Parachat Vayigach
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Le dévouement à autrui

Paracha Terouma


« … Et leurs visages tournés l’un vers l’autre… » (Chemot 25 : 20).

Ce verset nous enseigne que les chérubins de l’Arche sainte se faisaient face, un passage des Chroniques précise que les dits chérubins avaient leurs faces tournées soit vers le Tarbernacle, soit vers le Sanctuaire.

Nos Sages réconcilient cette contradiction en distinguant entre les moments où les enfants d’Israël respectaient la Torah ou s’en détournaient. 

Lorsque les chérubins se faisaient face, cela symbolisait que le Peuple respectait les vœux de son Créateur, mais lorsqu’il s’en détournait, alors les chérubins se tournaient vers le Sanctuaire (Baba Batra 99a). 

Les commentateurs expliquent que les chérubins de l’Arche Sainte étaient le reflet des relations entre les enfants d’Israël.

Quand la Guemara parle au sujet des gens qui se conforment aux commandements dictés par le Maître du Monde, elle fait allusion à la manière dont un juif se comporte vis à vis de son prochain.

Quand celui-ci s’intéresse au sort de son prochain et s’assure qu’il n’est pas dans le besoin, il remplit la Volonté de l’Eternel, mais lorsque chacun ne s’intéresse qu’à lui-même, et qu’il crée la division du fait de son égocentrisme, alors les chérubins se tournent vers le Tabernacle, symbolisant des gens animés par la seule satisfaction égoïste de leurs besoins personnels « pour le seul intérêt de leur propre maison (assimilée au Tabernacle) ».

Aider son prochain, dans ses besoins matériels, représente un acte d’une importance déterminante. 

On dit que lorsque le Rav de Satmar, le Rav Yossef Teinelbaum, rendit visite au Kabbaliste Rav Haïm Chaoul Deweik en 1932, il lui posa la question suivante : « Le jour de Kippour, lorsque le Cohen Gadol accomplissait son service dans le Saint des Saints, complètement détaché du monde matériel, pour quoi priait-il ? » «

Eh bien, tout simplement, pour les besoins quotidiens du Peuple (Midrash Rabba 21 : 12) il priait pour la pluie et pour que les arbres portent des fruits en leur temps » (Olamot Cheavrou) lui répondit-il.


Pour le Rabbi Haïm de Volozhin, il n’existe pas de différence entre les Mitsvot de l’homme vis à vis de son Créateur et les Mitsvot entre l’homme et son prochain. 

Il disait souvent que l’objectif dans ce monde était, en priorité, de favoriser son prochain et que chacun devait s’y employer avec tous ses moyens. 

Un disciple du Rabbi citait son Maître qui affirmait qu’aucun homme n’avait été créé uniquement pour lui-même… 

 Un riche est programmé pour faire la charité et même un pauvre peut faire bénéficier son prochain de sa bonté et de paroles réconfortantes; de même, le Sage a été créé pour enseigner aux autres et le noble pour guider un peuple et l’empêcher de se fourvoyer dans des voies malencontreuses (Avi Hayechivot).

Un cousin du Rav Salman Mutzafi raconte l’histoire suivante qui illustre l’exceptionnel sens de l’altruisme de ce dernier :"Lorsque j’immigrais en Israël en provenance de Bagdad, je me retrouvais sans amis et sans relations. Je me mis immédiatement à la recherche d’un appartement et d’une source de revenus puis, j’allais à Jérusalem pour prendre quelques contacts.

A Jérusalem, j’allais prier à la synagogue Ohel Rahel. Là, je rencontrais le Rav Salman Mutzapi qui affirma m’avoir connu à Bagdad. 

Il s’enquit de ma situation et je lui dis que j’avais un petit appartement à Tel-Aviv mais que j’étais venu à Jérusalem en quête d’un travail." 

A ces mots, le Rav Salman promit de s’occuper de moi. Comme je ne connaissais personne à Jérusalem, le Rav décida de m’installer dans un hôtel pour la durée de mes recherches. 

Lorsque nous arrivâmes à l’hôtel, il me dit « En ce qui concerne la nourriture, je ne vous conseille pas celle de l’hôtel dont la cacherout ne me paraît pas très fiable. De plus, comment allez-vous faire pour assumer les repas coûteux qui sont servis ici ? »

Le Rav se proposa de pourvoir à ma nourriture quotidienne. Chaque fois qu’il venait m’apporter un repas, il restait quelques instants avec moi et m’adressait des mots d’encouragement. Par ailleurs, il contactait plusieurs de ses relations pour me trouver un emploi. 

Après deux semaines, il réussit à me trouver un travail près de mon logement à Tel Aviv… Je remerciais vivement le Rav et m’en retournais, comblé, à Tel Aviv.

Quelques temps plus tard, j’appris que les repas que m’avait apportés quotidiennement le Rav Salman étaient ceux que son épouse lui avait préparés pour sa consommation personnelle. 

Le Rav préféra plutôt en faire profiter un immigrant dans le besoin…

Il jeûna ainsi pratiquement pendant deux semaines afin de pouvoir accomplir cette grande mitsva, se félicitant d’avoir pu trouver une opportunité d’aider son prochain (Olamo shel Tsadik).

Source: cyber-contact.com

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