Parachat Bo
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Lettres finales

Paracha Berechit

Les lettres finales des premiers mots de la Torah forment le mot «vérité». Le concept de «vérité» peut être considéré d’une manière relative ou d’une manière absolue. Celui qui recherche la véritable vérité tend vers son ultime éternelle finalité, pour ne pas en arriver à se tromper lui-même. Pour ne pas être perturbé par aucun empêchement ou incitation. Il se renforce avec la pointe de vérité enracinée au fond de lui. Malgré tout ce qui peut lui arriver, même s’il a conscience ne pas toujours agir comme il conviendrait. Il a provoqué des dommages qui l’ont éloigné de Hachem et de la Torah, de cette véritable vérité. Il ne doit pas s’attarder sur ces éléments négatifs, mais seulement à chaque fois s’interroger en profondeur et se demander où se trouve cette vérité ultime. Ainsi, il se renforce constamment et se maintient avec ce point de vérité.

Mais, il ne faut pas que ce point de vérité l’empêche de se rapprocher de la véritable vérité. Parce que l’essentiel de l’éloignement de chacun de l’essence de la vérité absolue découle de sa propre façon d’envisager la vérité. On constate que la plupart des désaccords, des discordes, sont provoqués par des vérités opposées. Il en va ainsi dans chaque génération, avec leurs spécificités propres. Cela provoque de graves dommages, des Nefashot/des âmes se perdent, des couples ont des problèmes, certains perdent leurs deux mondes. Tout cela découle de la prétention de chacun de détenir la vérité elle-même. Il est absolument impossible pour un esprit humain de saisir l’Essence divine et Son Action. C’est la véritable vérité! Cela est complètement fermé et voilé à la compréhension d’une créature soumise au libre arbitre. En raison de sa possibilité de mentir, qui est l’une de nos caractéristiques, le principe de vérité dans son absolu s’est opposé à la création de l’homme.

Cet absolu ne pouvait pas atteindre la finalité voulue par le Créateur. Elle est au-delà de tout. Malgré tout, l’homme a été créé, car il fallait que dans l’épreuve du choix, en surmontant les difficultés, avec d’immenses efforts, le bien puisse s’acquérir. Du fait de sa pesanteur, de sa lourdeur, il est possible ici de se tromper, de tomber dans l’erreur, même en se basant sur la vérité. Parce que celle-ci n’est pas purifiée et clarifiée. Au point de provoquer de graves dommages, au point que certains s’autorisent jusqu’au meurtre.

Comme malheureusement nous avons pu le constater et le subir dans notre histoire, et cela se poursuit encore aujourd’hui, «Tu perds ceux qui profèrent le mensonge» (Ps. 5,7) au nom de la vérité. Il existe deux aspects différents pour aborder la vérité. Il y a la véritable vérité, lorsqu’on saisit et comprend le sujet comme il est effectivement. Mais, il existe une autre façon d’envisager la vérité, lorsque son intention est de l’orienter en fonction de son désir, en se trompant soi-même. Évidemment, entre ces deux approches, nous trouvons d’infinis différents niveaux. Il y en a qui se trompent beaucoup et d’autres seulement un tout petit peu, et ils peuvent immédiatement se ressaisir. Mais, pour d’autres, leur erreur est fine, et alors des efforts sont nécessaires pour déterminer la vérité. D’autant plus l’erreur est fine, ainsi de plus grands efforts doivent être consentis pour clarifier la véritable vérité. Cela peut représenter la tache de toute une existence. Ce à quoi s’attachent les grands saints Sages. «Car c’est tout l’homme» (Berahot 6:).

Voilà la raison pour laquelle Hachem a «jeté» la vérité sur la terre. Le principe de vérité s’était opposé à la création de l’homme. Bien que c’était à l’opposé de la Volonté du Saint, béni soit-Il. Et malgré tout l’intention de la vérité était vraie. Parce qu’immédiatement lorsque se détache de Lui le principe de vérité, il devient impossible d’appréhender la profondeur véritable de Son Savoir. Raison pour laquelle précisément avec la simple vérité, il devient possible, en se basant sur un premier examen, de se tromper. Aussi cette vérité s’est-elle opposée à la création de l’homme. Parce qu’il est entièrement mensonge, du fait même qu’il a la possibilité de mentir. Et pour la vérité, dans l’absolu, cette possibilité même lui est insupportable. Pour cela, Il a jeté la vérité sur la terre. Cela constitue la réparation de la vérité. Dans ce monde, la plénitude de la vérité ne peut s’atteindre seulement grâce à la Emounah/la croyance. Comme il est écrit «la vérité de Hachem demeure à jamais» (Ps. 117,2), ce qu’il nous est impossible de saisir. Nous pouvons seulement comprendre que l’essentiel de la vérité c’est avoir conscience de l’impossibilité d’appréhender l’essence de la vérité. Cela correspond au principe de la finalité de la connaissance: on ne sait pas!

Dorénavant, tout le travail de l’homme dans ce monde consiste à mériter la Emounah. Cela devient possible en liant la qualité de Justice dans celle de Vérité. C’est la voie montrée par nos Sages ZL et leurs efforts pour parvenir à mériter cela. Aussi, celui qui recherche vraiment la vérité, il ne doit pas se laisser induire en erreur. Il parviendra à comprendre de loin où se situe la véritable vérité. Il ne doit pas être stupide et penser que cela peut s’obtenir rapidement. Également la compréhension acquise par nos Sages ZL, elle est pour nous très difficile à appréhender. Au moyen de la recherche de la vérité, en accordant notre confiance dans nos Sages ZL, on peut mériter la vérité et la Emounah. Cela représente la plénitude de l’homme. Ainsi devient compréhensible ce principe de la vérité «jetée» sur la terre. Parce que la terre correspond à la Emounah «agis bien, ainsi tu habiteras la terre en cultivant la loyauté» (Ps. 37,3). Précisément dans le monde matériel, le plus éloigné de la finalité, des efforts sont nécessaires pour parvenir à vraiment saisir l’Esprit de Hachem. Là peut se clarifier la vérité au moyen de la Emounah, avec l’aide de nos Sages ZL. Grâce à la Emounah, chacun, en fonction de son niveau, peut atteindre une véritable connaissance.

Il importe à chacun d’être particulièrement prudent avec cette notion de vérité. Pour ne pas en venir, à cause d’elle, à s’éloigner de Hachem. Car son éloignement ou sa chute peut venir de ce qu’il considère comme étant la vérité. Il a conscience en vérité d'avoir fauté et abîmé. Il sait bien dans quelle situation il se trouve. Mais, il convient de s’éloigner d’une telle vérité, car la vérité n’est pas ainsi. D’où la nécessité de savoir que nous ne savons rien. Et si nous n’avons pas encore mérité d’atteindre cette finalité de savoir simplement que nous ne savons rien, nous pouvons admettre que Hachem est la Vérité, et Sa Torah est vraie. Et dans Sa grande Miséricorde, Il nous l’a dévoilée par l’intermédiaire de véritables Sages. Hachem, dont il n’est pas possible de pénétrer les pensées, connaît nos instincts, et que nous venons de la poussière. Aussi, à Ses Yeux, sont très précieux n’importe quels mouvements, et éloignements de l’épaisseur d’un cheveu, lorsque l’homme s’attire lui-même dans ce monde tellement matériel, vers Lui. Et plus encore lorsque la personne se trouve très éloignée. Cela représente l’essentiel de la vérité, le principe de précisément «la vérité germe de la terre» (Ps. 85,12). Il est nécessaire de saisir que toutes ces incitations, tant au sujet des discordes, que chez la personne elle-même, elles éloignent de la vérité. Parce que celle-ci n’est pas clarifiée. Raison pour laquelle nous tombons dans ce genre de conduite. Tout cela découle des accusations originelles desquelles le «mauvais instinct» tire toute sa force.

Il s’ensuit qu’également dans la vérité se sont introduites ces accusations. Aussi, comme la simple vérité n’est pas complètement intègre, elle porte ses accusations contre l’existence de l’homme. Cela se résume dans «qu’est-ce donc l’homme pour que Tu te souviennes de lui?» (Ps. 8,5). De là découlent les possibilités de porter des accusations contre son prochain, en se basant sur sa propre vérité déformée. Et cela provoque de vaines discordes. Ce principe reporté sur la personne elle-même explique pourquoi elle peut en venir à s’éloigner de Hachem et de Sa Torah. C’est pourquoi il est tellement important, tous les jours de son existence, de rechercher Hachem, pour mériter ce point de véritable vérité. Cela est essentiellement possible en se rapprochant de nos Sages ZL. Ce sont ceux qui ont déjà mérité de se rapprocher vers cet idéal. Mais cela demande de consentir à fournir des efforts, des demandes, de la recherche.

Le roi David nous montre la voie et il nous donne l’exemple de la conduite à adopter, même après avoir fauté. Il écrit «beaucoup disent à mon sujet: “Il n’a pas à attendre de secours de l’Éternel” (Ps. 3,3). Il n’a pas pris en considération ces repoussements venant des autres, ni de lui-même. Il s’est renforcé. Et il a dit que s’il a fauté c’est seulement contre Hachem. Par conséquent, il est en Son Pouvoir de pardonner. Car Sa Justice peut s’opposer contre les incitateurs, parce qu’Il sait combien la nature humaine le pousse à fauter. Eux ne savent pas combien grandes sont Ses Miséricordes, pour tous ceux qui Lui demandent Son Pardon. Car ce n’est pas en vain que Hachem est appelé miséricordieux et bon, etc. Tout cela, même si je parviens à imaginer, selon mes conceptions de la vérité que je me suis beaucoup éloigné de Lui. Mais, dans Sa grande Miséricorde, il m’a permis de comprendre un peu qu’il est impossible de saisir la sainteté de Sa Bonté. Aussi, je suis obligé d’accomplir ce qui m’incombe, de me renforcer constamment, d’exprimer mes supplications devant Lui. Cela représente l’essentiel de la vérité. Même l’homme le plus bas peut la rechercher et la demander, même si cela lui semble être voilé. Il est toujours possible de se renforcer, d’espérer. Il existe un principe immuable: tout se répare et tout peut se transformer pour le bien. Il suffit de ne pas se décourager soi-même, de crier, de prier, de supplier.

Kupath Rabbi Meir Baal Haness
Elhanan

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