Parachat Noah'
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Faire ce que l'on peut est ce qu'il y a de mieux à faire

Paracha Peqoudei

On peut constater que quatre lectures hebdomadaires traitent, sous tous ses angles, de la construction du Tabernacle avec tous les objets qui s'y rapportent, autant matériel qu'aux humains.

Dans cette péricope, il est principalement question de l'édification du Tabernacle par Moché Rabbénou et de tout ce qui l'accompagne pour cette œuvre gigantesque.

Le midrach rapporte que D ieu avait préalablement montré à Moché Rabbénou le Tabernacle Divin tout en haut dans les cieux et HaChem lui demandait de reproduire exactement le même sur terre.

Cette demande rendit -si l'on peut dire- Moché perplexe, disant à HaChem : « comment lui pouvait-il être possible d'imiter une œuvre divine ? »

HaChem lui répondit : « Fais de ton mieux et je parferai ton ouvrage ». C'est ainsi qu'après cette construction, HaChem s'installa dans cette résidence pour y demeurer.

A notre échelle, aujourd'hui, maintenant privés du Temple, nous n'avons que mitsvoth et lieux saints. Concernant les mitsvoth, pour une bonne part d'entre elles, on dit le plus souvent : « qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a prescrit.... ».

C'est ainsi que nous remercions D ieu de nous avoir sanctifiés pour telle ou telle mitsvah. L'expression « par ses mitsvoth » permet une réflexion. En première lecture, qui s'avérera exacte, l'adjectif possessif « Ses » se rapporte à D ieu », ce qui permet d'admettre, aussi étonnant que cela puisse paraître, qu'HaChem aussi a des mitsvoth à accomplir.

Aussi, comment pouvons-nous nous référer à HaChem pour les mitsvoth que nous devons accomplir ? Serions-nous égaux à HaChem en accomplissant ces mitsvoth ?

En vérité, nous ne nous comparons bien évidemment pas à HaChem. Nous lui demandons seulement de parfaire ce que nous n'avons pas été capables, humainement parlant, de mettre en pratique à cause de nos faiblesses.

Dans le Psaume 57-3, le roi David avait adressé à D ieu une prière lorsqu'il se fut réfugié dans sa caverne à cause de Saül. Aussi, le roi David s'écria en ces termes : « Je crie vers Toi, ô HaChem, vers le Tout-Puissant qui prendra ma cause en mains ». A priori, cette exclamation semble n'avoir aucun lien avec notre propos.

En réfléchissant bien, le rapport est tout établi car, de la même façon que le roi David s'adresse à HaChem dans cette situation périlleuse, de la même façon nous en faisons autant devant les mitsvoth que nous ne parvenons pas toujours à accomplir correctement malgré tous nos efforts.

Aussi, à chaque pas de notre existence, c'est toujours à HaChem qu'il faut s'en remettre, qui que nous soyons et quoique nous ayons pu faire d'inapproprié selon les Volontés Divines. Moché Rabbénou, nous dit le midrach rabba, a dès le départ exprimé à HaChem sa réticence de pouvoir réaliser le projet divin dans cette construction du Michkan devant être en tous points identiques à Celui qu'HaChem lui montrait.

Quand nous donnons le meilleur de nous-mêmes, nous dit le Rav Pinkos, quand on étudie la Torah à la hauteur de nos moyens, HaChem poursuit notre travail pour l'achever et le mener vers la perfection. Il nous octroie d'ailleurs un surplus de sainteté en guise de récompense, mais c'est HaChem qui poursuit « dans notre élan » pour faire pleinement aboutir notre projet malgré nos faibles moyens.

Les mitsvoth ne prennent leur véritable dimension que si nous prenons conscience qu'HaChem tient à ce que nous les accomplissions, pour apporter ensuite le complément de ce que nous avons été dans l'incapacité de faire. Bien accomplir les mitsvoth ne relève certes pas de la facilité, mais c'est D ieu qui nous enjoint de les accomplir.

Se soumettre à D ieu, comme Moché et les béné Israël l'avaient fait lors de la construction du Michkan, est du devoir de chacun. Moché avait exprimé à HaChem sa perplexité de pouvoir égaler l'oeuvre divine, mais il n'a pas refusé d'exécuter les ordres de D ieu.

C'est dans cet état d'esprit que nous devons nous acheminer vers les prescriptions divines de toute nature. Que ce que nous faisons soit incomplet, peut-être, mais notre volonté honnête et sincère sera détectée par HaChem qui acceptera de nous les considérer comme si nous les avions faites totalement.

Malgré tout ce que nous faisons, nos imperfections persistent et font écran avec la volonté d'HaChem et, de ce fait, tout ce que nous pouvons faire ne peut jamais atteindre le but visé. C'est dans cet esprit que l'adjectif possessif « ses » prend toute sa raison d'être et toute sa signification.

En effet, quand nous mettons tout en œuvre pour bien faire et que nous n'y parvenons pas malgré tous nos efforts, HaChem prend le relais et fait en sorte que nos actes aboutissent même s'ils sont imparfaits. HaChem fait, si l'on peut dire, Sa Mitsvah de parfaire ce que nous avons mal entrepris par faiblesse.

Pour être totalement parfaite, il aurait fallu qu'HaChem Lui-même les accomplisse, mais Il tient tout particulièrement à ce que nous prenions, nous, l'initiative pour que Lui, ensuite, parachève notre œuvre. D'une certaine façon, HaChem fait ce qu'Il nous a toujours demandé de faire depuis la création du monde, à savoir, parachever Son Oeuvre.

Cette fois, c'est Lui qui parachève la nôtre, un peu comme si Il se mettait sur un même pied d'égalité que nous. De notre côté, après avoir tout fait pour le mieux, nous nous adressons, si l'on peut dire, à D ieu, pour Lui dire : « Maître du monde, nous avons agi conformément aux ordres que Tu nous a enjoints. Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir et nous ne pouvons pas faire plus.

Maintenant, nous Te demandons de nous sanctifier par « Tes » propres Commandements pour poursuivre ce que nous n'avons pas pu faire tout seuls. Que nos mitsvoth prennent toute leur dimension car nous n'avons pas été capables de les mener à bien. Ce qui manque, seul Toi, HaChem peut le réaliser. Nous ne pouvons pas faire mieux. »

Alors, HaChem entend notre demande, mais sonde préalablement nos actes. Et si nous avons dit vrai, Il mènera à bout notre travail imparfait avec toute la Sainteté dont Il nous a gratifiés. Ces mitsvoth auront maintenant atteint les hautes sphères célestes.

A l'instar de Moché, mais à une autre échelle, nous ne devons pas baisser les bras dans ce qu'il nous appartient de faire. On ne peut pas s'avouer d'emblée dans l'incapacité de suivre ces injonctions, estimant que l'on ne pourra jamais bien faire ce qui nous est demandé. Même si nous savons peu, très peu, on n'est pas exempt d'agir.

On fait ce que nous pouvons mais avec la ferme intention de monter, graduellement, les différentes marches qui nous séparent de ce que nous aurions du pouvoir faire. On ne peut pas stagner. Moché, conformément aux ordres divins, avait érigé ce Tabernacle et c'est HaChem qui l'avait rendu parfait.

Maintenant, HaChem pouvait accepter d'y résider. Aujourd'hui, pour en arriver au second point, nous avons des synagogues que nous avons du construire de toutes nos forces et de tous nos moyens. Il ne reste plus à HaChem que de bien vouloir s'y installer.

Pour cela, il nous appartient de faire en sorte que ces lieux saints restent sacrés par nos comportements pour ressembler aux synagogues dans le Très-Haut que nous devons, nous aussi, imiter. Même si à notre échelle nous ne pouvons égaler l'oeuvre de Moché, il n'en demeure pas moins que nous devons prier sereinement, sans choisir ces moments de culte pour échanger sur divers sujets non appropriés au lieu.

Rire, courir, parler, mal se tenir empêchent à la Royauté divine l'occasion de résider parmi nous dans ces lieux que nous sommes tenus de garder sacrés. Par ailleurs, puisqu'HaChem y habite, comment se peut-il que parfois certaines synagogues se vident pour des raisons bien évidemment non recevables ?

On peut toujours changer, même si nous nous croyons très loin de ce qu'HaChem peut nous demander. Même si nous nous savons souillés, ignorants, ou inappropriés, sachons que ces défauts n'invalident pas les lieux saints.

C'est peut-être le moment de nous tremper dans ce milieu sacré et c'est Lui qui brûlera nos fautes pour nous donner l'opportunité de, peut-être, essayer de modifier nos cheminements. Accomplissons les mitsvoth du mieux que nous pouvons et, même si ce n'est pas suffisant, HaChem achèvera ce que nous n'aurons pas pu faire.

Au fond : « faire ce que l'on peut est ce qu'il y a de mieux à faire ». Cette semaine, nous sortirons un second Sépher Torah à l'occasion de Parachat Chekalim. De quoi s'agit-il ? Le Chabbath qui précède la néoménie de Adar, si ce mois est unique, on sortira deux rouleaux de la Torah.

Dans le premier on lira la péricope hebdomadaire, comme on le fait régulièrement, et dans le second on lira quelques phrases au tout début de la Paracha de Ki Tissa. Quand le mois de Adar sera double, ce sera au second Adar que l'on appliquera ce même principe.

Dans ce cas, en Adar 1, le chabbath qui précède la néoménie sera semblable à tous les autres de l'année. Pourquoi ce supplément ? C'est qu'au temps du Beth HaMickdach, les tribunaux d'Israël dans chaque ville proclamaient le Roch H'odech Adar pour rappeler aux juifs la Terouma qui consistait pour chacun à apporter un demi-chékel pour pouvoir, un mois plus tard, en Nissan, offrir les sacrifices perpétuels du matin et du soir, grâce à cet argent que la Torah nous ordonne de donner.

Petit détail : si la néoménie de Adar se célèbre un chabbath, en ce même chabbath on lira ce supplément. Ainsi que le texte se rapportant à Roch H'odech et, bien évidemment, la lecture hebdomadaire.

Ordre de lecture :

  1. Lecture hebdomadaire
  2. Passage relatif à Roch H'odech
  3. Supplément concernant le demi-chékel – Térouma.


RAV EMMANUEL BITAN

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