Parachat Tazria, Metsora
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Poussières d’étoiles

Paracha Haye Sarah


Notre Père Avraham n’a pas voulu recevoir le Caveau de Mahpela, où enterrer sa femme Sarah, en cadeau de Efron. Les lettres composant le nom de ce personnage forment le mot «poussière». La poussière se rapporte au mal inclus dans l’attribut de poussière. Il est «le serpent se nourrit de poussière» (Isaïe 65,25), et il été dit au serpent «tu te nourriras de poussière tous les jours de ta vie» (Ber. 3,14). Cela évoque un principe de tristesse, de paresse, de négligence. Comme la lourdeur attirée par le mal situé au niveau de la poussière. La tristesse représente une prédisposition particulièrement préjudiciable et méprisable, dont il faut s’efforcer de s’éloigner. 

Elle provoque des dommages par les empêchements de se conduire comme il conviendrait. Elle découle d’un manque de Emounah/croyance. Car il est évident, pour celui qui croit vraiment et sincèrement, que Hachem se tient proche de lui, qu’Il entend tout ce qu’exprime sa bouche, et Il entend la voix de ses prières. Assurément, alors il ne peut pas en venir à ressentir de la tristesse, devenir paresseux, lorsqu’il s’attache à la Tefilah/prière. Il est possible de dominer ce principe de «poussière» au moyen de la «poussière dans la sainteté». C’est le principe de la Emounah: «aie confiance en Hachem, agis bien, tu seras proche de la terre en développant la confiance» (Ps. 37,3). Lorsque tu es proche de cette poussière, tu es attaché à la sainteté. Il devient possible d’attirer et de recevoir toute l’existence et toutes les saintetés. Il devient possible de mériter la force pour grandir dans Son Service. Et de se développer même au moyen des empêchements et des obstacles. Voilà pourquoi Avraham voulait, comme il est écrit, «qu'il me le cède pour de l’argent comptant» (Ber. 23,9).

Du fait de l’extrême sainteté de ce lieu, lorsqu’il s’était trouvé sous la main de Efron, d’innombrables «écorces» l’entouraient. Raison pour laquelle tout était obscurité et ténèbres, «Je revêts les cieux d'un crêpe et je les drape du sombre cilice» (Isaïe 50,3). La notion des cieux renferme le principe de feu et d’eau. C’est-à-dire de crainte et d’amour. C’est la noirceur revêtue dans l’obscurité le «drapait» comme un sombre cilice. Pour nous signifier combien pour Efron la crainte et l’amour étaient des notions obscures. Il était dans l’incapacité de saisir toute la lumière émanant d’Avraham. De lui, il aurait pu recevoir la crainte et l’amour.

 Parfois, ainsi chez quelques personnes, toute leur vision peut devenir extrêmement troublée. Alors, Efron ne parvient pas à comprendre ni à voir, toute la lumière projetée. Il aurait pu s’en inspirer, et atteindre grâce à elle sa bonne destinée. De là-bas émane une très puissante lumière accessible seulement en la méritant. Mais pour lui, il s’agissait d’un lieu ténébreux rempli d’obscurité. Raison pour laquelle avec une grande satisfaction il a été disposé à le vendre à Avraham. Ainsi, la lumière de grandes personnalités, qui éclaire le monde entier, peut paraître pour certains entièrement opaque. Ils ne voient rien de particulier dans ces personnalités, ils ne ressentent pas du tout l’éclairage lumineux émanant d’eux. Par conséquent, au contraire, ils en viennent à les dénigrer, tant leur vision est entièrement noircie. Cela provient de leurs actions et de leurs pensées qui obstruent leur vision. 

À cause de leurs consommations incorrectes, de leurs agissements, toutes leurs réflexions se perdent dans de mauvaises conceptions, dans des idéologies déplacées et étrangères. Comme il est écrit «dénué de raison, ils ne Me connaissent pas; ce sont des enfants insensés, sans aucun discernement, intelligents seulement pour faire le mal, incapables de faire le bien» (Jérémie 4,22). À cause de leurs mauvaises actions, ils ne parviennent pas du tout à utiliser comme il conviendrait leur intelligence, si ce n’est pour le mal. À cause de cela, ils sont dans l’incapacité de distinguer et de voir la lumière émanant de personnalités comme celle d’Avraham.

(La réparation pour annuler et dominer les dysfonctionnements de sa réflexion dépend de l’Autel. Car l’essentiel de l’alimentation de la stupidité, le concept des «écorces», provient de la nourriture. C’est pourquoi la Guemara (Berahot 55.) nous enseigne «la table de l’homme lui procure la réparation». Cela se réfère à son alimentation. Ainsi, même après la consommation d’une personne intègre et Casher, celle-ci ressent quelques perturbations dans son esprit. Car la stupidité passe par là. D’où la nécessité de ne pas donner de l’existence aux écorces. Mais, seulement ce qui est absolument vital, et pas plus. Et lorsque sa consommation est convenablement Casher, alors les écorces sont dominées. Parce qu’il ne leur donne aucune force. Seulement le nécessaire à son existence. Ainsi sa réflexion parvient à s’élever.)

C’est pourquoi il n’était pas possible de prendre quoi que ce soit de Efron sous la forme d’un cadeau. Mais seulement au moyen de lui remettre de l’argent comptant. Parce qu’il est impossible d’acquérir et d’élever de la sainteté gratuitement. Et plus particulièrement une sainteté tellement élevée. Alors, Avraham lui a remis la somme de quatre cents sicles d’argent. Cela se rapporte à ce que nombre de personnes ressentent dans leur for intérieur une attirance voilée pour languir et se rapprocher de ces délices spirituels. Parce que l’argent en possession d’Avraham possédait une extrême sainteté. Dans cet argent étaient imprégnés tous les rayonnements supérieurs. Ils représentent la Grandeur du Créateur. Il s’agit d’argent accepté partout, avec lequel s’effectuent tous les échanges des négociants dans le monde entier. Parce que toutes les transactions s’effectuent au moyen d’argent. 

Comme il est écrit «l’argent répond à tout» (Kohelet 10,19), du fait que dans cet argent se retrouvaient tous ces quatre cents rayonnements supérieurs, qui sont toutes ces attentes extrêmement élevées. Aussi, grâce à la puissance revêtue dans ces quatre cents sicles d’argent, Avraham a acquis d’Efron le Caveau de Mahpelah. Et grâce à cette somme d’argent, il a dévoilé la Grandeur du Créateur. Et ainsi, il a dominé les écorces incrustées là-bas. Elles sont tombées et ont été annulées. Alors se sont dévoilés et ont été élevés le champ et le Caveau acquis par Avraham. Comme il est écrit «et ainsi fut dévolu le champ d’Efron» (Ber. 23,17). Rachi précise dans le sens «de l’élévation» du champ lorsqu’il sortit de la main d’Efron. Cela grâce à ces dévoilements mentionnés. Mais, évidemment Efron n’a pas du tout pu profiter de ces rayonnements. Car, aussitôt qu’il fut en possession de cet argent, ceux-ci ont disparu!

De même, le roi David n’a pas voulu acquérir gratuitement l’aire de Arvena, ce qu’est devenu l’emplacement du futur Sanctuaire. Seulement au moyen d’argent, comme il lui répondit lorsqu’il était disposé à l’offrir, «je veux te l’acheter et le payer, je ne veux pas, sans bourse délier, offrir des holocaustes» (Samuel II 24,24). Il savait que seulement au moyen de cet argent déboursé il était possible de maîtriser les écorces qui entouraient cet emplacement. Seulement grâce aux rayonnements se trouvant dans l’argent et dans l’or. Comme cela est rapporté dans le livre des Chroniques I à deux reprises avec de «l’argent comptant» (21,22 et 24). Car là-bas il était nécessaire d’élever cette extrême sainteté. Car il s’agit de l’emplacement du saint Sanctuaire et du Saint des Saints. Il s’est donc trouvé dans l’obligation de parvenir au dévoilement de tous les rayonnements dans l’argent et dans l’or pour dominer les écorces qui entouraient cet endroit. Plus la sainteté est élevée, ainsi celle-ci se trouve encerclée par d’autant plus d’écorces. Et il est nécessaire d’attirer encore plus de rayonnements pour parvenir à les dominer et les supprimer grâce à cela.

Ces lieux renferment une impressionnante sainteté. Le Caveau de Mahpelah évoque la porte du Jardin d’Éden, du Paradis. À travers lui s’élèvent toutes les Nechamot/âmes vers l’Arbre de vie, etc. De même, l’emplacement du Sanctuaire invoque la porte des cieux. Et l’essentiel de leur sainteté découle du dévoilement particulièrement fort qui émane de la Présence. Cela institue toute la sainteté de la terre d’Israël. Évidemment, également dans le pays d’Israël lui-même, plus la sainteté est grande, ainsi se dévoile encore plus la Présence. 

Mais, certains de ces endroits étaient auparavant dans la possession de «l’autre tendance», comme celui de Efron le Hétéen ou de Arvena le Jabuséen. Il en va ainsi pour tous les lieux où se situe, dans ce monde matériel, une impressionnante sainteté. Cette domination de l’autre tendance établit l’essentiel de l’hérésie de s’en remettre uniquement aux forces naturelles. C’est la raison pour laquelle il n’était pas possible de leur soutirer pleinement la sainteté de ces lieux, si ce n’est avec leur entier consentement et leur bon vouloir. Cela au moyen de l’argent et pas de façon gratuite. Parce que l’argent représente l’ensemble des influences et des persuasions. Toute l’erreur de ceux qui s’en remettent aux forces de la nature, ce qui est une forme d’idolâtrie, découle de leur désir d’argent. C’est pourquoi il est impossible de recevoir d’eux quoi que ce soit, si ce n’est au moyen de l’argent. Ainsi se sont conduits Avraham et David.

Seulement en prenant conscience de la Grandeur du Créateur il devient possible de dominer les «écorces», tout ce qui est représenté par l’imagination, les pensées, les envies, les perturbations, etc., à n’importe quel niveau l’on se situe. Cela exige de s’engager pour réaliser le potentiel se trouvant au plus profond de soi. La nécessité de concrétiser effectivement son intériorité, malgré tout. Le dévoilement de la Grandeur du Créateur est rendu possible au moyen de la bienfaisance distribuée à des nécessiteux intègres, dans des actes qui nous coûtent, pas gratuitement. C’est l’essentiel pour étendre les rayonnements supérieurs contenus dans l’argent et l’or. Ils éclairent particulièrement lorsque cet argent se trouve à sa vraie place, possédé par la personne correcte qui convient. Il a été dit au Prophète «tu es Mon Serviteur Israël, c’est par toi que Je Me couvre de gloire» (Isaïe 49,3). Lorsqu’on est attaché à faire resplendir ces rayonnements, cela revient à diffuser la Grandeur du Saint, béni soit-Il. C’est le principe «à Moi appartient l’argent, à Moi l’or, dit Hachem Tsvaot» (Hagaï 2,8).

Mais quand l’argent ou l’or est possédé par des idolâtres, alors ces rayonnements sont voilés et ils n’éclairent pas du tout. Parce que leur place n’est pas là-bas. Raison pour laquelle ils veulent tellement s’approprier l’argent appartenant à quelqu’un d’Israël. Bien qu’eux-mêmes possèdent beaucoup d’argent et d’or. Malgré tout ils désirent cet argent comme s’ils n’en avaient jamais vu. Parce que ce qu’ils possèdent ne projette aucune lumière. En ce sens ils sont appelés «pauvres». Ils sont considérés comme pauvres, parce qu’ils ne retirent aucune satisfaction de leur argent. Ils veulent la splendeur qu’ils perçoivent dans l’argent d’Israël. Chacun désire voir et posséder ce qui resplendit.

Source: Elhanan Lepek

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