Parachat Vayigach
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La Pure Vérité

Paracha Chemini

« Moïse entendit et approuva… » (Vayikra 10 : 20).

Rachi commente « Il reconnut son erreur et n’eut pas honte de dire : Je ne m’en souvenais plus ».
La Guemara (Zevahim 101a) précise : il reconnut et, au lieu de dire « Je ne l’avais pas appris », il n’eut pas honte de dire « Je l’ai appris mais je l’ai oublié ». 

Moïse avait oublié que l’ordre de consommer la viande, tout en étant en deuil, ne concernait que les sacrifices exceptionnels et non les sacrifices permanents. 

De plus, il tint à faire une déclaration devant tout le peuple pour reconnaître qu’il avait oublié cette règle et que c’est son frère Aaron qui la lui rappela. 
Pourquoi Moïse insista-t-il autant pour informer le peuple de son erreur ?

Tout simplement, pour enseigner au peuple juif des temps présent et à venir qu’un homme, quelle que soit son importance, se devait de reconnaître son erreur et se plier aux exigences de la Vérité.

Le Steppler précise que la grandeur de Moïse Rabénou était telle qu’il ne supportait pas d’exprimer une parole qui ne fut complètement vraie, même si ce faisant, elle pouvait lui causer une gêne certaine.

En fait, il n’aurait pas menti s’il avait simplement dit « Je ne sais pas » mais ce n’était pas l’exacte vérité et il tint à dire à toute la nation que, bien qu’il ait appris cette Halakha, il l’avait oubliée…

Nous retrouvons souvent dans la Guemara, un Tana ou un Amora, qui dit « Ce que je vous ai dit précédemment est erroné » (Shabbat 63b, Erouvim 16b) et nos Maîtres informent le lecteur de treize endroits dans la Guemara où l’on trouve cette expression.

Rabba Bar Houna expliquait « qu’une personne ne peut réussir dans l’étude de la Torah sans trébucher de nombreuses fois le long du chemin ».

Rachi précise qu’une personne n’arrive à comprendre réellement qu’après s’être trompé et avoir reconnu son erreur, ce qui lui permet de ré-analyser le concept jusqu’à ce qu’il devienne tout à fait clair à ses yeux… Pour sa part, Rachi a plusieurs fois indiqué très humblement « Je ne connais pas cette source… ».

Le Rav Zalman Meltzer voyagea un jour à Drozgnick pour rendre visite au Rav Haïm Solvechik.
A cette occasion, le Rav Haïm raconta au Rav Zalman un événement qui se produisit lorsqu’il commença à enseigner à la Yechiva de Volozhin. 

« Comme cela arrive souvent à l’occasion d’une nomination, il y eut certaines personnes qui n’approuvèrent pas ma désignation; au cours des premiers jours, je donnais une leçon et, après avoir lu la Guemara, je dis aux étudiants « Je n’ai aucun commentaire à faire sur cette Guemara et je descendis de ma chaire. »

Les étudiants furent évidemment très choqués par mon attitude . 

Le Rav Haïm expliqua à Rav Zalman pourquoi il s’était comporté ainsi : « Sur mon chemin vers la Yechiva, ce jour-là, je pensais à cette Guemara et réalisais que certains passages étaient pratiquement incompréhensibles, d’autant que plusieurs autres Guemarot opposaient un démenti à tout ce que je me proposais de dire. 

Je savais pourtant que personne n’aurait songé à ces contradictions… Alors que je m’approchais de la Yechiva, je trouvais une réponse fantastique et j’étais convaincu que ma nouvelle approche allait séduire les étudiants… mais n’étant pas sûr à cent pour cent que ma thèse était réellement vraie, je décidais finalement de ne pas la livrer et c’est pourquoi j’ai évité de donner un avis sur cette Guemara » (Derekh Etz Haïm).

A l’occasion de l’audition du Rav Chlomo Zalman Auerbach pour le poste de Roch Yechiva de la Yechiva Kol Torah, le Rav Yona Martzbach lui posa une question de Guemara et, sans hésitation aucune, le Rav Chlomo Zalman répondit : « Je ne sais pas ». 

Quand il rentra chez lui, il dit à sa femme que l’entretien avait été difficile et qu’il ne serait certainement pas accepté à la tête de la Yechiva… Sur ces entre faits, le Rav Yona apparut sur le seuil de la porte du domicile de Rav Zalman et lui dit « Au nom du Comité de la Yechiva, je vous prie instamment d’accepter de devenir notre Roch Yechiva; notre décision a été prise à l’unanimité ». 

Le Rav Yona tint à préciser au Rav Zalman que sa désignation était due justement du fait de sa réponse « Je ne sais pas » qui avait entraîné l’unanimité. « Quand vous avez répondu que vous ne connaissiez pas la réponse, j’ai perçu la lumière de vérité qui brûlait en vous. 

Vous saviez combien l’interview était primordiale pour votre nomination et pourtant vous n’avez pas essayé d’éluder la question ou de la contourner et votre franchise nous a amenés à conclure que vous étiez la personne que Dieu nous avait envoyée pour diriger notre Yechiva. 

Nos étudiants pourront ainsi s’inspirer de votre honnêteté et de votre quête de vérité, ce qui les aidera à s’élever dans la connaissance de la Torah et des Midot Tovot … »

Quand le Rav Yona finit de s’exprimer, le Rav Chlomo Zalman prit la liberté de lui dire qu’il aurait pu répondre à la question posée de différentes manières mais qu’il craignait que sa réponse ne fut pas tout à fait conforme à la Vérité (Hameor Hagadol).


Source: cyber-contact.com

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