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Un homme de simplicité

Paracha Mishpatim


La citation «Yaakov est un homme de simplicité» (Berechit 25,27) se réfère à la vérité. Comme il est écrit «Tu témoignes de la vérité de Yaakov» (Miha 7,20). Grâce à cette qualité, il parvint à se maintenir face à l’imposante obscurité émanant de Esaw, «un habile chasseur» (Ber. 25,27). La notion de «il savait mettre du gibier dans la bouche de son père» (Ber. 25,28). Cela constitue l’essentiel de l’obscurité de «l’autre tendance». De même face à Laban au sujet duquel il est écrit «tu as changé mon salaire des dizaines de fois» (Ber. 31,41). Parce que se renforcent leurs mensonges et leurs ruses, sous toutes sortes de formes différentes. Car l’essentiel de l’obscurité se rapporte au mensonge qui obscurcit les yeux. Il ressort de cela que l’essence du «mauvais penchant» réside dans le mensonge, il est le mal, l’impureté. Raison pour laquelle l’essentiel du conseil repose sur la vérité. C’est s’exprimer avec des paroles de vérité, quoi qu’il puisse arriver. Et cette

vérité l’éclaire et lui montre des ouvertures. Jusqu’à ce qu’il parvienne à prier. Et grâce à cela lui arrivent son revenu et son conjoint, pour lui comme pour sa descendance dépendant de lui. Tout cela se rapporte à Yaakov. Il était engagé dans de grands combats avec Esaw et Laban. Il a dû lutter contre leurs turpitudes jusqu’à réussir à prendre de Esaw le droit d’aînesse et la bénédiction.

Ce qui constitue l’abondance dans le revenu. Et de Laban, il a retiré ses conjoints, de grandes richesses et les douze Tribus. Tout, grâce à la vérité, ainsi ils n’ont pas pu imposer sur lui l’obscurité. Mais, avec la vérité il a retiré tout le bien qui était enfoui jusqu’alors chez eux. Et d’autant plus se répandait sur lui leur obscurité, ainsi il réussissait à leur retirer d’autant plus de biens. Il est parvenu à se renforcer contre cette obscurité et à faire s’imposer la lumière de la vérité. Cela correspond au paiement du double que doit verser le voleur lorsqu’il est attrapé. Mais, si le voleur se renforce, que nous en soyons préservés, et «si quelqu'un dérobe un bœuf ou une brebis, puis égorge ou vend l'animal» (Chemot 22,1), il doit payer et ramener beaucoup plus. Le quadruple ou le quintuple. Parce que d’autant plus se renforce l’obscurité, ainsi d’autant plus on doit retirer plus de lui au moyen de la vérité. À tel point que Yaakov est parvenu à extraire d’eux les douze saintes Tribus. Elles représentent les douze différentes sortes de formulations de la prière. Elles sont relatives aux douze signes du zodiaque, aux douze mois, aux douze frontières du pays d’Israël. Ce sont les douze heures du jour et les douze heures de la nuit.

Elles reposent toutes sur ce principe de vérité. Il est l’essence même de l’existence de ce monde. Comme il est écrit «au commencement, l’Éternel créa, etc.» (Ber. 1,1). Les dernières de ces mots, dans le texte original, forment le mot «vérité». Il s’agit de Sa sainte Signature, qui est la Vérité. Elle doit éclairer durant chaque mois, chaque jour, chaque heure de cette répartition de douze. Bien que la vérité soit unique, mais du côté du récepteur, il se forme de nombreux changements relatifs à ce concept de vérité. Et la vérité pour telle personne ne ressemble pas à celle de son prochain. Il en va de même pour les heures qui ne se ressemblent pas les unes des autres. Raison pour laquelle l’homme doit se renforcer grâce à la vérité de la Torah. Ainsi, pour les différences entre chaque personne, et pour chacune d’elle entre un jour et un autre, entre une heure et la suivante. À un moment on prie, et à un autre on étudie, on s’adonne à son négoce, ou bien l'on mange ou discutons avec des gens, etc., toutes les innombrables différences. Aussi, lors de chaque heure, dans toutes ses occupations, ou tout ce qui peut se passer avec lui, l’essentiel réside dans la véritable vérité. Celle qui est relative à ce moment présent, en fonction de la personne.

Il n’est pas donné de s’appesantir sur chaque détail. Mais, celui qui recherche vraiment la vérité comprendra de lui-même. Il en ressort cette règle, il n’existe absolument aucun instant durant lequel on ne peut pas l’éclairer pour soi-même grâce à la vérité. Même s’il règne autour de soi de l’obscurité. Car la vérité de Hachem existe de façon constante. D’où la demande du roi David «conduis-moi selon Ta Vérité, instruis-moi, car Tu es l’Éternel qui me sauve. En Toi j’espère tout le jour» (Ps. 25,5). Il insiste ici sur «tout le jour. Car toutes les heures du jour se divisent à l’infini. Et moi j’espère que Tu vas me conduire selon Ta Vérité et que Tu me l’enseignes. Car il est évident qu’à tout instant s’éclaire pour chacun la vérité permettant de sortir de l’obscurité, vers une grande lumière.

Le voleur surgit subrepticement, caché, avec de grandes ruses. Il prend sa source dans le maître de «l’autre tendance». Le plus dangereux est le voleur agressant sa victime. Il la dérobe en la trompant. Comme il est écrit «il dresse de secrètes embûches; il les dresse pour s’emparer du pauvre» (Ps. 19,9). La racine de «l’autre tendance» se situe dans le début de la contraction de l’espace néant provoqué par Hachem, si l’on peut s’exprimer ainsi. Il s’agit de la dissimulation de la lumière de Sa Compréhension. Tout cela pour permettre l’exercice du libre arbitre. Ce voilement rend possible le vol. Bien qu’en vérité il est évident que là-bas aussi se trouve Sa Présence. Seulement, Il se voile Lui-même, si l’on peut s’exprimer ainsi, pour éprouver et donner toutes les possibilités au libre arbitre. Cela correspond à «Moi, Je Me déroberai et Me cacherai» (Dev. 31,18). Mais, il importe de toujours garder à l’esprit, même dans l’espace néant lui-même, également dans l’obscurité, rien ne peut subsister sans Sa Présence. Il est écrit «si je suis confinée dans les ténèbres, Hachem est une lumière pour moi» (Michee 7,8).

Nos Sages ont dit au sujet du voleur, il fait comme si ici-bas Il ne voyait pas! Raison pour laquelle le voleur est pire que le brigand. À première vue, cela n’est pas compréhensible. Car à l’évidence, également le brigand n’a aucune croyance dans Sa Surveillance. S’il croyait que Hachem exerce aussi sur lui une surveillance, évidemment il n’agresserait pas son prochain, du fait de sa crainte dans Hachem. Mais, l’essentiel de la différence repose sur le fait que le voleur vient avec ruse et dissimulation. Au point d’en arriver à se tromper lui-même. Selon l’idée que lorsqu’on répète un mensonge à quelques reprises, il devient, pour celui qui l’exprime, une vérité. Et non seulement il se trompe lui-même, mais il en vient également à tromper d’autres personnes avec ruse et dissimulation. Au point d’attirer un tel voilement, comme si Hachem était d’accord avec lui. Parce que Hachem a donné la terre aux hommes, et Il a donné une telle force au choix qu’il devient possible d’utiliser le mensonge, le vol et de voiler la vérité, même venant d’en haut.

Comme Esaw qui a voulu tromper son père au point de parvenir à attirer une bénédiction supérieure sur lui. Esaw s’est renforcé, il a dit «moi aussi bénis-moi, mon père!» (Ber. 27,34 et 38). Et il finit par le bénir «tu vivras à la pointe de ton épée» (Ber. 27,40). Avec pour conséquence, une telle prolongation de l’exil. Il n’en reste pas moins que le libre arbitre reste permanent. À l’évidence, la tendance de Yaakov possède plus de force, lorsqu’il prend garde à lui-même, et il s’attire vers la vérité. Il est possible alors d’éclairer sur soi-même la lumière de la vérité. Il s’agit de la lumière de Hachem. Elle illumine à chaque instant pour permettre de retirer tout le bien d’eux, là où il se trouve enfoui chez eux. Cela correspond au paiement du double jusqu’au quadruple.

Le taureau et la brebis sont relatifs à Yaakov et à Yossef. «Yaakov tenait les agneaux à distance» (Ber. 30,40). «Le taureau, son premier-né, est majestueux» (Dev. 33,17). Il représente le vrai Juste. Celui qui illumine la vérité dans l’Assemblée d’Israël. Parce qu’ils portent le nom de Yaakov-Israël. Mais «l’autre tendance», elle se renforce sur le point essentiel caractéristique chez chacun des descendants d’Israël. Elle veut le dominer en lui dérobant le point du Juste, le principe de Yossef. Il est enraciné au fond de nous tous. Ils veulent nous déraciner entièrement, selon le principe «si quelqu'un dérobe un bœuf ou une brebis, puis égorge ou vend l'animal» (Chemot 22,1). Effectivement, il se trouve certains qui se sont totalement «égorgés». Ils ont entièrement rejeté le joug. Il y en a qui n’ont pas tout rejeté, seulement ils n’accomplissent pas leurs obligations pour se permettre la recherche d’argent. Cela correspond à la vente de Sa Sainteté pour de l’argent. Mais, avec la force du Juste, pour finir, il est possible de s’élever contre eux. Au point de parvenir à leur soutirer le bien en double. C’est cette notion du quadruple ou du quintuple. Car d’autant plus s’étendent leurs mensonges et leurs vols, ainsi il devient possible d’extraire de chez eux par la suite encore plus de sainteté. Cela correspond à la notion de «un temps où l'homme domine sur l'homme pour son malheur» (Kohelet 8,9).

Et c’est «où il y avait de l'airain, je mettrai de l'or; où il y avait du fer, je mettrai de l'argent; je remplacerai le bois par l'airain, les pierres par le fer, etc.» (Yeshiyah 60,17). Nos Sages ZL ont dit «pour Rabbi Akiba et ses compagnons, etc., qui sont les dix martyrs en relation avec la faute de la vente de Yossef. Parce qu’ils l’ont volé» (R.H. 23). Comme il est écrit «car j’ai été volé et dérobé» (Ber. 40,15). Et comme il est écrit dans cette Parachah «il donnera cinq pièces de gros bétail en paiement du bœuf, quatre de menu bétail pour la brebis» (Chemot 22,1). Il s’agit d’une allusion à la vente de Yossef. Il est question d’un vol avec la plus grande tromperie possible. Quand «l’autre tendance» dérobe le cœur de l’homme. Au point de faire pénétrer de la discorde contre le vrai Juste et de retourner la vérité. Tout ce qui se rapporte à la querelle des Tribus contre Yossef. De là découle l’essentiel de la prolongation de l’exil. Toute la réparation repose sur l’attirance de la lumière du Mashiah. Le principe de la lumière de la vérité. Comme il est écrit «envoie Ta Lumière et Ta Vérité, qu’elles soient mes guides» (Ps. 43,3). «Que Hachem m’envoie Sa Miséricorde et Sa Vérité» (Ps. 57,4).

Source: Elhanan Lepek