Parachat Vayigach
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La vraie compassion

Paracha Chemot


« Moïse grandit, il alla parmi ses frères et vit leur profonde détresse » (Chemot 2 : 11).

Rachi commente : « Moïse leur prêta une grande attention, entrevit leurs souffrances et en fut très affligé ». 

Conscient de la peine endurée par le peuple juif, Moïse fit plus que partager leur douleur par la pensée… Moïse, pour sa part, délaissa son bien-être et son confort pour partager le difficile sort de ses frères juifs… et il s’empressa de leur apporter son aide effective. 

Le Midrash rapporte que Moïse vit leurs souffrances et s’épancha dans un sanglot : « Cela me désole de vous voir ainsi. 

Si seulement, je pouvais mourir pour vous éviter tant de peines… et Moïse les aida à transporter leurs lourds chargements sur ses épaules ».
Moïse insista pour partager leurs souffrances afin, d’une part, d’alléger leur tâche, mais surtout, pour mieux les connaître et les comprendre…

Son implication, profondément sincère et affective, fut la raison pour laquelle il ne put admettre l’injustice dont ils étaient victimes.
Lorsqu’il vit deux juifs se battre, il intervint promptement « Pourquoi vous battez-vous l’un l’autre ? » 

Cette même sensibilité poussa Moïse à secourir les filles de Yithro des mains des bergers malfaisants qui les empêchaient d’abreuver leur troupeau.
Moïse, profondément peiné à la vue de la souffrance humaine, s’ingénia toujours à assister les personnes en danger ou dans le besoin.

Le Rabbi de Gour, Sfat Emet, avait l’habitude de dire que l’habilité de chacun à s’aider soi-même se mesurait à l’aune de ses facultés à aider son prochain.
Une femme enceinte rendit un jour visite au Rav Haïm Brisker et lui dit qu’elle devait accoucher incessamment mais qu’elle n’avait pas les moyens de subvenir à ses besoins ni à ceux de l’enfant à naître. 

Le Rav demanda à son épouse « Pourquoi n’y a-t-il pas d’association humanitaire qui s’occupe de venir en aide à des femmes dans cette situation ? » La Rabbanite lui dit qu’elle connaissait cette dame et qu’elle avait appris que son mari l’avait abandonnée depuis plusieurs mois, la laissant sans ressources… 

« Dans ce cas, nous devons accueillir cette jeune femme, prendre soin d’elle pour l’accouchement et lui accorder des subsides pendant deux ans, le temps qu’elle puisse rétablir sa situation », affirma le Rav .
C’est ce qui arriva. Le Rav Haïm s’occupa de la Brit Mila qui eut lieu chez eux et il assura la subsistance de la mère et de l’enfant comme promis (Ouvdot vé Anhagot le Beth Brisk).

Le fait d’avoir partagé la peine de son prochain représentait pour le Rav Haïm Brisker une mitsva aussi importante que celle de prier ou d’étudier la Torah « Quand une âme en peine me rend visite, disait-il, ses problèmes me touchent tant que j’en perds mon appétit et mon sommeil » (Er’Ah le Anav).

Le Rav Zalman Montzapi organisa un jour une grande manifestation au profit des couples sans enfants. Il demanda qu’une liste des noms de ces couples soit établie afin qu’il puisse prier pour eux…
Quand les gens arrivèrent à la Maison d’études où se déroulait la manifestation, le Rav Zalman, à la vue du très grand nombre de personne, éclata en sanglots « C’en est trop, c’est au-dessus de mes forces, pleurait-il.

Je ne puis assumer le fardeau de tous ces gens ! Hakadoch Barouh Hou, vois le chagrin de tous ces gens en grand désarroi… Que leurs noms s’élèvent vers Toi pour que Tu leur accordes la joie d’enfanter » (Olamo shel Tsadik).

Source: cyber-contact.com.

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