Parachat Noah'
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Les prémices de tous les fruits

Paracha Ki Tavo


Dans notre Paracha, il nous est commandé «tu prendras des prémices de tous les fruits etc.» (Dev. 26,2). Les prémices représentent le concept de renouvellement. En effet, chaque année, à nouveau, nous devons immédiatement, avant tout, les apporter au Sanctuaire devant Hachem. Pour Le remercier et Lui raconter tous les problèmes affrontés par Israël. Car grâce à Ses prodigieuses Bontés nous avons été sauvés, aussi bien individuellement que collectivement, depuis l’époque de nos Pères jusqu’à ce jour. Nous traversons tous également ce genre d’épreuve, les affrontements avec Ishmaël, avec Esaw, avec Laban, l’exil en Égypte, etc. 

Selon notre engagement, Il nous protège contre les incitations et renforcements du «mauvais instinct». Toutes leurs tentatives, tout ce qu’ils ne supportent pas et sont excités contre nous, vient de notre engagement à suivre les voies de Hachem. La transmission de l’héritage de notre Père Avraham, les enseignements de Moshe Rabenou, notre renforcement, malgré tout, dans la Emounah/la croyance dans le Créateur du monde. Ceux qui nous prennent en haine veulent détruire notre relation avec la Royauté céleste. Mais, le Saint, béni soit-Il, est présent pour nous venir en aide. Comme nous le disons dans la prière trois fois par jour «pour Tes Miracles prodigués chaque jour en notre faveur. Et pour Tes Prodiges de tous les instants… pour le bien. Car Tes Miséricordes n’ont aucune limite».


Voilà une règle pour la vie des plus importantes: l’homme doit commencer chaque journée, chaque instant, chaque fois à nouveau! Il ne faut pas s’appesantir avec ses pensées sur ce qui est déjà du passé. Chaque moment apparaît comme inédit, il doit être considéré comme un début. Nos Sages ZL ont mentionné le verset «ce que Je t’ordonne aujourd'hui» (Dev. 6,6), et Rachi explique «il ne faut pas qu’ils t’apparaissent comme un décret démodé, que plus personne ne respecte, mais comme un décret nouveau vers lequel tous accourent pour l’accueillir». Ils ont également dit «tous tes jours doivent être à tes yeux comme nouveaux» (Choulhan Arouh 61). Il est écrit «en ce jour tu es devenu un peuple» (Dev. 27,9), et Rachi commente «tous les jours doivent t’apparaître à tes yeux comme si aujourd'hui tu contractais avec Lui l’Alliance». En vérité, si l’homme examine correctement sa situation, il constatera qu’il traverse sans cesse toutes sortes de chamboulements, chutes, régressions ou affaiblissements. 

Tout cela découle de la multiplication de ses pensées. Elles se rapportent très souvent à ce qui s’est passé la veille, et ses éventuelles conséquences sur le lendemain, ou d’une heure en fonction de la suivante. La plupart des individus s’estiment eux-mêmes comme déjà expérimentés. Comme s’il avait déjà un vécu derrière lui. Les conduites sont devenues des comportements monotones, des routines. À tel point, il semble impossible d’envisager une autre direction. Comme il a parfaitement conscience s’être éloigné du droit chemin, il en vient à désespérer de lui-même, de pouvoir dorénavant se rapprocher vraiment vers Hachem. Même le peu d’engagements dans le service divin et l’accomplissement des commandements, cela est effectué par automatisme. Il les réalise sans enthousiasme. Tout cela à cause de ce principe de vieillesse qui l’assaille. Car se considérer comme étant déjà vieux provoque de graves empêchements. Par conséquent «il est interdit d’être vieux». Et cela s’adresse à quiconque, aussi bien à un vieux pieu qu’à un vieux Juste.

Il n’est pas nécessaire d’expliquer combien cette façon de concevoir la vieillesse de la vie est erronée et absolument éloignée d’une conduite correcte. Malgré tout ce que chacun peut s’imaginer ou sait avoir vécu, même avec ses habitudes ou les éventuelles mauvaises actions effectuées. Une telle personne enfermée dans cette forme de vieillesse, pour ne pas se perdre elle doit effectivement se réveiller et envisager l’existence sous une nouvelle vision. Cela constitue l’essentiel de sa remise en question. Et alors «ramène-nous vers toi, ô Éternel, nous voulons te revenir; renouvelle pour nous les jours d'autrefois» (Eiha 5,21). Cela s’applique et est valable aussi bien pour celui qui ne serait qu’un tout petit peu engagé sur le bon chemin, une personne déjà religieuse ou à un Juste. Car celui qui se considère comme un «ancien» et s’accommode avec ses coutumes, sa conduite n’est pas correcte. Comme il nous est enseigné «même un vieux Juste, cela n’est pas convenable». Ainsi, le «mauvais instinct» est appelé un vieux roi insensé.

L’essentiel de notre relation avec le service divin se situe dans notre créativité, dans notre enthousiasme. Le Prophète nous exhorte «ceux qui mettent leur espoir en Dieu acquièrent de nouvelles forces, ils prennent le rapide essor des aigles; ils courent et ne sont pas fatigués, ils vont et ne se lassent point» (Isaïe 40,31). D’où la nécessité d’envisager effectivement chaque jour sous un nouvel aspect, selon la notion «aujourd'hui Je t’ordonne» (Chemot 34,11, Devarim à de nombreuses reprises). Cette notion de «aujourd'hui» revient comme un leitmotiv, en particulier dans la récitation du Chema, tant elle est fondamentale.

Assurément, celui qui se renforce pour commencer à chaque occasion à nouveau, il ne chutera jamais de façon définitive. Même s’il se passe avec lui ce qui lui arrive. L’homme doit rejeter de son esprit absolument tous les événements qui se sont déroulés hier, ou même dans l’heure écoulée, s’ils représentent pour lui un obstacle. Il doit se voir naître maintenant. Cela doit correspondre à «l’Éternel m’a dit: Tu es mon fils, c’est Moi qui, aujourd’hui, t’ai engendré!» (Ps. 2,7). Il est également écrit «si seulement aujourd’hui encore vous écoutiez Sa Voix!» (Ps. 95,7). C’est la nécessité de considérer chaque jour, chaque moment, comme si ce jour, à cet instant je naissais et venais au monde. Et je veux commencer à connaître Celui qui a dit que le monde soit. Malgré tout ce qui a déjà pu se passer des milliers de fois, je veux à nouveau commencer à me rapprocher véritablement, même si je n’ai pas encore réussi. Et même si cela arrive après d’innombrables chutes. Il convient malgré tout de ne pas prendre cela en considération, mais l’oublier. Parce que ce jour, cette heure présente, là où il se trouve, il n’en a jamais existé de pareille dans le monde et le temps. Et qui sait tout ce qu’il est encore possible de mériter de cet instant.

Hachem renouvelle constamment, pour le bien, l’action de la Création. Le monde est en perpétuel mouvement, aucun jour, aucune heure, ne ressemble à l’autre. Il se trouve de très longs développements, dans les écrits du Ari ZL, sur cette notion des infinis changements qui se produisent tous les instants dans tout l’univers. Celui qui veut ouvrir les yeux, il saisira avec son intelligence, l’absolue impossibilité, pour un esprit humain, d’appréhender cela dans le détail. À ce sujet le roi David s’est exprimé «dessille-moi les yeux, pour que je puisse contempler les merveilles issues de Ta Torah» (Ps. 119,18). Et le roi Shlomo a écrit «je disais: "je voulais me rendre maître de la sagesse!" Mais elle s'est tenue loin de moi» (Kohelet 7,23). Tous ces incalculables changements dans les mondes, tout cela pour rapprocher et attirer sans cesse les résidants de ce monde vers Lui. Là apparaît tout le sens de la finalité de la Création. Pour permettre à cet homme, précisément ici-bas de Le connaître. Les événements et les évolutions dans notre univers offrent à chacun des allusions. En fonction de leurs spécificités, elles donnent à chacun d’entre nous, qu’importe où nous nous situons, des opportunités toujours renouvelées pour se rapprocher de Lui, pour Le servir. Par conséquent, il est impossible de se baser sur un jour ou un autre, de l’un par rapport à l’autre, en raison des constants changements. 

Car à cet instant il lui est donné la possibilité d’agir et de satisfaire Son Créateur. Du fait que tout est mis en œuvre pour chaque homme, il en résulte l’obligation de considérer «pour moi le monde a été créé» (Michnah Sanhedrine 4,5). Donc, chacun doit tout le temps avoir la conviction, tous les jours de son existence, qu’à ce moment précis il peut commencer. Et il ne doit pas du tout prendre en considération ce qui s’est passé avec lui précédemment, ou ce qui pourrait bien lui arriver par la suite. Maintenant, il doit se renforcer lui-même pour dans toute la mesure de ses possibilités, s’occuper dans la Torah, la Tefilah et l’accomplissement de quelques commandements. Et si à cet instant présent il ne parvient pas à réaliser quelque chose, alors facilement il peut rester silencieux, languir et désirer vouloir s’attacher au bien. Parce que la volonté et les languissements dans le domaine de la sainteté sont extrêmement précieux.

Il n’existe pas d’autre conseil pour être sauvé, si ce n’est une Emounah entière et intègre dans Hachem. C’est le principe «Tes Bontés et miséricordes… se renouvellent chaque matin, infinie est ta bienveillance» (Eiha 3,23). C’est-à-dire notre reconnaissance de cette véritable vérité: nous ne savons ni ne comprenons absolument rien du tout! Nous devons seulement nous renforcer dans la sainte Emounah, celle que nous ont transmise nos Pères, nos Sages ZL ou nos ancêtres. Alors, rien au monde ne peut venir nous perturber. Nous ne savons rien, si ce n’est ce que nous enseignent nos Sages ZL. Ils nous ont démontré la nécessité de briser tous les instincts. Assurément, il est préférable de s’enfuir d’eux, comme l’on s’enfuit du feu. Tout comporte un grave risque de porter atteinte à notre Nefesh/âme. Comme tout ce qui ne correspond pas à la Volonté de notre Créateur. Ils nous apprennent aussi que même si quelqu’un agit comme il n’aurait pas dû, même s’il a transgressé la Torah, malgré tout il n’existe absolument aucun désespoir dans le monde. S’impose donc à nous l’obligation de recommencer à chaque fois à nouveau. La Grandeur de Hachem se dévoile lorsqu’une personne éloignée de Lui effectue un retour vers la sainteté, lorsqu’elle se renforce dans la Emounah, Le reconnaît et Lui exprime des louanges. Cela correspond à la nécessité de toujours se renouveler selon cette notion des prémices.

Chabat Chalom - Chanah Tovah veKetivah veHatimah Tovahs
Kupath Rabbi Meir Baal Haness
Elhanan

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