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Enchanteurs de mauvais augure

Paracha Shoftim

Parce que tous ceux qui (Devarim 18,14) « ajoutent foi à des augures et à des enchanteurs » le font comme conséquence d’un manque de conseil. Ils ne savent pas donner, comme il convient, des conseils à leur esprit. Ils ne savent pas comment se conduire à propos de tel ou tel sujet, s’il est judicieux d’agir ainsi ou préférable de s’abstenir. Raison pour laquelle ils s’adressent à des devins pour obtenir d’eux un conseil. Ils leur semblent dépendre de cela. Ils se donnent toutes sortes de signes pour adopter leur conduite. En réalité, il s’agit de stupidités, d’inepties. À l’évidence, il est absolument impossible d’obtenir quelques conseils judicieux par ces moyens.

En vérité, l’essentiel du manque de conseil découle de la réalité de ce monde ! Du principe de « après la Création ». Car de la notion de « avant la Création » tout est entièrement Un, entièrement bon. Là-bas, il ne peut pas du tout être question de conseil. Donc, l’essentiel du conseil découle de la possibilité d’envisager deux possibilités différentes, la

confrontation avec une alternative. Lorsqu’on ne sait pas quel chemin il est préférable d’emprunter, ou quelle conduite adopter. Alors, un conseil peut devenir nécessaire, pour savoir comment agir. Mais là où se situe cette notion de tout est Un, tout est bon, aucun besoin ne s’avère nécessaire. Il s’ensuit que l’essentiel de la nécessité d’obtenir un conseil découle de ce qui vient « après la Création ». Raison pour laquelle, dans notre littérature, les conseils sont appelés « les pieds ». Comme il est écrit (Chemot 11,8) « et tout le peuple à tes pieds ». Rachi nous explique « ceux qui vont après tes conseils et te suivent ». Car l’essentiel des conseils intervient après la Création, selon cette notion des pieds (Yeshayahou 66,1) « la terre est mon marchepied ». C’est le principe (Berahot 61) « les reins conseillent ». Les deux reins correspondent aux deux cuisses. Ce sont les attributs (Zohar Haazinou 296.) Netsah et Hod / victoire et splendeur.

Ainsi, l’essentiel du manque de conseil découle de l’absence de la connaissance de la finalité de chaque chose. Il est évident, si l’on savait quelle est la finalité de chaque chose, il ne serait pas du tout nécessaire d’avoir quelque doute que ce soit quant au conseil à suivre. Par exemple, si un individu hésite à entreprendre tel négoce ou un autre. L’essentiel de son intention en entreprenant son commerce a seulement pour finalité son envie de gagner de l’argent, pour se procurer un revenu. Il s’ensuit que la base de son doute, pour lequel il recherche un conseil, découle du fait qu’il n’a pas conscience du meilleur moyen à envisager pour atteindre le but qu’il s’est fixé. 

Mais nous savons que dans l’essence même du négoce il ne réside aucun doute ou différence dans le conseil. Parce que le négoce en lui-même ne s’avère pas une nécessité absolue. Par conséquent, tout le doute et l’hésitation sur l’objet du conseil dépend uniquement de comment gagner de l’argent ! Ce qui constitue pour lui son objectif. Donc, il hésite toujours à propos de quel conseil suivre, et il ne parvient pas à orienter son esprit. Par contre, celui qui observe attentivement vers l’ultime finalité dans toutes les choses, ce qui revient à seulement atteindre son objectif final, assurément il mérite de découvrir un conseil pertinent et entier. De plus, il n’aura également pas tellement besoin d’un conseil. Parce que la finalité dernière s’avère être entièrement unique, absolument bonne ! Là-bas, absolument aucun doute ou conseil ne s’avèrent nécessaires.

En vérité, tout dépend de l’intention (Sanhedrine 106:) qui doit être d’agir pour Hachem ! Comme l’ont dit nos Sages ZL (Menahot 110.) « avec la seule intention d’orienter son cœur vers les cieux ». Aussi, celui qui veut préserver son Nefesh / âme et il se donne la peine d’observer en toute chose quelle est la finalité ultime, son unique intention, dans tout ce qu’il entreprend, il voudra par ce moyen seulement atteindre cet objectif. Et cela correspond aux « satisfactions » du monde à venir. Pour saisir et avoir une connaissance concernant le Créateur. Bien qu’également dans le service divin se trouvent de très nombreuses différentes voies disposées devant l’homme. Par quel cheminement il méritera de pleinement et véritablement servir Hachem ! Comme l’a demandé le roi David, qu’il soit en paix, à de très nombreuses reprises. Comme il est écrit (Ps. 86,11) « enseigne-moi, Hachem, tes Voies, je veux marcher selon ta Vérité ». 

Ou (là-bas 73,24) « Tu me guideras par ton Conseil », (là-bas 25,5) « conduis-moi selon ta Vérité et instruis-moi ». Donc l’essentiel de notre véritable intention, dans toutes les occasions, doit seulement être pour les cieux, en vue de la véritable finalité. Alors, dans toutes nos entreprises et dans toutes nos conduites, assurément nous mériterons d’atteindre l’objectif fixé. La démarche ne déviera jamais des paroles de la Torah. Cela correspond (Michlei 3,6) « dans toutes tes voies reconnais-Le ». C’est adapter ses chemins à la Volonté de Hachem. Tous ceux qui vont le conduire à atteindre sa finalité. Alors, (là-bas) « et Il aplanira tes sentiers ». Assurément Hachem le conduira sur le droit chemin, et il sera influencé par des conseils judicieux et appropriés, comment se conduire selon des voies droites.

En vérité, il est impossible d’obtenir aucun conseil ! Si ce n’est pas en fonction de l’ultime finalité. Ce qui est relatif à vouloir saisir ce que Hachem attend de nous. Parce qu’Il se trouve à l’origine et Il est à la racine de tous les conseils véritables dans le monde. Là où il n’existe qu’un unique conseil, cette notion de tout est Un. Et tous les vrais et judicieux conseils proviennent de là-bas. Aussi, celui qui veut recevoir un conseil intègre, il lui sera impossible de le recevoir, mais seulement s’il s’attache là-bas, s’il attache après la Création vers avant la Création. C’est-à-dire, relier toutes les choses vers Hachem, et avoir l’intention dans tout ce qu’il entreprend, que ce soit pour la dernière finalité, pour Hachem. Ainsi, que toutes ses actions soient pour le Nom des cieux. Alors certainement, il méritera un conseil digne de confiance. Ce qui revient à recevoir de justes conseils correspondant à avant la Création. 

Alors il attirera depuis là-bas un conseil approprié également pour ce monde-ci. Et cela bien que ce monde corresponde à après la Création, là où règne l’essentiel du doute relatif à tous les conseils. Il aura mérité d’attacher avant la Création, le principe du monde à venir, vers la finalité. Car, là-bas le conseil est entier, il est unique, selon le principe de entièrement Un. Parce qu’il s’agit de la source de tous les conseils. Il s’ensuit que l’essentiel des conseils nous est nécessaire précisément dans ce monde-ci. Et il est possible de les recevoir seulement en attachant ce monde-ci vers le monde à venir ! C’est-à-dire vers la finalité.

Mais, celui qui ne relie pas et n’attache pas ce monde-ci vers le monde à venir, et il ne veut pas prêter attention à l’ultime finalité, il n’a pas l’intention dans tout ce qu’il entreprend que ce soit pour atteindre la dernière finalité, alors il ne pourra pas mériter un conseil entier. Parce que lorsqu’on éloigne ce monde de sa finalité, alors les conseils se trouvent toujours divisés en deux. On ne parvient pas à se donner quelque conseil judicieux qui soit à son Nefesh. Car ce monde est celui de la séparation, et aucun conseil ne peut être entier. Par conséquent, en vérité à l’évidence on ne parvient à saisir aucun conseil. Il devient absolument impossible d’obtenir un bon et entier conseil. Du fait que son intention n’est pas orientée vers son ultime finalité, pour le Nom des cieux. Cela correspond (Michlei 21,30) « il n’y a ni sagesse, ni prudence, ni résolution qui vaillent face à Hachem ». Dans n’importe quelle conduite adoptée, le malheur tombe sur lui, et malheur à son Nefesh. Par exemple, lorsqu’un individu hésite entre tel ou tel commerce entreprendre. Parce qu’il ne sait pas au moyen duquel il tirera le meilleur bénéfice. Si son intention n’est pas pour les cieux, qu’importe ce qu’il entreprendra. Il en retirera toujours un mauvais sentiment. Même s’il gagne bien, pour finir avec cet argent il ressentira de la colère et (Avot 2,7) la multiplication des soucis. De toute façon, dans la tombe il se retrouvera nu. Quel avantage (Kohelet 5,15) « à quoi lui sert-il d’avoir travaillé pour le vent ? » 

Car aucune somme d’argent ou d’or n’accompagne l’homme là-bas, seulement la Torah et les bonnes actions ! Il s’ensuit que celui dont les intentions ne sont pas fondées sur la finalité, alors il s’illusionne que de bons chemins puissent se trouver devant lui. Comme l’ont dit nos Sages ZL (Kritout Rachi 28.) « celui qui multiplie ou celui qui restreint, l’essentiel qu’il oriente son cœur vers les cieux ». Également ainsi il mérite que soient attirés vers lui de bons conseils depuis la source du conseil, depuis avant la Création. Depuis le principe de la finalité qui se trouve être la racine de tous les conseils. Car l’essentiel du conseil se caractérise par sa finalité. Par conséquent, l’ultime finalité constitue la source et la racine des véritables conseils.

Chabat Chalom
Kupath Rabbi Meir Baal Haness