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7 belles vaches et 7 autres vilaines

Paracha Miketz


Dans son rêve, Pharaon a vu sept vaches de belles apparences, puis sept autres vilaines. Cela se rapporte à sept années d’abondance suivies par sept années de famine. Il en va ainsi pour les envies d’argent. D’autant plus une personne possède de la richesse, ainsi elle veut toujours encore plus. La vision des sept belles vaches entrevue par Pharaon correspond à sept années d’abondance. Ce sont toutes les richesses et les biens donnés par Hachem aux riches. Mais voilà surgir, à leur suite, d’autres vaches…

Il se trouve des personnes qui sont tombées dans l’envie d’argent. Leur poursuite après le gain exige d’elles de grands engagements et des risques importants. Elles mangent leur pain dans la tristesse. Elles sont remplies d’amertume et d’affliction. Par contre, les personnes dont les entreprises se basent sur la Emounah/confiance, elles sont attachées à la lumière de la sainteté. Elles rayonnent de satisfaction «la lumière du visage du roi éclaire la vie» (Michlei 16,15). Elles ont conscience et savent que l’essentiel de la rétribution et de la richesse vient uniquement de Hachem. Seulement, il est de Sa Volonté que l’homme s’adonne à quelques actions dans ce monde. Malgré tout, elles n’en viennent pas à oublier que tout vient de Lui. L’homme peut être éprouvé dans sa croyance au moyen de l’argent. À savoir, est-il prêt à en «perdre» pour accomplir un commandement?

Car un commandement atteint sa plénitude, et il représente pour celui qui le réalise quelque chose de précieux, seulement lorsqu’il peut ressortir une perte dans ses biens. Cela s’appelle la Emounah/confiance. Elle est entière lorsqu’il surmonte cette épreuve en brisant son envie de possession.

L’envie d’argent apparaît comme étant l’essentiel de l’idolâtrie. Tous ceux qui ressentent ce besoin s’estiment obligés de se soumettre à ses exigences. Ils sont impliqués et attachés à ce service comme à de l’idolâtrie. Ils s’engagent tellement dans cette vénération, au point d’emprunter à d’autres de l’argent, pour assouvir cet attrait. Il leur semble s’enrichir beaucoup, quand ils augmentent leurs dettes. À cause de celles-ci, ils s’engagent et fournissent de grands efforts. Ils se mettent en danger par les risques pris face à leurs obligations. Le poids de ce joug repose sur leurs épaules en les contraignant à une fuite en avant. Ils sont pris dans un tourbillon entre les dettes à rembourser, le besoin de démontrer leur progression et celui d’assouvir cette fringale d’argent. Tous leurs jours et toutes leurs nuits sont consacrés à ce culte. Pourtant, «il n’existe aucun homme qui quitte ce monde avec la moitié de ses envies dans sa main» (Midrach Kohelet 1,34. Ils ne parviennent pas à se libérer de ce besoin illusoire, de cet asservissement au culte idolâtre de leurs envies. Jamais ils n’arrivent à satisfaire leur désir de posséder encore plus. Malgré tous leurs efforts, ils restent constamment, d’une manière ou d’une autre, redevables. Durant toute leur existence, ils ressentent une amertume, la tristesse et des soucis pour ce qu’ils ont accumulé. Et d’autant plus leur richesse augmente, ainsi augmentent leurs inquiétudes. Parce qu’ils sont sans cesse soumis à ce culte étranger, il assombrit leur vie, et consume leur existence. Il finit par prendre une forme absurde, tant cet argent se rit d’eux. Ils jouent avec, sans se rendre compte qu’en réalité eux-mêmes sont l’objet principal de ce jeu.

L’essentiel de la réparation, pour être sauvé de cela, réside dans l’attachement et la garde de l’Alliance. À ce sujet il est dit «il est préférable de s’enfuir vers l’Éternel, pour être sauvé des pièges» (Kohelet 7,26). Ainsi on peut mériter l’intelligence et le discernement pour savoir comment il est possible d’être préservé. Car une très grande compréhension et savoir s’avèrent indispensable pour ne pas subir des dommages provoqués par l’argent. Pour ne pas en venir à perdre les précieux jours de son existence. Cette réparation s’acquiert grâce à Yossef, le principe du Sage de la génération. Il sauve les possesseurs de fortune des années de famine, de l’appétit d’avoir toujours plus. Il donne des conseils adéquats aux riches: ils peuvent préserver leurs biens grâce à la bienfaisance! Elle constitue le moyen essentiel pour briser cette envie. Elle refroidit l’exaltation du cœur qui brûle pour cette accumulation. Elle diminue le désir de puissance et de domination. Elle favorise de pratiquer son négoce en étant satisfait de la part lui revenant. Ils ne se précipitent plus pour rapidement acquérir des richesses, brûlant les étapes et écrasant son entourage. 

Leur esprit est apaisé par le sentiment de reconnaissance envers Hachem pour tout le bien déjà reçu. Ils sont ainsi sauvé de la malédiction «à la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes à la terre» (Ber. 3,19). Cela s’applique à ceux trop investis dans la recherche d’encore plus de richesse. Il est effectivement difficile pour les riches de retirer un véritable plaisir spirituel de leur possession. Par conséquent, grâce à la générosité du cœur, il devient possible de briser cet instinct d’insolente opulence. Car lorsqu’une personne ne parvient pas à résister à satisfaire une envie, celle-ci finit par représenter une tare. Son esprit s’en ressent et souffre, il est diffus, dispersé.

En se rendant auprès d’un Sage, en étudiant ses enseignements, il pourra se soigner. On lui apprendra comment déplacer ses envies vers d’autres objectifs, plus positifs, résidant au fond de lui. Il lui permettra d’assouvir cet esprit «affamé» en l’orientant et le remplissant avec beaucoup de bien. Alors, se réalisera pour lui «Il prodiguera à ton âme de pures jouissances» (Isaïe 58,11). Tes jours de jeunesse, passés dans l’obscurité, seront renouvelés et réparés. Tu seras appelé: homme. Chacun possède au fond de lui des qualités positives. En se rendant auprès du Sage, celui-ci lui permettra d’élever toutes ses bonnes volontés. Cela favorise des dévoilements dans la Torah qui lui seront alors transmis. Il s’ensuit que tout un chacun possède une part dans la Torah en fonction de sa volonté. De la sorte se renouvelle encore mieux son esprit.

Grâce à la bienfaisance, il devient possible d’être sauvé de l’envie d’argent. C’est «la réserve de provisions des villes les protège» (Ber. 41,35), ce sont les nourritures provenant des champs autour de la ville. Elles assurent la subsistance et l’abondance pour chaque ville, et pour les pauvres de la ville considérée. Parce que les pauvres de ta ville ont la priorité par rapport aux pauvres d’autres villes. Car la poussière de la terre est appropriée à la culture des fruits qui y poussent. Et la poussière fait référence aux pauvres. Celui qui est abaissé jusqu’à la poussière. Comme il est écrit «Il redresse l’humble couché dans la poussière» (Ps. 113.7). Lorsqu’une personne veut sauver sa richesse, de sorte que les sept années de famine ne la fassent pas disparaître, elle doit s’en remettre au mérite de la force de la charité, ce qu’il donne aux pauvres. Ainsi se réalise que les sept années de famine, les envies de richesse, ne parviendront pas à faire disparaître sa vie et ses biens.

Yossef dit à ses frères, avant qu’ils ne le reconnaissent, «vous êtes des espions! Pour découvrir le côté faible du pays vous êtes venus!» (Ber. 42,9). Il fait allusion aux explorateurs qui ont fauté à propos du pays d’Israël. Là-bas se situe la source de l’abondance, la réparation de l’envie d’argent. Il dit à ses frères qu’ils ont porté atteinte à son honneur, ils se sont élevés contre lui en le vendant à l’Égypte. Comme des explorateurs viennent découvrir les faiblesses/la nudité du pays. L’expression «nudité» représente un opprobre, la honte, le contraire du resplendissement, de la sainteté du pays d’Israël. Ils n’avaient pas pu voir la beauté et le rayonnement émanant de Yossef le Juste. Il leur démontre qu’à cause de cela ce sont renforcées contre eux les années de famine, cette notion d’envie d’argent. Tout cela se rapporte à la faute des explorateurs, car ils ont porté atteinte au pays d’Israël. Cela représente une faute vis-à-vis des Sages. Raison pour laquelle lorsqu’ils ont rapporté à leur père Yaakov qu’ils avaient été accusés «vous êtes des espions» (ibid.), celui-ci a compris d’où provenaient tous ces événements. Alors, il leur a dit «prenez avec vous le double d’argent» (Ber. 43,12). Cela se réfère à l’abondance redoublée. Il leur a ordonné d’attirer une double abondance provenant de la Terre d’Israël.

C’est pourquoi à Hanoukah il est indiqué de donner de la charité. Pour réparer l’envie d’argent et attirer l’abondance redoublée venant de la Terre d’Israël. Car là se situe la source de toutes les bénédictions. Toute la notion de l’huile de Hanoukah «ne diminue pas l’huile sur ta tête» (Kohelet 9,8). C’est-à-dire, de faire en sorte qu’il ne manque de rien, sans retenue, avec abondance. «Verse l’huile, elle ne diminuera pas» (Melahim I 17,14 et 16). L’huile se réfère à l’esprit. Et grâce à l’esprit et au savoir, il ne manque rien à l’homme. Selon l’expression «tu as acquis du savoir, que te manque-t-il?» (Sanhedrin 41.). En soi-même cela concerne le miracle de Hanoukah. La bénédiction repose sur le peu d’huile qui brûle huit jours. Et durant Hanoukah précisément, nous sommes occupés à attirer la sainteté du pays d’Israël.

Et «ce fut à la fin/Mikets de deux années, et Pharaon eut un songe» (Ber. 41,1). Au bout de l’obscurité, à l’extrême de l’envie de l’argent, nous trouvons le principe de «l’abondance de biens entraîne l’abondance de soucis» (Pirke Avot 2,7). Pour finalement conduire au désespoir et à la tristesse. À chaque fois se font encore plus ressentir ses manques. Et l’expression «deux années de jours» (ibid.) renvoie à la faute des explorateurs. À leur propos il est écrit «un jour pour l’année, un jour pour l’année» (Bamidbar 14,34). De cette faute contre le pays d’Israël découle l’envie d’argent. Par rapport «au pied», le principe de «tout ce qui existe à vos pieds» (Dev. 11,6), c’est son argent. De là, tous ceux trop investis dans la recherche d’argent sont appelés «Meraglim/espions». Le mot espion renferme celui de «pied». Parce qu’ils voyagent toujours au loin. Ils se déplacent dans tous les pays à la recherche de la fortune. Ils n’ont pas confiance en Hachem, qu’Il peut leur procurer leur revenu là où ils se trouvent, sans effort superflu. Ils sont comme les explorateurs qui n’ont pas cru en Hachem, qu’Il va leur donner le pays d’Israël, la source de l’abondance, au-delà des conduites naturelles. Ils ont précisément voulu conquérir le pays en l’espionnant. C’est-à-dire selon des voies naturelles. Comme agissent les nations en envoyant des espions pour leur conquête. Nous devons croire et avoir confiance en Hachem. Il nous donnera le pays selon Sa Volonté, sans espion. De même pour l’envie d’argent, il faut bien se rendre à l’évidence que c’est Hachem qui amène le revenu pour chacun, là où il se trouve, sans devoir se soumettre à cette idolâtrie, à se prosterner devant ce veau d’or. Donc admettre «ce n’est pas la force de ma main qui m’a valu cette richesse» (Dev. 8,17). Tout vient de la «Main de Hachem» pour celui qui sait placer sa confiance en Lui.

Chabat Chalom et joyeux Hanoukah

Kupath Rabbi Meir Baal Haness

Elhanan