Parachat Haazinou
Bannière

Une imperfection dans la Emounah

Paracha Matot

Il ressort de l’expression (Bamidbar 33,2) « Moshe inscrivit leurs départs et leurs stations sur l'ordre de Hachem; voici donc leurs stations et leurs départs » que tous les déplacements d’Israël sont en relation avec une imperfection dans la Emounah / la croyance. Celle-ci est une conséquence de la faute du veau d’or. L’essentiel de cette faute a été provoqué par le manque de confiance dans les Sages. Alors, ils se sont demandé (Chemot 32,1) « Moshe, l’homme qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons ce qu’il est devenu ». Au point où ils en sont venus à

s’écrier (ibid. 4) « voilà tes dieux, ô Israël ». Comme s’ils ne reconnaissaient seulement l’Éternel, dans le sens de la conduite naturelle, lorsqu’ils ont mentionné « tes dieux ». Tout cela se rapporte à la faute contre la Emounah / la confiance dans les Sages. Lorsqu’on ne veut pas suivre leurs véritables enseignements et aller selon leurs voies. 

Mais, on se considère soi-même capable de comprendre les voies de Hachem et de la Torah. On en arrive à des hérésies absolues. Certains finissent même par rejeter totalement le joug de la Torah. Comme malheureusement nous pouvons le constater actuellement. Tout ce qui entraîne tellement de déplacements, de voyages, aussi bien en général qu’en particulier, physiquement que spirituellement. Cela se réfère aux exils, de toutes les sortes, où Israël a été déporté et déplacé. Ils ne trouvent pas de repos pour leurs pieds (Sefer Hemdat Yamim 1,10). Tout à cause des dommages dans la Emounah, et principalement dans la confiance à accorder aux Sages. En vérité, les intentions de Hachem sont pour le bien. Toutes les tribulations des différents exils, les voyages en chemin, tout est pour que chacun se souvienne grâce à cela de revenir à un repentir complet sur les transgressions vis-à-vis des véritables Sages. Alors les déplacements deviennent une réparation sur cette faute de la confiance dans les Sages et également pour toutes les autres transgressions. Parce que les voyages favorisent une élévation vers Hachem de tous les endroits où l’on arrive. Comme cela est expliqué en plusieurs endroits dans les écrits du Ari ZL (Pri Ets Haim, Récitation du Chema 83).

Là réside le secret de tous les exils en général, et de tous les déplacements de tout un chacun en particulier. Comme il ressort des Kavanot « et ramène-nous en paix depuis les quatre coins de la terre ». Ainsi, tout dépend de la véritable confiance accordée aux vrais Justes. Il est évident qu’une simple personne intègre ne peut pas parvenir par elle-même à saisir de telles notions. Particulièrement lorsqu’on se trouve dans des endroits ou des conceptions extrêmement éloignés de Hachem. D’autant plus si ces endroits sont occupés en majorité ou entièrement par les nations, physiquement ou spirituellement. Lorsque des Hébreux sont mélangés parmi eux et apprennent de leurs conduites. Comme il est écrit (Ps. 106,35) « ils se mêlèrent aux nations », mais Hachem les pardonna et Il les ramena rapidement vers la vérité. Ainsi, une personne intègre en exil et déplacée parmi eux ne possède pas la force nécessaire pour se renforcer seule. Plus particulièrement lorsqu’il s’agit de s’élever depuis ces lieux vers Hachem et Sa Torah. Seulement grâce à l’aide de Hachem qui le soutient, par la force des vrais Justes et en croyant en eux. D’autant plus lorsqu’un individu se trouve en chemin et quand il s’éloigne beaucoup dans toutes sortes de contrées. Alors, il doit beaucoup se renforcer dans la Emounah et la confiance dans les Sages.

Il doit revenir à un repentir entier sur l’atteinte qu’il aurait pu causer contre la confiance à placer en eux. Grâce à cela, il répare cette faute du manque de confiance en eux. Ainsi se rajoutent de nombreux saints livres sur la Torah. Ils se complètent selon le principe des Tables de pierre, le principe de la Pierre d’Assignation, le Saint des Saints, etc. Grâce à cela s’adoucissent toutes les rigueurs des jugements. Ils s’élèvent vers l’intelligence et la compréhension supérieures qui correspondent au Saint des Saints. Selon le principe de l’Unification qui rassemble toutes les Nefashot / les âmes dans le véritable Juste. Il correspond au Sage qui englobe tout, de qui émane une passion charitable. Il devient ainsi possible d’élever tous les endroits où ils se trouvent exilés et dispersés, et de les enraciner vers la Pierre d’Assignation. Elle représente le fondement du monde. Alors s’annulent toutes les frontières et les limites correspondant aux contraintes et aux rigueurs des jugements. Car de là découle l’essentiel de tous les jugements et des exils. Selon la notion (Eiha 1,2) « tous ses persécuteurs, ensemble, l'ont atteint dans les étroits défilés ». Parce que tout s’inclut dans sa racine, la notion de la Pierre d’Assignation, le Saint des Saints. C’est la racine du monde à partir de laquelle s’établissent toutes les frontières, dans toutes les régions et pays, pour chaque ville, dans tous les endroits. Comme l’explique Rachi sur le verset (Kohelet 2,5) « et j'y plantai toutes sortes d'arbres fruitiers ». Le roi Shlomoh possédait cette connaissance. Mais, toutes ces frontières et toutes ces contractions de tous ces pays et de tous ces endroits doivent retourner vers leurs saintes racines, leur place originelle vers la Pierre d’Assignation. Et être inclus là-bas dans l’extrême unification. Jusqu’à parvenir à être inclus dans la racine du Créateur de tout.

Parce que lorsqu’existent des séparations et des discordes entre eux, de là se renforcent les limitations. D’elles découlent toutes les souffrances et douleurs. Leur alimentation provient des jugements et des contractions, lorsqu’ils ne sont pas adoucis et inclus ensemble. Aussi l’essentiel de la réparation s’opère au moyen de la confiance accordée aux Sages. Précisément grâce à eux on mérite que les déplacements amènent au repentir. Et alors se multiplient les livres relatifs à la Torah. Et ainsi elle est complétée. Jusqu’à permettre d’être inclus dans la Pierre d’Assignation, dans le Saint des Saints.

C’est (Bamidbar 32,2) « Moshe inscrivit leurs départs et leurs stations sur l'ordre de Hachem ». Il est précisé que Moshe Rabenou écrivit grâce à son extrême force et il a fait pénétrer en Israël ce principe du repentir concernant la Emounah dans les Sages. Au point où il écrivit dans le saint livre de la Torah tous les déplacements d’Israël. C’est-à-dire qu’il a fait des voyages d’Israël un livre de Torah. Il a ainsi été complété. Ce qui constitue la réparation des déplacements. Tout cela a été rendu possible grâce à la réparation que représente le Tabernacle qu’il a construit. Là-bas se trouvait l’Arche dans le Saint des Saints, avec les Tables. Et cette sainte Arche se déplaçait à l’avant, avec les Cohanim et les Leviim tout autour, et Israël allait après eux en attachant leurs pensées vers l’Arche et les Tables. L’endroit où toutes les volontés sont attachées (Zohar Vayakel 213). Ainsi, ils ont mérité que dans tous leurs déplacements se fasse un livre de Torah (Tanhouma Vayakel 7). Parce qu’ils ont inclus tous les endroits où ils ont voyagé dans la Torah, dans le principe du Saint des Saints. C’est cette notion que Moshe Rabenou a écrit précisément leurs sorties et leurs déplacements.

Maintenant nous pouvons constater et comprendre des prodiges. Nos Sages ZL ont dit (Shabat 116) « les voyages de l’Arche sont considérés comme un Livre particulier en lui-même ». En effet, il s’avère extrêmement étonnant, pourquoi cette petite péricope est-elle plus particulièrement considérée comme un des Livres parmi ceux de la Torah ? Plus que d’autres chapitres dans lesquels on trouve de nombreux commandements. Et même les Dix Paroles ne sont pas considérées comme un livre en lui-même. Elles se trouvent incluses dans le livre de Chemot et de Devarim. Mais, en se basant sur les explications qui précèdent, cela devient compréhensible. Parce que la Torah se trouve incluse dans la confiance dans les Sages. Ce sont ceux qui ont mérité de réparer précisément grâce à leurs déplacements. Ils ont suivi l’Arche qui les précédait. Grâce à cette attitude, de nombreux livres se sont rajoutés. Ainsi, dans tous les endroits où ils sont arrivés, là-bas ils ont reçu beaucoup d’enseignements. Donc, de leurs déplacements eux-mêmes se sont fait des livres. Raison pour laquelle ce passage relatif au déplacement de l’Arche (Bamidbar 10) doit être considéré comme un Livre particulier. Donc la Torah tout entière dépend de la confiance accordée dans les Sages, de ce qu’ils méritent au moyen de leurs déplacements. Grâce à eux, ils se sont repentis sur la confiance à accorder aux Sages.

C’est (Bamidbar 10,35) « or, lorsque l’Arche partait, Moshe disait : "Lève-toi, Hachem! Afin que Tes ennemis soient dissipés et que Tes adversaires fuient de devant Ta Face ! » Parce qu’au moment des déplacements la force que représente la sainte Arche est nécessaire pour dominer et disperser les ennemis et les adversaires qui profitent des rigueurs du jugement et des difficultés résultant des pressions du moment. Pour que tous soient annulés lorsqu’on s’inclut dans les Tables de pierre situées à l’intérieur de l’Arche. Et (ibid. 10,36) « lorsqu’elle faisait halte, il disait : "Reviens siéger, Hachem, parmi les myriades des familles d’Israël !" ». Cela correspond à l’ensemble d’Israël dans l’amour et l’unité. Lorsque se retrouvent ensemble et unis des milliers d’Israël. C’est alors l’essentiel de la réparation, de l’apaisement et du repos.

Mais, il existe toutes sortes de contractions et de différences dans toutes sortes de situations, de lieux ou d’époques auxquels l’homme est confronté. Il existe d’infinies différences entre une personne et une autre, comme cela peut se constater. De même entre un jour et un autre. Mais, elles doivent toutes s’inclure ensemble selon le principe de la Pierre d’Assignation. Ce qui représente l’essentiel de la réparation. C’est tout le service du Grand-Prêtre le jour de Kipour, lorsqu’il inclut tous les emplacements dans la Pierre d’Assignation. Cela représente l’inclusion de tous les jours grâce au Grand-Prêtre, en tant que représentant de tout Israël, comme l’envoyé et le plus distingué parmi eux.

Chabat Chalom
Source : Elhanan Lepek