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L’entrée des enfants d’Israël en Terre de Canaan

Paracha Massei


Dernière sidra du quatrième livre. Le plus souvent elle est accouplée à la sidra précédente. L’année 5765 a vu ces deux sidrot séparées.

Les voyages ou les déplacements dans le désert du Sinaï arrivent à leur terme.

Moché énumèrent les quarante deux étapes, chacune ayant sa propre spécificité, heureuse ou tragique.

Mais cette sidra se distingue par l’annonce de l’entrée des enfants d’Israël en Terre de Canaan, but de la traversée du désert. Aux deux tribus et demie qui se sont installées dans le pays de Madian, comme pour les autres tribus qui vont conquérir le futur état promis, Moché leur impose de réserver six villes refuges pour préserver la vie des hommes, qui par accident, ont tué un de leurs semblables.

Les lois qui font bénéficier ces hommes, criminels par inadvertance, sont nombreuses et lourdes. Il va s’en dire que ces villes ne peuvent se transformer en refuges pour les êtres qui se sont rendus coupables de crimes caractérisés.

Les hommes peu scrupuleux, qui ont du sang dans les mains, rendront compte de leurs forfaits devant la justice. Il s’agit ici de cas bien particuliers, qui ont, à leur corps défendant, commis un crime qu’ils n’ont ni prémédité, ni souhaité.

La première remarque qui s’impose est de pouvoir affirmer que cette loi donnera à réfléchir à tout être qui préméditera une forfaiture en maquillant son crime. Il ne sera pas quitte pour autant parce qu’il sera démasqué et paiera tout ou tard le prix de son geste insensé.

La deuxième remarque est d’ordre moral. Un crime même non voulu est une situation de déséquilibre. Il s’agit d’une vie, d’une image de D. qui n’est plus par la faute involontaire d’un autre homme.

Dans un monde où la mort violente se banalise, où la télévision à l’heure du repas annonce dans une indifférence quasi générale les victimes de toutes sortes, la Thora rappelle qu’un être vivant a une valeur incommensurable.

Elle appelle cet homme privant un autre de son existence : un criminel. Les circonstances de cette mort sont toujours prises en compte, mais le titre « criminel » dévolu à son auteur lui colle désormais à la peau.

Il est vrai que le temps de guerre est propice malheureusement à la privation de la vie de ses ennemis. On est fier du héros qui par son comportement exemplaire a éliminé un grand nombre d’adversaires. Au nom de la légitime défense, les guerriers ont une stature qui sert d’exemple et d’honneur.

Pourtant la Thora met en garde les militaires qui s’aviliraient à un débordement inhumain contre leurs ennemis. L’histoire récente a démontré qu’en Israël, les tribunaux militaires ont sévi contre certains soldats qui n’ont pas respecté les morts d’en face.

Pourtant les images choquantes de palestiniens dépeçant impunément deux morts juifs, réclament au moins une vengeance similaire. La loi est contre cette vengeance malgré tout. Tout être a droit au respect et à sa dignité parce qu’il a une partie de D. en lui.


Rabbin S.MALKA
Source: psemaine

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