Parachat Miketz
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La Foi authentique

Paracha Beshalakh


« Je vais faire pleuvoir pour vous du pain; et le peuple ira recueillir chaque jour sa provision quotidienne… » (Chemot 16 : 4).
Rachi explique « Sa provision quotidienne » signifie que le peuple devait ramasser, chaque jour, ce qui était nécessaire pour la journée à l’exception de toute provision complémentaire pour le lendemain. 

Nos Sages enseignent que Celui qui a créé le jour a également Créé la subsistance quotidienne… « Celui qui a suffisamment de nourriture pour aujourd’hui mais s’inquiète de ce qu’il aura à manger le lendemain manque de foi envers l’Eternel » (R. Elazar Hamodaï/Mechlita). 

Lorsqu’une personne a une foi véritable en Dieu et comprend que Lui seul pourvoit à notre subsistance, il ne se fait aucun souci pour le lendemain.

Il sait que le sort de son existence est entre Ses Mains et que, malgré tous les efforts qu’il déploiera pour amasser des biens, il ne dépassera jamais les revenus qui lui sont impartis par l’Eternel. 

A la faveur de cette conviction, il pourra vivre sans grande inquiétude et ne sera pas amené à envier son prochain ou à se méfier de ceux qui pourraient l’empêcher de s’enrichir… 

Il aura compris ainsi que, de même qu’il ne pourra pas gagner plus que la somme qui lui est impartie, de même il ne pourra pas être lésé en gagnant moins que ce qui lui est dû… 

Ben Azzaï disait : « Vous serez appelés par votre nom, installés à votre place et il vous sera remis ce qui vous revient. Jamais la part impartie à un individu ne sera altérée par un autre. » (Yoma 38b). 

Rachi explique que Ben Azzaï, ce faisant, affirme qu’une personne ne doit pas s’inquiéter d’être dépossédée par son prochain « parce qu’il sera appelé par son nom pour recueillir ce qui lui est dû » . 

Ce qui revient à chacun n’est pas un cadeau provenant des autres mais la part qui lui est impartie par l’Eternel. 

C’est l’enseignement que l’on retient de la manne dispensée à nos ancêtres dans le désert : « Quiconque en prit une portion plus importante n’en profita pas plus, et, celui qui en prit moins n’en manqua pas ».

On pourrait dire, fort de cette équation, que travailler sans relâche pour « perdre sa vie à la gagner » ne risque pas d’améliorer les chances de s’enrichir…
Ainsi, chacun reçoit de Dieu la part qui lui revient.

Le Baal Chem Tov décida un jour de s’employer à parfaire la vertu de la Foi authentique. Il fut invité chez un homme, connu pour sa foi inébranlable, qui était percepteur de son état…
Le Baal Chem Tov fut reçu par cette personne avec plusieurs de ses disciples; ils demeurèrent quelques temps chez leur hôte…

Un jour, un officier de police se présenta chez le percepteur, entra sans rien dire, brandit sa matraque et frappa trois coups sur la table et s’en alla sans mot dire…

Le Baal Chem Tov et ses disciples furent stupéfaits par cette visite inopinée d’autant que leur hôte resta tout à fait impassible… Une heure plus tard, le policier revint, frappa à nouveau trois coups sur la table et s’en alla… 

« Que signifie tout cela ? » demanda le Baal Chem Tov à son hôte.
« Le policier est venu m’avertir que je devais me présenter chez le maire pour lui remettre le montant des impôts que j’ai récolté auprès de mes coreligionnaires.

Si après le troisième avertissement je n’apporte pas l’argent, je serai incarcéré avec toute ma famille » 

« J’imagine, vu la sérénité que vous affichez, que vous êtes en possession de tout l’argent nécessaire » dit le Baal Chem Tov « Nous ferions mieux d’attendre votre retour de chez le Maire pour nous mettre à table ». 

« Ce n’est pas tout à fait la cas, répliqua le percepteur, en fait, à l’heure actuelle je ne dispose pas d’argent du tout. Cependant, l’Eternel y pourvoira lorsque j’en aurai réellement besoin… Asseyons-nous et déjeunons car je ne dois me rendre chez le Maire que dans trois heures ».

Après le déjeuner, le policier revint et formula le troisième avertissement ! Le percepteur était toujours très calme, il récita les actions de grâce, lentement et consciencieusement, puis se leva et dit à la cantonade : « Je vais aller remettre le montant des impôts au Maire ». 

– Avez-vous réuni la totalité de la somme ? s’enquit le Baal Chem Tov.
– Pas encore mais je suis sûr que l’Eternel y pourvoira, répondit-il. 

Intrigués, le Baal Chem Tov et ses disciples se mirent à la fenêtre… Une calèche s’arrêta près de leur hôte, le cocher lui adressa quelques mots puis poursuivit son chemin pour s’arrêter quelques mètres plus loin… 

Le cocher attendit le percepteur, lui adressa rapidement la parole et lui remit une enveloppe…

Lorsque la calèche passa devant lui, le Baal Chem Tov s’enquit auprès du cocher de ce qui s’était passé… 

« Je lui ai proposé de lui acheter l’excellent whisky qu’il doit produire l’hiver prochain pour une certaine somme, mais il a refusé mon offre alors j’ai poursuivi mon chemin puis je me suis ravisé et je me suis arrêté pour lui marquer mon accord sur le prix.

Je l’ai réglé sur le champ… Je sais que c’est un honnête homme et je n’ai pas voulu le retenir trop longtemps car il m’a dit être en route pour aller remettre le montant des impôts à Monsieur le Maire » (Sipouré Hassidim).

Source: cybercontact.com

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