Parachat Vayetse
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Un cœur endurcit

Paracha Bo


La Sortie d’Égypte s’est concrétisée effectivement lors de la plaie de la mort des premiers-nés égyptiens. Tous les précédents prodiges n’ont pas suffi pour soumettre pleinement Pharaon. À chaque fois, il a endurci son cœur. Jusqu’à ce qu’il soit frappé par cette dernière plaie contre les aînés de l’Égypte. Au moment même où les aînés israélites ont été sauvés, Pharaon a été contraint de constater que le principe des aînés de «l’autre tendance» est dominé par le principe de l’élévation et de l’importance des aînés dans la sainteté. Parce qu’ils correspondent au service de la Tefilah/prière. Alors s’est dévoilés l’influence et l’impact de la Tefilah d’Israël, de leurs cris de supplication durant tout l’exil. À ce moment, ils ont été libérés et ils sont sortis d’Égypte. Dès lors, les aînés ont été sanctifiés, comme il est écrit «sanctifie-Moi tous les premiers-nés, etc.» (Chemot 13,2). 

Car l’Éternel fait en sorte que pour chaque chose, chaque événement existant, il est également possible de découvrir son contraire. De même qu’il existe ce principe des aînés dans la sainteté, la sainteté d’Israël, cette notion du service de la Tefilah, on trouve également ce principe de l’aînesse pour «l’autre tendance», représenté par Amalek. Il correspond à la notion de Amalek est la tête des nations. Pour nous apprendre que l’écorce d’Amalek se renforce constamment face au principe de l’aînesse dans la sainteté, ce qu’est la Tefilah.

Pour nous enseigner, lorsqu’on obtient quelque chose au moyen de la Tefilah, correspondant à la notion d’enfantement du premier-né, il (Amalek) se renforce en faisant pénétrer de l’hérésie et de l’oubli dans le cœur. C’est la raison pour laquelle Amalek est appelé la tête des nations. Parce qu’il se renforce

contre ce principe du commencement. Contre tout ce qui est relatif à l’aîné. Cela se passe comme si Hachem n’avait pas du tout encore commencé à entendre notre Tefilah. Ainsi, à partir de cette notion d’Amalek, la tête des nations, se trouve la source du principe des aînés de l’Égypte. Parce qu’Amalek inclut toutes les nations, et plus particulièrement l’Égypte. Il est le ministre tutélaire de l’Égypte. C’est Edom qui est Amalek. Raison pour laquelle, quand Hachem a frappé les premiers-nés égyptiens, grâce à cela a cessé et a été coupée l’alimentation à la source de l’Égypte du principe de l’écorce d’Amalek. Et ainsi toute la délivrance a été rendue possible. Car cette écorce ne possédait plus la force nécessaire à ce moment pour continuer à endurcir son cœur. Dès lors, Pharaon a été contraint d’accepter de les laisser sortir.

Mais en fait, Amalek lui-même, alors il n’est pas tombé. Il y eut seulement une interruption dans l’alimentation pour Pharaon et pour l’Égypte. Elle était la conséquence de la plaie de la mort des premiers-nés. Il s’en est suivi qu’après la Sortie d’Égypte des Hébreux, ils se sont à nouveau encore renforcés. Et le cœur de Pharaon et de ses serviteurs s’est métamorphosé. Ils se sont alors exclamés «qu’avons-nous fait là de renvoyer Israël!» (Chemot 14,5). Tout ce que représente l’écorce d’Amalek s’est réveillé et est revenu. Parce qu’à chaque fois, ils se réveillent et ils se renforcent. C’est ce qui est écrit dans le Midrach (Mehilta Bechalah 1) «ils ont dit, etc., parce que le peuple s’est enfui». Qui a communiqué cette information? C’est Amalek! Pour nous indiquer, il incite et excite Pharaon, en lui faisant savoir qu’Israël s’est enfui. Pour qu’il se renforce et se mette à leur poursuite. 

Ainsi sont tous les agissements d’Amalek. Il se renforce constamment, et développe tout pour l’oubli. Il réussit à faire pénétrer dans le cœur de fausses appréciations et provoque la perte de mémoire. Comme s’il n’existait aucune possibilité de se libérer, de se sauver! Voilà la raison pour laquelle, même après que Pharaon et son armée ont été totalement engloutis dans les flots, il se renforce lui-même. Il ne tient pas du tout compte de tous les prodiges et de toutes les délivrances suscités par Hachem en notre faveur. Il vient nous combattre. Il représente tous les commencements. Il se renforce contre le principe de l’aînesse, du commencement, du service de la Tefilah. D’où la nécessité que ce soit Hachem Lui-même qui vienne lutter contre lui dans chaque génération.

De là découle ce principe d’invoquer la délivrance juste avant d’entamer la Tefilah. Lorsqu’on pénètre dans la Tefilah, pour exprimer nos prières pour nos besoins durant la prière de Chemonah Essrei. Alors, nous mentionnons la délivrance de l’Égypte, et la domination de l’aîné de «l’autre tendance». Nous disons «Tu as tué tous leurs premiers-nés, mais les Aînés d’Israël, Tu les as sauvés». Ainsi, nous nous remémorons ce qu’Israël a déjà obtenu au moyen de leur Tefilah. Cela correspond à l’enfantement dans la sainteté. C’est tout le principe du service de la Tefilah. Grâce à cela, nous renforçons nos cœurs en nous adonnant à la prière. Et alors, nous pouvons commencer à exprimer notre prière. Car l’essentiel du renforcement, à ce moment, découle du principe de l’enfantement de l’aîné. C’est tout ce que représente la délivrance de l’Égypte. Nous nous rappelons, pour nous-mêmes, tout ce que nous avons déjà réussi à accomplir et à réaliser grâce à nos Tefilot.

Nous pouvons en tirer cet enseignement, l’écorce d’Aman-Amalek vient affaiblir le cœur des enfants d’Israël vers la fin de la délivrance, au moment où ils vont être sauvés. Pourtant, seulement encore quelques Tefilot s’avèrent nécessaires pour terminer la construction du Tabernacle. Pour arriver à la concrétisation de Ses Miséricordes, et qu’Il revienne vers nous face à face. Mais eux, au moyen de leurs turpitudes, de leurs combines, ils affaiblissent le cœur de l’homme. Ils font comme si l’espoir était perdu, lorsque nous constatons la prolongation de l’exil. Pourtant, nous crions tellement, et nous ne sommes pas encore exaucés. Ainsi l’explique le Ari ZL (Pri Ets Haim, Pourim 85). Car alors, à la fin de l’exil babylonien, Aman s’est renforcé. Alors, la réparation supérieure avait déjà commencé, pour qu’ils puissent se retrouver face à face. Mais Aman a voulu annuler cela. À cette fin, il s’est beaucoup renforcé pour empêcher la reconstruction du Sanctuaire. Il s’ensuit, au moment où la délivrance est proche, quand elle est prête à surgir, ils interviennent dans le but de supprimer cette possibilité. Ils font pénétrer dans le cœur comme si toutes les prières étaient vaines, comme si elles n’avaient absolument aucun impact. Raison pour laquelle Aman a voulu entièrement anéantir Israël, les éliminer, les tuer. Car l’essentiel de la force peut intervenir grâce à la Tefilah. Elle correspond au glaive, l’arme de combat du Mashiah. 

Ce sont tous les Justes, dans chaque génération. Mais, quand les pensées sont affaiblies en relation avec ce sujet de la Tefilah, de la prière, alors, à cause de cela eux se renforcent. C’est le principe de «au fil de l’épée tu vivras» (Berechit 27,40), en référence à Esaw, l’ancêtre d’Aman. Raison pour laquelle Aman a voulu entièrement les anéantir au moyen de l’épée. Celle-ci possède une force lorsqu’Israël ne se renforce pas dans la Tefilah, «le glaive, l’arme de combat d’Israël». Parce que lorsqu’Israël ne fait pas entendre «la voix est la voix de Yaakov» (Ber. 27,22), alors «les mains, ce sont les mains de Esaw» (Berechit Raba 65,20).

L’essentiel de leur force provenait de notre prosternation devant une idole durant les jours de Nabuchodonosor. Et parce qu’ils ont joui du festin de ce mécréant (Meguilah 12.). Ils se sont également trompés au sujet des femmes étrangères, ainsi nous l’indiquent nos Sages (ibid.). Toutes ces fautes sont relatives à des dévoiements concernant le service de la Tefilah. Car se prosterner devant une représentation constitue de l’idolâtrie. C’est de l’hérésie, l’opposé du service de la Tefilah. Elle est la Emounah/la croyance. Et se fourvoyer avec des femmes étrangères, se rapporte à une atteinte contre l’Alliance. Il s’agit d’une faute contre la Tefilah, qui correspond au glaive dans la sainteté. De là dépend la réparation de l’Alliance, le principe de «ceins ton glaive sur ton flanc» (Ps. 44,4). Et leur jouissance lors du festin organisé par ce mécréant Aman est relative à la faute dans le jugement. On l’évite au moyen de la bienfaisance. Car un repas dans la sainteté correspond à de la bonté, à de la générosité. Ce qu’est la réparation du jugement. «Le Juste se nourrit pour apaiser son Nefesh/âme» (Michlei 13,25). C’est «l'homme bon assure son propre bonheur» (Michlei 11,17). 

Comme le disait Hillel au moment où il s’apprêtait à manger «je vais prodiguer des bontés avec mon Nefesh» (ainsi l’ont dit nos Sages ZL, Midrash Rabah, Vayikra 34,3). Il est nécessaire de se nourrir avec mesure et retenue, selon le principe du jugement. Selon «il règle ses affaires avec équité» (Ps. 115,5). Et comme l’écrit le Prophète Yermiah «il mangeait et buvait, il pratiquait la justice et l'équité, et par là il fut heureux» (Jérémie 22,15). Parce que la réparation du jugement est possible grâce à la consommation dans la sainteté. C’est «heureux pays, si ton roi est un fils de nobles et si les grands mangent à l'heure voulue, pour prendre des forces» (Kohelet 10,17). Parce que le roi et ses ministres, lorsqu’ils sont occupés dans le jugement, doivent durant ces moments manger dans la sainteté et la pureté, avec un esprit apaisé. Pour ne pas en venir à détourner le jugement à cause de l’envie de goinfrerie. Il est enseigné que le superflu, dans la consommation de nourriture, provoque des détournements dans le jugement. Voilà la raison pour laquelle il n’est pas permis de manger avant la Tefilah/prière (Orah Haim 89,3). 

Comme il est écrit «vous ne mangerez pas sur le sang» (Vayikra 19,26). Pour ne pas en venir à se tromper dans le jugement, à cause de sa consommation. Ce qui a pour conséquence de porter atteinte contre la Tefilah. L’essentiel de la Tefilah est possible grâce au jugement. Esaw a fauté dans le service de l’aînesse, qui est un principe de Tefilah. Comme il est écrit «Esaw dédaigna le droit d’aînesse» (Ber. 25,35). Sa faute est la conséquence de son envie de nourriture, il a demandé à Yaakov «je t’en prie, donne-moi de ce rouge» (Ber. 25,30). Du fait de leur jouissance durant le festin de ce mécréant Aman, et la faute dans la consommation, à cause de cela leur jugement a été erroné.

Ce mécréant Aman a voulu se renforcer contre les saintetés d’Israël. Elles sont représentées par les Shekalim. Il a dit «dix mille Kikar d’argent, je les mettrai à la disposition pour être versé dans les trésors du roi» (Esther 3,9). La bienfaisance et la charité favorisent la réparation du jugement. Car il s’agit de la réparation de la Tefilah. Mais, Aman a voulu se renforce essentiellement contre la sainte Emounah/croyance. Elle est tout le service de la Tefilah. Car l’essence même de la Emounah dépend de la Tefilah. C’est la nécessité de la Emouna, de croire que Hachem peut tout, et Il est rempli de miséricorde. 

Il languit les Tefilot d’Israël, et Il est constamment à leur écoute. Nos Sages ZL ont dit «Il lui a dit qu’il est un mécréant, parce qu’ils ont déjà fait précédé leur Shekalim des tiens» (Meguilah 13:). Là-bas, ils nous enseignent que dès le premier jour du mois de Adar, on fait entendre le bruit des Shekalim. Car l’essentiel de la charité correspond aux Shekalim. Et grâce à la charité, qui est relative au jugement, on sait comment combattre avec le glaive,. C’est-à-dire, la charit, représentée par les Shekalim, permet un jugement équitable. De sorte que nos paroles soient acceptées. Parce qu’elles ouvrent des portes, et elles n’entraînent aucune transgression.

Source: Elhanan Mepek