Parachat Vayetse
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Attaché à la sainteté

Paracha Re'eh

Comme nous sommes un peuple attaché à la sainteté, il s’impose à nous de toujours briser toutes les différentes formes de tendances se rapportant à la mort. Ce sont toutes les mauvaises incitations, tous les côtés de l’impureté. Raison pour laquelle nous devons être particulièrement attentifs à bien protéger la mémoire. C’est-à-dire attacher nos pensées vers le monde à venir. Parce que ce monde-là est celui de la vie (Zoha Chemini 41). Il est le contraire de l’oubli, qui est la tendance mortelle. Il correspond (Ps. 31,13) « mon souvenir disparaît des cœurs comme celui d’un mort ». Aussi, l’essentiel de la mémoire découle de l’oubli !

 C’est-à-dire parvenir à ce que le cœur oublie toutes les préoccupations de ce monde-ci, tout ce qui se situe au-delà du monde à venir. Ce sont tous les mauvais instincts, les aspects négatifs. Il faut s’efforcer de les effacer de son cœur, ne pas du tout se souvenir d’eux. Selon l’expression (Ps. 45,11) « et oublie ton peuple et ta maison paternelle ». Il devient ainsi possible

d’atteindre la plénitude de la mémoire, pour réussir à attacher ses pensées vers le monde à venir. Parce que tant que l’on se souvient de ce monde-ci, et on ne l’oublie pas, de toute évidence l’on se trouve éloigné de ce principe de la mémoire. Du fait qu’il lui est impossible d’attacher sa mémoire vers le monde à venir. Car le monde futur et le monde présent représentent deux notions distinctes, l’un étant l’opposé de l’autre.

Il s’ensuit cette règle, nous devons nous éloigner de cette autre tendance, celle qui tend vers la mort. Pour qu’elle ne parvienne pas à s’alimenter à la sainteté. Raison pour laquelle il faut s’efforcer de s’éloigner, autant que possible, des occupations et des préoccupations de ce monde. Il se situe en dehors de la sainteté, il est éloigné du monde à venir. Tout ce qui se rapporte à ce principe d’oubli. Il importe de l’effacer de son cœur, ne pas du tout se souvenir de ces préoccupations. Car tant que l’on s’en souvient, elles portent atteinte à la mémoire dans la sainteté. C’est-à-dire l’attachement dans le monde à venir. Pour qu’il ne soit pas donné de la force et de la vie à l’autre tendance. 

C’est-à-dire que l’on attire la mémoire, d’où vient la vie, vers son contraire, vers l’oubli de la tendance mortelle. Ainsi, il convient d’oublier l’oubli, c’est-à-dire toutes les occupations de ce monde-ci qui se situent en dehors de la sainteté, tout ce qui est relatif à cette tendance vers la mort, ce principe de l’oubli. Il faut les oublier pour pouvoir les ramener à leur juste place. De là où elles viennent, pour qu’elles restent là-bas. Parce qu’elles sont toutes relatives à l’oubli. Raison pour laquelle il importe de les ramener là-bas. Cela signifie les oublier et ne pas se souvenir d’elles. Alors, la mémoire véritable, c’est-à-dire le souvenir dans la sainteté, se répare.

Raison pour laquelle il nous est commandé de ne pas trop nous endeuiller pour un mort (Yore Deah 394). De sorte à ne pas attirer la tendance de la mort au-delà de l’indispensable. Nous devons seulement l’oublier et la sortir de nos pensées. Pour rendre cette notion d’oubli effective. Il faut donc se conduire exactement selon le contraire, c’est-à-dire attacher sa pensée vers le monde à venir. Et cela correspond vraiment au souvenir, là où se situe la vie. Car lorsqu’on attache ses pensées là-bas, automatiquement on n’a plus de fausse peine pour le mort. Parce que là-bas, il n’y a plus de douleur. Au contraire, maintenant il a quitté la vie de l’instant, et il mérite une vie éternelle, tout ce qui se rapporte au monde futur.

Mais, les nations sont éloignées de la sainteté, de ce principe du monde futur. Parce qu’elles sont attirées vers les autres tendances, vers ce principe des incitations mortelles. Raison pour laquelle elles se renforcent et sont attirées tellement par tous les instincts propres à ce monde. Elles en viennent à se faire des tonsures et des incisions pour leurs morts, pour ne pas les oublier et se souvenir d’eux. De la sorte, elles attirent et renforcent la tendance de la mort. Et elles veulent attirer ce principe de la mémoire vers celui de l’oubli. C’est pourquoi nous sommes mis en garde et il nous est commandé de bien protéger notre sainte mémoire. Cela consiste à attacher nos pensées vers le monde à venir, ce qu’est la source de la vie. D’où l’essentiel de cet interdit de pratiquer des incisions ou des tonsures pour un mort, de même pour toutes les formes d’impression de tatouage. Comme eux étaient habitués à le faire pour leurs morts, des signes sur leur tête, pour porter atteinte à la mémoire située dans la tête. Parce qu’il s’agit de l’emplacement de notre esprit. Mais eux, ils recherchent le contraire. Ils désirent amplifier l’influence de la tendance de la mort. Ainsi, cette habitude de s’arracher les cheveux de sa tête. 

Parce que les cheveux représentent le superflu venant de l’esprit. Ils sont relatifs au principe de la royauté ! Là se situe l’essentiel du renforcement de l’autre tendance, de la tendance de la mort. Selon le verset (Michlei 5,5) « ses pieds descendent à la mort », ce qui correspond également à pratiquer tonsures ou tatouage. C’est-à-dire à graver dans sa chair ce souvenir. Parce que la chair du corps est relative à un principe de royauté. Et jusque là-bas parvient la faute de ce renforcement de la tendance de la mort. Aussi, le fait de pratiquer des tonsures ou des tatouages représente une atteinte contre la mémoire. Il nous est commandé (Chemot 17,14) « consigne ceci, comme souvenir, dans le Livre ».

Nos Sages ZL nous ont enseigné une équivalence entre les Tefilin et cette action de « tonsure ». Ce qu’ils ont fait à l’emplacement de la tonsure, de là nos Sages ZL ont appris qu’il s’agit de l’endroit où mettre les Tefilin. Parce que les Tefilin représentent effectivement le contraire de leur pratique. Ils sont la mémoire par excellence. Comme il est écrit (là-bas 13,9) « comme mémorial entre tes yeux ». Nos Sages ZL nous enseignent qu’ils symbolisent la vie. Celui qui met les Tefilin mérite la vie. Parce que la vie, c’est là où il y a de la mémoire. Raison pour laquelle là où se trouve leur place, il nous est absolument interdit de pratiquer une tonsure. Afin de préserver la mémoire, pour qu’il n’y ait pas de renforcement de l’oubli, tout ce qui se rapporte à l’autre tendance. De sorte que la mémoire ne soit pas attirée vers l’endroit de l’oubli. Et précisément à cet endroit il nous est commandé de placer les Tefilin. Ce qui revient également à protéger la mémoire. Raison pour laquelle il est fait mention à propos de l’interdit de tonsures et le commandement des Tefilin (Devarim 14,1) « entre vos yeux ». Bien que l’essentiel du commandement et de l’interdit soit relatif à l’emplacement des cheveux. Parce que la protection de la mémoire dépend des yeux.

C’est ce qui est écrit (là-bas 14,1) « vous êtes les enfants de Hachem votre Éternel ». Il s’agit du principe du monde à venir, là où il convient d’attacher sa pensée. Aussi (là-bas) « ne vous tailladez point le corps, ne vous rasez pas entre les yeux, en l’honneur d'un mort », parce que cela entraîne une atteinte contre la mémoire. D’où la nécessité d’attacher ses pensées vers le monde à venir. Là-bas, celles-ci sont des paroles de l’Éternel vivant.

Parce que la plénitude de la connaissance réside dans la plénitude de la mémoire. Car la mémoire correspond au savoir, et l’oubli correspond à l’idiotie. Aussi la mémoire, qui est la plénitude du savoir, correspond à un principe situé au-delà du temps. Comme nous pouvons le constater avec nos sens. En effet, l’essentiel de l’oubli est consécutif à la multiplication et l’intensification relatives au temps. Car l’essentiel de l’oubli est consécutif à la multiplication des jours et du temps. Comme il est écrit (Kohelet 2,16) « car viennent les temps futurs, tout tombera dans l’oubli ! ». Mais celui qui mérite un savoir entier, grâce à cela s’annule le temps. Il mérite de se souvenir, sans rien oublier. Car il est évident, lorsqu’il n’y a plus de temps, il n’y a plus d’oubli. Du fait que l’essentiel de l’oubli découle de la multiplication du temps. Mais, au sujet de l’annulation du temps, il se trouve de nombreux différents niveaux. Et d’autant plus on s’élève, de niveau en niveau, ainsi là-bas s’annule encore d’autant plus cette notion du temps.

Il s’ensuit que la réparation de la mémoire est envisageable au moyen de l’annulation du temps. Cela peut se mériter grâce à la plénitude du savoir. Aussi, tout le travail de l’homme réside à attacher et à élever le temps vers cette notion d’au-dessus, au-delà du temps. Cela est possible en supprimant la soumission aux instincts, là où se situent toutes les vanités et tous les désirs, pour ne pas tomber dans le principe du temps.

Source: Elhanan Lepek