Parachat Vayetse
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L’âme et le nid d'oiseau

Paracha Ki Tetze

Il s’agit de cette notion (Devarim 22,6) « si tu rencontres sur ton chemin un nid d’oiseaux ». Le saint Zohar nous explique, c’est une allusion aux Nechamot / âmes qui sont exilées de leur place. Il est bien connu que toute la Torah, les enseignements, les prières ou les bonnes actions avec lesquels l’homme est occupé, avec tout il lui incombe de clarifier de saintes étincelles. C’est-à-dire les Nefashot qui sont tombées et sont descendues vers les endroits où elles se trouvent. Cela à cause de la faute du premier Homme et à cause des transgressions de tout un chacun. Aussi, l’homme doit les élever et les clarifier grâce à la Torah, la Tefilah / prière et les bonnes

actions. La Torah nous soumet par allusion cet exemple de celui qui veut mériter de prendre les oisillons dans un nid. C’est un moment où il est occupé avec des notions relatives à la sainteté. 


Et plus particulièrement durant les instants où il est absorbé dans l’étude de la Torah ou avec la Tefilah. Ce qui revient à prendre et à élever des Nefashot depuis là-bas où elles ont été expulsées et là où elles sont tombées, selon notre verset mentionné, « si tu rencontres... ». Cela se rapporte à toutes les tribulations et à tous les exils. Et tu veux les saisir ! C’est lorsque tu es occupé avec des notions relatives avec la sainteté. Et tu t’efforces de les prendre. Tu essaies de mériter ce « nid » qui se trouve en exil. Ce qui revient à élever et à clarifier ces Nechamot qui sont tombées. Et (là-bas) « et la mère couvant sur les poussins ou sur les œufs ». Il est admis dans les écrits que dans tous les principes se retrouvent les dix Attributs. Ils se rapportent à ceux de Hachem. Avec ceux-ci, Il donne la vie et Il conduit le monde tout entier, depuis la genèse jusqu’à l’aboutissement. Parce que toutes les choses que l’homme veut accomplir dans ce monde, ou en parler, il doit nécessairement commencer par réfléchir à leur sujet, consciemment ou pas. 

Par la suite, il y a un enchaînement depuis sa conscience intérieure jusqu’à leur dévoilement. Il réfléchit dans son esprit sur l’opportunité d’agir ou de s’exprimer, comment faire ou parler, ainsi de suite. Après être parvenu à une conclusion dans son esprit sur ce sujet, il s’occupe à transformer ce qui jusqu’alors restait en puissance pour quelque chose d’effectif, depuis la pensée jusqu’à la parole ou l’action. Toutes ces étapes sont franchies par chaque individu pour toutes les choses dans le monde. Même pour de simples paroles exprimées, pour lesquelles une profonde réflexion ne s’avère pas nécessaire. Tout se passe à une très grande et étonnante vitesse. À tel point que l’on n’en a pas du tout conscience.

Mais, pour des sujets ou des objets importants, il est possible de bien se rendre compte et de distinguer comment se déroulent pour nous toutes ces étapes, avant la formulation par la parole d’une idée profonde, et à encore bien plus forte raison lorsqu’il s’agit d’entreprendre quelque chose de très important. Durant toutes ces étapes dans sa pensée, avant l’apparition de la parole ou de l’action, il est fait référence aux trois premiers Attributs. Ensuite, après la naissance et le dévoilement de la parole ou de l’action, nous pénétrons dans le domaine des sept autres Attributs. Ils correspondent aux sept jours de la Création. Toutes les choses existantes dans ce monde dépendent d’eux. L’essentiel de la création et du dévoilement de tout est possible grâce au principe du « discernement / Binah ». Il est appelé « la mère couvant les petits ». Car alors se présente la chose selon le principe de la « réflexion / Hitbonenout ». C’est le lieu de la conclusion dans son esprit. Et alors la chose est créée et elle se dévoile dans le monde. Bien que même par la suite, bien qu’elle a été créée et elle s’est dévoilée, elle reste encore incrustée dans sa réflexion. 

Il en va ainsi pour toutes les choses auxquelles l’homme réfléchit. Également après qu’elles sont devenues effectives et complétées, il se conduit avec elles comme une mère qui surveille l’évolution de son embryon durant toute la durée de sa gestation. Après l’instant de la délivrance, elle continue à s’occuper de son nourrisson, pour qu’il grandisse et se perfectionne. Il en va ainsi pour toutes les choses dans le monde. Elles commencent par être cachées dans la réflexion de l’intellect, selon le principe de l’embryon, jusqu’au moment de la naissance, du dévoilement. Puis, jusqu’à ce que la chose parvienne à sa plénitude. Raison pour laquelle cette étape est désignée par le « discernement, la mère couvant ses petits ».

Dans leur racine supérieure, tous les dix Attributs sont entièrement saints. Plus particulièrement les trois premiers sont considérés comme un tout entièrement bon. Seulement lorsqu’ils s’enchaînent vers le bas, alors parfois peut s’immiscer la rigueur du jugement, au point où le mauvais instinct parvient à effectivement prendre de la consistance. Tout l’impact de son influence négative prend sa racine dans le principe de la rigueur du jugement.

Raison pour laquelle ici-bas, dans ce monde, avant que l’homme veuille exprimer des paroles dans la sainteté, ou réaliser de saintes actions, surgissent dans sa réflexion des pensées étrangères, de mauvaises idées, de nombreuses perturbations. Il en va pour chacun en fonction de sa situation. L’essentiel du renforcement de ces pensées ou de ces perturbations intervient au moment où nous sommes occupés à exprimer une parole ou à accomplir une action, le passage du potentiel vers l’effectif. Selon le principe (Berechit 4,7) « le péché est tapi à la porte ». C’est le moment propice choisi par le mauvais instinct, et ses acolytes, pour intervenir. Toute son intention consiste à perturber et à empêcher, au moyen de mauvaises pensées et de différentes distractions, toutes saintes expression ou bonnes actions. Du fait que l’essentiel du passage à la réalisation, à l’enfantement, correspond à cette notion de « discernement », de « la mère couvant ses petits ». 

Parce qu’à la racine du jugement, même des jugements dans la sainteté, se situe la rigueur du mauvais penchant. Par conséquent, ici-bas dans la matérialité de l’action, se réveille l’essentiel des rigueurs du jugement et de son venin. Tout ce que représentent le mauvais penchant, les perturbations de l’intellect lorsqu’on s’occupe à discerner, en exprimant des paroles de sainteté. Quand l’homme prend conscience combien se renforcent contre lui les mauvaises pensées, combien elles le dérangent, au point où il ressent de la peine et de la souffrance, il veut les saisir, les attraper et lutter contre elles. Il espère pouvoir les ramener vers la sainteté. Mais, chaque homme ne possède pas les capacités nécessaires pour réaliser cela. Parce que, pour la plupart des gens, leurs mauvais instincts sont trop présents. Et en voulant lutter contre eux, ils réveillent en eux des perturbations encore plus importantes. Alors, d’autant plus il pense pouvoir les combattre, ainsi encore plus ceux-ci se renforcent contre eux.

Par conséquent, l’essentiel consiste à s’efforcer d’abandonner ces pensées, de ne pas du tout s’opposer contre elles, de tout entreprendre pour ne pas les prendre en considération. Mais par contre, s’attacher à accomplir ce qui lui incombe, à être occupé dans la Torah et la Tefilah, etc. En se consacrant effectivement et intensément dans ses conceptions positives, en s’exprimant comme il convient. Et ne pas du tout prendre en compte ce qui se passe avec les pensées et les perturbations. Alors, d’elles-mêmes elles disparaîtront ! Et même si elles ressurgissent par la suite, également alors il convient de ne pas du tout les examiner. Assurément, elles finiront par être éliminées, même si cela se répète à de très nombreuses reprises, en étant fort et têtu, sans regarder en arrière. Cela constitue l’essentiel du conseil, pour parvenir à être effectivement occupé dans la Torah et la Tefilah. Ainsi automatiquement, ces éléments perturbateurs disparaissent. Par contre, en voulant lutter directement contre eux, avec ses pensées ou sa réflexion, pour les attraper, ils vont l’empêcher de prier correctement. Et ils vont se renforcer !

La Torah nous fait une allusion avec ce commandement (Devarim 22,6) « quand tu rencontres sur ton chemin un nid d'oiseaux », lorsqu’on est occupé avec quelques sujets de sainteté. Alors, notre occupation correspond au « nid d’oisillons ». Pour nous dire de prendre et d’élever les Nefashot qui sont tombées. Et plus particulièrement lorsque nous sommes investis dans l’étude de la Torah ou dans la Tefilah. Car cela correspond à « l’oiseau qui se tient sur l’eau qui lui arrive jusqu’aux talons » (Baba Batra 73:). Parce que la parole est nommée « oiseau ». Selon le verset (Kohelet 10,20) « la gent ailée rapporterait les propos ». C’est-à-dire que la volaille et les oiseaux, ceux qui possèdent des ailes, représentent la parole. C’est (Devarim 22,6) « la mère couvant les poussins ou les œufs », le principe (là-bas) « la mère sur sa couvée ». La réflexion dans l’esprit se situe constamment par rapport à la parole. La notion (Tikounei Zohar 1:) « dont les ailes ne sont pas entières ». 

Ce sont ces paroles qui n’expriment pas tout. Car les pensées intelligentes planent sur elles. Les pensées recherchent la plénitude et la grandeur. Mais, dans ce monde-ci, elles sont prisonnières des mauvais instincts matériels. Ils perturbent très fortement l’homme. L’essentiel de leur renforcement se situe dans la réflexion, au niveau de l’intelligence. Toutes leurs intentions s’inscrivent dans la transformation et la modification de la perception. Aussi, l’homme doit s’attacher à bien réfléchir intelligemment dans la sainteté. Pour, grâce à cela, « enfanter » dans la sainteté. Précisément, l’utilisation astucieuse de sa réflexion se renforce, selon le principe de la mère sur ses oisillons. Lorsqu’on veut exprimer le potentiel et mettre au monde des sujets dans la sainteté. Ce qui correspond (Ps. 51,7) « dans le péché que ma mère m’a conçu » ! D’où la mise en garde de la Torah (Devarim 22,7) « tu renverras la mère et tu prendras pour toi les petits ». Nous sommes ici mis en garde de ne pas courir après la mère, ce sont les perturbations dans notre esprit, ou les pensées que l’on poursuit et que l’on veut saisir. Car alors, on ne saisit ni ceci ni cela. Parce qu’il n’est pas possible de prier et en même temps de maîtriser les pensées qui nous assaillent.

Source : Elhanan Lepek