Parachat Noah'
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Le don de soi

Paracha Metzora

« Celui à qui sera la maison ira le déclarer au Cohen » (Vayikra 14 : 35).

Nos Sages enseignent qu’il y a sept raisons qui peuvent générer l’affection lépreuse; l’une d’entre elles est l’égoïsme. Ceci ressort du verset « Celui à qui sera la maison… », car cela implique que le propriétaire de la maison affectée était particulièrement possessif et qu’il était puni parce qu’il se réservait jalousement sa maison et ne partageait aucun de ses biens avec autrui (Arkhin 16a).

Nos Sages affirment que l’avarice est le résultat immédiat de l’égocentrisme. L’avare se réserve ses biens égoïstement parce qu’il n’est absolument pas concerné par le bien-être d’autrui. Alors que nous sommes tous coupables – du moins à un certain degré – d’égocentrisme, notre souci naturel des autres nous incite à donner. Bien qu’il soit légitime d’assumer ses désirs et besoins, un Juif qui se doit de s’inquiéter du sort de son prochain. La question se pose de savoir jusqu’où nous sommes prêts à renoncer à notre bien-être pour aider autrui. Celui qui était puni de Tsaraat (forme de lèpre) n’était pas prêt, lui, à partager quoi que ce soit avec son prochain, parce qu’il ne s’intéressait qu’à lui-même, à son propre sort exclusivement.

Personne n’est tout à fait innocent à cet égard. Dans son ouvrage Ahavat Hessed (2e partie) le Hafetz Haïm précise que les gens peuvent avoir toutes sortes de raisons différentes quand il s’agit d’aider leur prochain. « Certaines personnes refusent de donner parce que cela les dérange de voir "les autres" bénéficier de leur argent.
Cette attitude déplorable entraîne ainsi ladite personne à perdre tout sens de compassion ou de pitié à l’égard de son prochain et la rend imperméable à la souffrance et aux plaintes du pauvre. A l’extrême, cette attitude peut même mener à l’effusion de sang ».

Le Rav Yoshua ben Levi enseignait (Sota 38) que la Egla Arufa (la génisse dont on brisait le cou pour expier les fautes du peuple) était sacrifiée seulement en raison du péché d’avarice.

La Guemara explique que lorsque les anciens de la ville déclaraient « Nos mains n’ont pas fait couler ce sang » ils ne faisaient pas allusion à un meurtre proprement dit mais à la cause indirecte – l’indifférence à autrui – qui avait provoqué la mort de l’homme en question. Il est évident que personne n’aurait accusé les anciens de la ville de crime, mais ils se devaient d’affirmer solennellement qu’ils n’étaient, en aucune manière, même indirecte, responsables de la mort de cet homme qui avait péri aux environs de la ville.

Nous tirons de cet épisode, continue le Hafetz Haïm, que si quelqu’un est sollicité par un proche pour de l’aide et qu’il refuse et, au cas où il arriverait malheur à cette personne, celui qui se sera dérobé sera tenu pour responsable. Par exemple, si l’homme mourait de faim, la Torah qualifie celui qui a refusé son assistance, de criminel ! Non seulement un Juif se doit d’être généreux, mais il doit également s’éloigner des avares. La Guemara (Sota) enseigne que si quelqu’un bénéficie de l’aide d’un avare, il transgresse un commandement négatif de la Torah, car il est écrit « Ne mange pas le pain d’un avare et ne convoites pas ses faveurs, mange et bois, te dira-t-il mais son cœur n’y est pas » (Proverbes 23 : 6).

Et pourtant, bien que la tendance de chacun d’entre nous soit d’investir son énergie pour la satisfaction de ses besoins personnels, il est vivement recommandé de nous entraîner constamment à penser à l’amélioration du sort des démunis et leur offrir notre aide généreusement.
Il est bon, par exemple, d’encourager les membres de sa famille à prêter à autrui et il est recommandé, à cet effet, de garder tout objet qui semble superflu, en vue de le prêter, au besoin, à son prochain. Ainsi, si une personne venait à frapper à notre porte, nous ne la renverrions pas les mains vides et l’Eternel nous le rendra au septuple… (Pele Yoetz).

Un homme vint rendre visite, un jour, au Tsadik Rav Moshé de Kauvrin et se plaignit à lui de ses faibles revenus. Il précisa au Rav que son voisin était, lui, un boutiquier prospère. « Dès que tu te réjouiras de la fortune de ton voisin, à ton tour tu commenceras à gagner beaucoup plus » dit le Rav à son visiteur « Cela peut paraître difficile au début, mais tu devras prier Hakadoch Baroukh Hou de faire fructifier les affaires de ton voisin. Tu commenceras à le dire du bout des lèvres mais avec le temps, tu le diras avec ton coeur parce que tes affaires iront de mieux en mieux ! » (Gvi’ei Zahav).



Source: cyber-contact.com

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