Parachat Miketz
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S’éloigner du mensonge

Paracha Mishpatim


« Midvar cheker tirh’ak - Tiens-toi éloigné d’une parole mensongère » (Chemot 23 : 7)

C’est le seul cas où la Torah nous exige de nous tenir à distance d’une transgression.
Le Sforno explique que nous devons non seulement nous abstenir de mentir mais surtout de nous éloigner de tout ce qui se rapporte de près ou de loin au mensonge.

La Michna nous enseigne : « Sois attentif à toutes tes paroles de crainte qu’elles ne t’incitent à fausser la vérité » (Avot 1 : 9). 

Par ailleurs, le Rav Yehuda Ha Hassid précise que le moindre de nos mouvements doit dégager la vérité « Lorsque l’on répond oui ou non, il faut le faire en l’accompagnant d’une expression sans équivoque de la tête car nos membres véhiculent notre sentiment profond » (Sefer Hassidim p. 1058).

Le Maharsha (Sanhedrin 92b) rapporte l’histoire d’un incroyant qui rendit visite à un Rav en le priant de l’aider à faire Techouva. D’emblée, le Rav lui précisa qu’il devait, avant toutes choses, observer la mitsva consistant à s’éloigner du mensonge.

Satisfait de voir que la première étape de son repentir s’avérait relativement facile, il promit qu’à l’avenir il dirait la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

Il quitta la maison du Rav et s’en alla par les chemins pour s’adonner à son activité habituelle : voler les passants. 

Alors qu’il s’apprêtait à commettre ses méfaits, un homme lui demanda où il se dirigeait. Il avait promis de dire toute la vérité, alors il rétorqua au passant qu’il s’apprêtait à commettre un vol. 

Quelques minutes plus tard, un autre homme le questionna et il lui fit la même réponse.

Puis, il se dit « Mais ces deux hommes pourraient témoigner contre moi, je ferais mieux de ne pas m’aventurer à voler.»
Chacun d’entre nous doit s’ingénier à pratiquer la vertu de la sincérité et à s’éloigner du mensonge qui peut entraîner de très sévères répercussions. 

Déformer la vérité n’est pas seulement grave lorsque l’on trompe quelqu’un ou que l’on recherche un intérêt quelconque, mais même lorsqu’il n’existe aucune conséquence apparemment néfaste.

La Torah nous commande de nous éloigner du mensonge et cela inclut tous les aspects de notre comportement dans les différents événements de la vie quotidienne. 

Même s’ils n’ont pas d’implications négatives, le fait de proférer des mensonges indique que l’on ne s’est pas encore véritablement éloigné de cette inclination déplorable.

Le Rav Yehuda Tzaddok citait souvent le verset de Malachie (2 : 6) décrivant Aaron le Cohen « L’enseignement de la vérité émanait de ses propos, aucune parole injuste ne se trouvait sur ses lèvres ». Pourquoi ce verset précise-t-il « Sur ses lèvres » et non pas « Aucune parole injuste n’émanait de lui » ? demande Rav Yehuda. 

La raison explique-t-il est que le verset fait allusion à ce que l’on a coutume d’appeler les mensonges inoffensifs.

Par exemple, la Guemara (Chavouot 31a) enseigne que celui à qui il est dû 500 Shekels ne doit pas dire « Je vais réclamer 1000 Shekels afin de m’assurer que mon débiteur reconnaîtra qu’il me doit 500 Shekels ». 

Bien qu’un tel homme n’avait aucunement l’intention de bénéficier de ce qui ne lui était pas dû, il cherchait simplement, en faisant cette allégation mensongère, à récupérer la somme véritablement due.

Cette attitude est tendancieuse, et le verset veut nous dire qu’on ne trouva jamais sur les lèvres d’Aaron ce genre de propos…

Le mensonge ne peut être utilisé même pour faire triompher la vérité !

A l’époque du Maharam Schik, certains adeptes responsables du mouvement de la Haskala vinrent lui rendre visite pour tenter de promouvoir la paix entre leurs organisations respectives.

« Comme vous le savez, nos Sages enseignent que la Paix est la chose la plus importante… » dirent-ils. « Pourquoi y aurait-il une discorde entre nous, les Maskilim et les Yereim (les craignant-Dieu) ? » 

En réponse, le Maharam cita le verset de Zaccharie (8 : 19) : « Aime la vérité et la paix ». 
Pourquoi est-il fait mention d’abord de la vérité et ensuite de la paix ?

Ceci pour nous enseigner que la Vérité est une condition préalable à la Paix. « Il est vrai que la paix est excessivement importante mais nous ne sommes disposés à la faire que si elle est fondée sur la Vérité. Du mensonge nous devons nous éloigner ». 

C’est également le sens de la prière quotidienne « Lui Qui fait la Paix dans les hauteurs célestes, Puisse-t-Il faire régner la Paix sur nous ». 

Nous demandons ainsi à Dieu tous les jours de nous accorder la même Paix qu’il fait régner dans les Cieux. Nous ne voulons pas d’une paix fondée sur le mensonge, mais uniquement de la même Paix que Hakadoch Baroukh Hou accomplit dans le Ciel. 

Une paix fondée sur la vérité (Divrei Yoël).

Source: cyber-contact.com

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