Parachat Noah'
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La Sainteté d’un Cohen

Paracha Emor


Le début de notre Parasha traite des règles concernant les Cohanim, comme l’interdiction de l’impureté mortuaire pour un Cohen ; les femmes avec lesquelles un Cohen est autorisé à se marier ; la Sainteté d’un Cohen ; le châtiment prévu par la Torah pour la fille d’un Cohen qui se livre à la débauche….

« Ils seront saints pour leur D., et ne profaneront pas le Nom de leur D., car ce sont eux qui offrent les sacrifices d’Hashem, ainsi que le pain consacré à leur D., et ils seront saints »(Vaykra chap.21 – 6, début de notre Parasha)

Dans son livre Vayomer Avraham, le Gaon Rabbi Avraham Morde’haï PATAL z.ts.l (beau père de notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita) fait remarquer qu’il y a une Hala’ha tranchée dans le Shoul’han ‘Arou’h par le RAMA(O.H.128-45) :

« Il est interdit de se servir d’un Cohen, même de notre époque, car cela est considéré comme porter atteinte aux choses sacrées du Beit Ha-Mikdash (le Temple de Jérusalem), sauf si le Cohen pardonne le fait que l’on se serve de lui. »

Selon cette Hala’ha, il est interdit de demander un service quelconque à un Cohen, sans obtenir de lui préalable, son pardon sur le fait qu’on lui demande ce service.

L’auteur du Touré Zahav(le TaZ) commente (note 39) :
On raconte qu’un jour, un Cohen versa de l’eau sur les mains de Rabbenou Tam.
Un élève présent, fit la remarque :
« Pourtant il est enseigné dans le Talmud Yéroushalmi qu’il est interdit de se servir d’un Cohen ? »
Rabbenou Tam répondit :
« De notre époque, les Cohanim ne possèdent plus de sainteté, car selon la règle, s’ils portent sur eux les habits sacerdotaux, ils possèdent la sainteté ; s’ils ne portent pas les habits sacerdotaux, ils ne possèdent plus la sainteté. »
L’élève rétorqua :
« Si c’est ainsi, il ne faut plus leur accorder de sainteté dans le moindre domaine (il n’est plus nécessaire que le Cohen soit appelé en premier à la Torah, il est donc autorisé à se rendre impure pour un mort…) ?! »
Rabbenou Tam se tut.
Le TAZ explique que la raison du silence de Rabbenou Tam ne signifie pas qu’il ignorait la réponse, mais seulement qu’il ne voulait pas prendre la réputation d’un Talmid ‘Ha’ham(un érudit dans la Torah) à qui il est permis de se servir d’un Cohen.

Tout ceci veut dire que lorsque le Cohen ne retire aucune satisfaction du service qu’on lui demande, il est interdit de se servir de lui, même s’il pardonne.

Par déduction, lorsque le Cohen tire satisfaction du service qu’on lui demande, il est permis de se servir de lui, après lui avoir demander pardon.

Grâce à cela, les commentateurs expliquent ce qui est rapporté dans la Guemara Bava Metsi’a(85b) :
Le Prophète Eliyahou avait l’habitude de rendre visite à Rabbenou Ha-Kadosh (Rabbi Yehouda Ha-Nassi).
Un jour de Rosh ‘Hodesh, le Prophète Eliyahou tarda à venir.
Lorsqu’il arriva, Rabbenou Ha-Kadosh lui dit :
« Comment ce fait-il que tu as tardé aujourd’hui ? »
Le Prophète Eliyahou lui répondit :
« Car j’ai du aller laver les mains de Avraham Avinou, et il a fallut ensuite que j’attende qu’il finisse sa prière et qu’il aille se recoucher. De même pour Its’hak, de même pour Ya’akov. »

Or, on peut poser la question :
Le Prophète Eliyahou n’était-il pas Cohen (d’après la tradition, Eliyahou Ha-Navi et Pin’hass sont la même personne) ?! Comment les Avot (les Patriarches) ont-ils pu se servir de lui ?!

Mais à la lueur de ce que l’on a dit au nom du Touré Zahav, cette question n’a pas lieu d’être.
En effet, il est certain que le Prophète Eliyahou retira une certaine satisfaction du fait de servir les Patriarches du Monde (Avraham, Its’hak et Ya’akov), et c’est pourquoi, les Patriarches étaient autorisés à se servir de lui.

Nous comprenons mieux la répétition qui apparaît dans notre verset :
Ils seront saints pour leur D. Ils servent Hashem. Mais leur sainteté n’est peut être existante que lorsqu’ils portent les habits sacerdotaux ? Le texte répond : et ils seront saints. Ils seront saints de par eux même, même en l’absence des habits sacerdotaux.

Il est donc interdit de se servir d’un Cohen, sauf lorsqu’il en retire lui aussi une satisfaction, comme dans l’histoire avec Rabbenou Tam, citée plus haut.

Source: Halakha Yomit


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