtrie. D’autre part, le Tabernacle se rapporte au principe de la bienfaisance «de la part de quiconque qui sera porté par son cœur, vous recevrez mon offrande/Trumah» (Chemot 25,2). Car la charité vient réparer la faute des anciens qui ne se sont pas conduits correctement. Et elle élève la volonté dans la sainteté venant grâce aux anciens qui ont respecté les indications de la Torah. Moshe Rabenou a constaté l’ampleur de l’influence du Satan. Combien ce dernier possède une forte domination et influence sur l’homme dans ce monde! À tel point que même après les avoir fait sortir d’Égypte, avec des prodiges tellement imposants, avoir ouvert pour eux la mer, etc., et leur avoir transmis la Torah, au milieu de voix et de tonnerres, etc. Avec un tel impressionnant dévoilement de l’Éternel, etc. 

Malgré tout cela, ils se sont à ce point fourvoyés à cause de la populace, et ils se sont adonnés à cette transgression de l’idolâtrie du veau d’or. Il y avait là quelque chose de démoniaque. Aussi, pour parvenir à obtenir pour eux l’assentiment de Hachem, au bout des quarante derniers jours du mois de Eloul jusqu’au jour de Kipour,

il leur a été ordonné d’édifier le Tabernacle. Celui-ci doit être entièrement établi sur le principe de la générosité du cœur, de la bienfaisance. Il doit permettre le renforcement de la volonté dans la sainteté.

Dans le Tabernacle, comme plus tard dans le Sanctuaire, étaient offerts volontairement tous les sacrifices. Comme il est écrit «de manière à être agréé» (Vayikra 19,5). Car l’essentiel réside dans la volonté, en la renforçant avec vigueur. Jusqu’à ce qu’elle illumine, sans interruption, dans toutes les sortes d’obscurité s’appesantissant sur chaque personne, quelle qu’elle soit, en tout temps, de génération en génération. L’essentiel dépend de la vigueur de la volonté. Avec elle il devient possible de se libérer et de s’élever au-delà des contraintes. Car l’essentiel du principe de l’idolâtrie repose sur l’emprise de l’envie de posséder de l’argent. 

Et tous les engagements et les amertumes liées à assouvir ce désir d’argent sont utilisés par le Satan, et les autres tendances, pour faire chuter tout un chacun. Ils parviennent à faire perdre l’esprit et à nous éloigner de la confiance dans Sa Surveillance et la Volonté supérieure. Ils imposent de constants soucis concernant l’argent et le revenu, au moment où l’on semble constater une diminution de ses moyens financiers. De même pour celui qui possède d’importants biens, mais il désire encore plus. Tout cela découle d’une hérésie au sujet de la Volonté et de la Surveillance, en relation avec l’idolâtrie. D’où la dépendance ressentie liée à l’argent.

La réparation de ces conceptions se réalise au moyen des principes relatifs à l’édification du Tabernacle. Il s’agit de la notion de charité en faveur de personnes intègres véritablement démunies. En effet, nous l’apprenons des trente-neuf travaux nécessaires pour aboutir à l’édification du Tabernacle (Shabat 39:). Car toutes les occupations dans le négoce ou l’artisanat, tout se trouve inclus dans ces trente-neuf travaux. Aussi, tout un chacun doit multiplier la bienfaisance et avoir l’intention d’attirer sur lui-même la sainteté instituée à ce sujet par Moshe Rabenou. Il l’a réalisé de façon à réparer les générations de la faute du veau d’or, de tout ce qui se rapporte à l’idolâtrie, à l’envie d’argent. Parce que le Tabernacle inclut toutes les variations des couleurs supérieures. Elles sont revêtues dans l’argent, l’or, l’airain, l’azur, le pourpre, etc. Leurs racines se situent à un niveau très élevé. Mais, lorsqu’elles se retrouvent à un très bas niveau, là où se situent la plupart des gens, elles provoquent leur éloignement, tant ils sont préoccupés par leurs besoins d’argent et de biens.

D’où la nécessité de s’attacher aux vrais Justes de sa génération, correspondant à Moshe Rabenou. Et multiplier ses actes de générosité dans la sainteté pour la sanctification céleste, et pas dans l’idée de se glorifier. Grâce à cela, il peut mériter que s’éclaire pour lui, et en lui, la lumière de la Volonté, jusqu’à ce que, dans toutes sortes d’obscurité, s’illuminent pour lui les ouvertures d’où sortir de là-bas.

Parce que le Tabernacle était composé avec de telles saintetés que même après sa disparition il continue à offrir une protection pour Israël. Ce sont «voilà les ordres pour le Tabernacle» (Chemot 38,21). En référence au Tabernacle, aussi bien lors de sa construction que de sa démolition. C’est «qu'elles sont belles tes tentes, ô Jacob! Tes demeures, ô Israël!» (Bamidbar 24,5). Rachi nous explique là-bas «même après leur destruction, car elles vous servent de «gage» (Machkon – Michkan/Tabernacle)». Raison pour laquelle ils ont procédé eux-mêmes à de nombreuses reprises à l’édification et au démontage du Tabernacle. Et ils ont voyagé avec lui d’un endroit à l’autre dans le désert, dans l’obscurité et ils s’en sont remis dans la Main de Hachem. Dans des lieux où se trouvaient des serpents, des reptiles ou des crabes, etc. Ensuite, ils l’ont à nouveau construit, pour montrer aux générations, même lorsque le Tabernacle sera démonté, il étendra sur eux sa protection. D’où la nécessité de constamment attacher sa volonté vers la sainteté du Tabernacle ou du Sanctuaire. Tout cela est relatif à la relation avec le Juste occupé à la construction du Tabernacle dans toutes les générations. 

Grâce à cela, il sera possible de traverser tous les déserts, toutes les différentes obscurités ou ténèbres. Ces endroits de serpents, de crabes ou de reptiles. Car obligatoirement, celui qui veut se rapprocher vers la sainteté, il doit passer au travers de tous ces endroits. Et encore plus particulièrement celui qui a déjà échoué dans ses précédentes tentatives de rapprochement. Mais, grâce à la vigueur de la volonté pour atteindre la sainteté «nombreux sont les maux du Juste, mais de tous Hachem le sauve» (Ps. 34,20). Ainsi, grâce à l’attachement aux vrais Justes, on mérite de surmonter toutes ses épreuves.

Après avoir reçu toutes les instructions relatives à l’édification du Tabernacle, et tout ce qui s’y rapporte, il est mentionné les actions relatives à la Menorah/candélabre (Chemot 25,31 et suivants). Grâce à elle on s’élève au dehors de toutes sortes d’obscurités régnant dans le monde. «Car Tu éclaires ma flamme» (Ps. 18,29). La confection de la Menorah a représenté pour Moshe Rabenou de très grandes difficultés (Menahot 29.)! Même après son dévoilement par Hachem à plusieurs reprises, il a oublié et il a été obligé d’interroger à nouveau. Jusqu’à ce que le Saint, béni soit-Il, lui dise: «demande à Betsalel… il est capable de l’exécuter» (Chemot 36,2). Moshe Rabenou s’est étonné: à moi le Saint, béni soit-Il, m’a montré à plusieurs reprises, et il m’a été impossible de la réaliser. Et à Betsalel, qui n’a pas vu comment elle devait être lorsque Hachem me l’a montré, il l’a réalisé aussitôt. Et si c’est parce qu’il se tenait à l’ombre (selon la signification de son nom Betsalel), donc à bien plus forte raison Moshe Rabenou lui-même assurément se tenait là-bas! «Si Rabi n’a pas étudié cette notion! D’où les élèves de Rabi Hiya la connaissaient?» (Erouvin 32).

De cette déclaration de nos Maîtres du Talmud, nous sommes obligés de tenter d’expliquer leurs saintes et extrêmement profondes paroles. Il est évident, comme il vient d’être expliqué, les difficultés affrontées par Moshe Rabenou pour réaliser la Menorah. Il s’agissait de réaliser un saint et impressionnant ustensile à même d’éclairer la sainte Volonté dans tout Israël. Pour chacun en fonction de tout ce qui se passe avec lui, tous les jours de son existence. Pour que chacun puisse, malgré toutes les sortes de chutes, se renforcer dans la volonté. Et grâce à elle, parvenir à tout surmonter. Évidemment, il est très difficile de saisir comment il peut réaliser un tel extraordinaire ustensile. D’autant plus que Moshe Rabenou a déjà vu de ses propres yeux tout ce qui a été accompli dans ce monde. Après tous les prodiges et signes extraordinaires accomplis pour Israël lors de la Sortie d’Égypte, la Traversée de la mer de Jonc, le Don de la Torah, etc. 

Et après tout cela ils se sont conduits comme ils l’ont fait. Il a saisi combien il est difficile de venir en aide à celui qui possède le libre arbitre. Par conséquent, il n’est pas parvenu à appréhender et à concevoir la réalisation de la Menorah. Car elle doit éclairer la volonté avec de telles exceptionnelles réparations. Il atteindra cette compréhension seulement au moment de sa disparition là-bas! Ce qui correspond à la Volonté supérieure, le principe de la Volonté des Volontés. Ce qui fait pénétrer dans le cœur de chacun d’Israël la sainte vigueur de la volonté. Pour qu’elle éclaire pour eux, dans toutes les différentes sortes d’obscurité. D’où son extrême difficulté en relation avec tout cela.

Mais Betsalel, qui correspond à l’étudiant intègre, a compris et il a saisi la raison profonde pour laquelle il était tellement difficile pour Moshe Rabenou de réaliser la Menorah: son extrême modestie et humilité! Betsalel a compris pourquoi Moshe Rabenou ne pouvait pas concevoir comment lui pourrait faire la Menorah, permettant de telles réparations, qui peuvent illuminer éternellement la Volonté. Cela dépendait de lui, il devait à ce point s’inclure dans la Volonté supérieure, jusqu’à parvenir à faire pénétrer pour toujours la Volonté dans tout Israël. Mais, dans son extrême modestie, il ne pouvait pas admettre qu’il possédait une telle puissance. D’où sa grande difficulté pour tout ce sujet. Mais son élève, Betsalel arrivait à comprendre la grandeur de son Maître Moshe. Raison pour laquelle, quand il a réalisé cela, il a immédiatement pu faire la Menorah. Betsalel s’est dit: «j’ai de l’assurance dans la force de mon Maître Moshe. 

Avec certitude il accomplira et il terminera tout comme il convient. Comme j’ai confiance qu’il finira par faire pénétrer, grâce à sa force, l’éclairage de la Volonté dans ce monde. Jusqu’à les illuminer dans toutes les sortes d’obscurité. Parce que le vrai Juste ne peut pas envisager sa propre puissance, tellement il s’annule lui-même, et il est modeste. Alors, que moi Betsalel, de loin j’ai la possibilité, en tant qu’élève, de comprendre d’où vient sa grande perplexité pour la confection de la Menorah. En raison de son humilité.» Mais précisément grâce à cela il terminera la réparation de la Menorah, de l’éclairage de la Volonté. Et précisément ainsi Betsalel a pu réaliser la Menorah comme il convenait, tout par la force de son Maître Moshe Rabenou.

Source: Elhanan Lepek