Parachat Vayetse
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Le dénombrement des enfants d’Israël

Paracha Ki Tissa


Et «quand tu procéderas au dénombrement des enfants d’Israël» (Chemot 30,12). Il leur a été ordonné de donner des Shekalim (pièce d’argent) comme moyen pour effectuer ce recensement. Pour ne pas provoquer au milieu du camp une épidémie. Se pose la question sur l’utilité et la nécessité de les décompter, quand se présente un danger que se répande une épidémie. N’aurait-il pas été préférable d’éviter simplement d’effectuer ce recensement? Pourtant, celui-ci était indispensable! Il a effectivement un rapport avec la notion de contraction. C’est l’idée de concentrer la lumière de l’enthousiasme, de l’emportement dans le cœur de chacun au sein d’Israël. 

De sorte à maîtriser l’enthousiasme, pour ne pas en arriver à dépasser les limites. En fonction de la lumière de son enthousiasme, ainsi le cœur s’enflamme jusque vers le Sans-Fin. Et là-bas il ne peut pas du tout s’agir de décompte. Il s’agit du concept, avant le chiffre un, qu’est-il possible de compter? (Sefer Yetsirah, Perek 1).

L’essentiel du compte et des chiffres commence après la Contraction, à partir de l’instant où il devient possible de compter, c’est-à-dire après la Création. Raison pour laquelle il leur a précisément été ordonné le recensement. Pour que tout un chacun soit compté en particulier. Cela se rapporte à la contraction de la lumière, qui est relative au compte et au nombre. Également, pour qu’ils ne s’amalgament pas, pour que l’un ne pénètre pas dans le domaine de son prochain.

De même, il convient de se contracter, pour ne pas s’enthousiasmer au-delà des limites. Pareillement, il est également nécessaire de contrôler l’enthousiasme du cœur. Pour ne pas sortir au-delà de ses propres limites et en venir à pénétrer dans celles de son prochain. Bien que tout Israël doit être considéré comme étant un seul corps, car à leur racine ils sont tous réunis. Comme l’ont souligné nos Sages ZL (Vayikra Rabah 4,6), Yaakov comprenait soixante-dix Nefesh/âme (Chemot 1,5). Le mot Nefesh est au singulier, ils sont tous un seul Nefesh. Malgré cela, tout un chacun dans Israël possède sa limite propre, pour lui-même. 

Car le savoir de chacun diffère de celui de son prochain. Tout est en fonction de la contraction de son enthousiasme dans son cœur. Cela fait appel au principe de l’espace vide. Là où sont attirées ses bonnes pensées, ce que sont ses qualités positives. Grâce à cela se dévoile Sa Royauté, béni soit-Il. En effet, chacun possède une mesure dans son cœur qui est relative à son niveau. C’est le principe de «son époux est considéré dans les Portes» (Michlei 31,23). Pour chacun en fonction de ce qu’il ressent dans son cœur. Ainsi, chacun sert Hachem selon ses propres bonnes qualités. Un sera particulièrement attentif à ce commandement relatif à la réparation de l’attribut de miséricorde. Alors qu’un autre s’attachera à d’autres commandements dont dépend la réparation de différents attributs.

Évidemment, tout un chacun d’Israël doit recevoir de son prochain une part de son bon côté qui le caractérise, ce que son prochain ne possède pas. Malgré tout, il est défendu de détruire les frontières. En s’enthousiasmant au-delà des limites, on risque de pénétrer dans les limites de son prochain. Parfois, même des membres intègres d’Israël peuvent entraîner la chute d’un autre à cause de différences de conceptions. Raison pour laquelle il est indispensable de contracter quelques-uns de ces propres points de vue, pour ne pas en arriver à exagérer dans son enthousiasme. Également, pour ne pas en venir à ignorer les limites qui s’imposent entre soi-même et l’autre. C’est tout le sens de cet ordre de se compter. Pour que chacun soit considéré selon ce qu’il est spécifiquement. Chaque personne se caractérise par ses limites et ses propres conceptions dans sa connaissance de Hachem. 

Et son service se rapporte à son niveau et à ses qualités, selon ce qu’il a atteint. Ainsi, l’ordre du recensement devait s’effectuer d’après le nombre des noms. Tout un chacun dans Israël possède un nom propre individuel. Il est fonction de son emprise dans le Saint Nom, béni soit-Il, selon son propre niveau. Le nom représente un ustensile et une contraction renfermant les limitations de son existence. Ce qu’est son Nefesh! D’où l’absolue nécessité de procéder à leur décompte, pour saisir l’importance de son individualité.

Mais en raison du décompte, correspondant à la contraction, il devient possible que se développe une épidémie. Car dans la contraction peuvent s’infiltrer les rigueurs du jugement. Et à partir de là s’impose «l’autre tendance», lorsqu’on n’est pas attentif à contrôler comme il convient. Pour cela le recensement devait s’effectuer au moyen des Shekalim. Lorsqu’on les donne de bon cœur en vue de l’édification du Tabernacle. Cela représente l’essentiel de la réparation de la Demeure ici-bas, et grâce à cela s’opère également une élévation vers la Demeure supérieure.

Le Tabernacle est constitué avec la Tente d’Assignation. De même pour le Sanctuaire, là-bas aussi se rassemble tout Israël, comme une seule identité. Mais malgré tout, chacun se maintient dans ses limites personnelles. Il s’agit de cette notion «ils se tiennent debout serrés, mais avec de l’espace entre eux ils se prosternent» (Avot 5,5). En se trouvant debout serrés les uns contre les autres, ils sont comme une seule personne. Mais malgré cela, il y a de l’espace entre eux lorsqu’ils se prosternent. Pour que l’un n’entende pas l’autre lorsque celui-ci avoue ses transgressions, se répand en supplications. 

Car il importe que chacun revienne vers Hachem en fonction de son niveau, selon les enseignements entendus de son maître. Ils nous ont enseigné «si je ne suis pas pour moi-même, qui suis-je ?» (Avot 1,4). Parce que chacun est défini selon ses caractéristiques propres. Et cette réparation s’opère dans le Tabernacle ou le Sanctuaire. D’où l’ordre qui leur a été donné de se compter au moyen des Shekelim que l’on offrait pour le Tabernacle. Car, grâce à eux tout peut se réparer. De là la racine du mot Shekel, qui désigne l’attirance de la lumière, selon la mesure et l’équilibre/Michkal, pour tout un chacun selon sa personnalité.

Il est maintenant possible de déduire que tous les dommages ont alors été provoqués par la populace. Ce sont tous ceux qui ont profité de la Sortie d’Égypte pour s’enfuir de là-bas. Et leur désignation en tant que populace renferme la notion de «mélange». Parce qu’ils ont amené un mélange perturbateur dans les différentes conceptions. Ils ont introduit un mauvais amalgame. Ils ont voulu «investiguer au-delà de leur entendement» (Midrach Raba, Berechit 8), ils ont recherché une compréhension qui les dépasse. Là où il est interdit de rechercher, selon le principe «ne va pas rechercher ce que tu ne peux pas saisir» (Haguigah 13,1).

Et même pour les sujets autorisés à la réflexion, il reste certains domaines avec lesquels il n’est pas permis de s’occuper entre plusieurs personnes, selon les instructions de nos Sages ZL. Par exemple au sujet de la révélation du Prophète Ezechiel relative à sa vision du Chariot. Seulement s’il est un Sage, et il peut comprendre par lui-même. Mais pour un mécréant ou un renégat qui voudrait saisir des notions se rapportant au divin au moyen de ses investigations, de ses réflexions intellectuelles, il obtiendra le contraire de ce qu’il appréhende. Parce qu’il est interdit de pénétrer dans ces domaines de recherche. Tout cela se rapporte à la populace, elle mélange et perturbe tout. De là provient l’essentiel de la faute du veau d’or. Elle représente l’idolâtrie et l’hérésie. La réparation de ces errements devient possible au moyen des Shekalim. 

Ce sont les dons pour le Tabernacle et la bienfaisance pour les étudiants-savants, ce qui est également en relation avec les Shekalim. Ainsi sont attirées l’abondance et la richesse dans la sainteté. Tout le contraire de la populace, avec l’abondance de richesse elle s’est adonnée à l’idolâtrie en faisant un veau en or. Comme il est écrit (Devarim 1,1) en conséquence de la quantité d’or. Nos Sages ZL (Berahot 32.) ont dit que tous ceux qui donnent généreusement, de bon cœur de la charité à d’intègres indigents, ou pour l’édification de saintetés, comme par exemple pour le Tabernacle, cela correspond à la réparation de la Demeure d’en bas et de la Demeure d’en haut. Grâce à cela tout se répare.

Cela se rapporte à Pourim qui représente la volonté de domination de Aman-Amalek. Le Ari ZL explique que l’essentiel leur excitation était provoquée lorsqu’ils ont considéré la fin de l’exil d’Israël, quand Israël a envisagé la reconstruction du Sanctuaire. Parce que l’essentiel de toutes les réparations vient grâce au Sanctuaire. Grâce au renforcement des bonnes dispositions sur les mauvais instincts, grâce au renforcement des bonnes pensées sur les mauvaises. Ainsi se dévoile Sa Royauté, la sainte Emounah/croyance aux yeux de tous. C’est l’essentiel du service du cœur, de la Tefilah/prière.

Joyeux Pourim et Chabat Chalom

Kupath Rabbi Meir Baal Haness

Elhanan