Parachat Vayetse
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Le feu, le souffle, l’eau et la poussière

Paracha Be'houkotaï

L’essentiel de la préparation pour recevoir la Torah, pour sortir du matériel vers le spirituel, s’opère grâce à la récolte de la terre, tout ce qui se rapporte aux végétaux. Essentiellement, les quatre fondements sont rattachés entre eux grâce au végétal. Car le minéral, le végétal, le vivant et le parlant se rapportent aux quatre éléments de base des fondements: le feu, le souffle, l’eau et la poussière. Ils sont relatifs aux quatre lettres qui forment le saint Nom. Il s’ensuit que le végétal correspond à la lettre Vav de ce Nom. Et il relie ensemble toutes les lettres du Nom (Maguen David 6). Parce que le végétal pousse de la terre, qui est le

minéral. Le vivant et le parlant se nourrissent de lui. Ce qui permet en eux l’existence du Nefesh/esprit. C’est-à-dire, grâce au lien opéré par le végétal, les quatre fondements sont reliés ensemble. Le minéral sur lequel pousse le végétal, duquel le vivant et le parlant tirent leur force et leur existence.

Aussi, l’arbre de la connaissance du bien et du mal est une espèce de végétal. Car l’essentiel de la connaissance du bien et du mal correspond à l’intermédiaire entre les quatre fondements, entre le matériel et le spirituel, le corps et l’esprit. Et il pousse de la terre. Car l’essentiel de l’existence de tout ce qui est créé vient grâce au végétal. De même pour l’homme, le pain représente l’essentiel de sa nourriture. Parce que les autres aliments ne le rassasient pas vraiment. Raison pour laquelle seulement sur le pain nous récitons la bénédiction de « qui rassasie ». Et même si l’homme se nourrit également de certains vivants, ceux-ci doivent se nourrir et vivre seulement grâce au végétal. Par conséquent, le végétal, qui est leur nourriture, associe l’homme et l’animal, le principe de l’esprit et du corps. Le maintien de l’existence de l’homme c’est lorsqu’il est rassasié, lorsque son Nefesh vit en lui. C’est-à-dire que le lien entre le Nefesh et le corps passe par le végétal. Ce que permet le pain venant de la terre. Et lorsque la consommation s’effectue dans une grande sainteté, lorsque le corporel est dominé, il s’inclut dans le spirituel. Ainsi, se réunissent tous les quatre fondements, ce qu’est l’unification du corps avec le Nefesh.

Parfois, il est possible de mériter, grâce à la consommation du végétal, ce que représente l’arbre de la connaissance du bien et du mal, d’élever l’esprit de l’homme, et de sortir de l’animalité. Mais parfois le contraire. Ainsi, le végétal pousse et tire son existence de la terre, qui représente un attribut absolument différent. Le végétal possède une force entièrement différente de l’animal ou de l’homme, du vivant ou du parlant, du corps ou de l’esprit. De même, nous constatons pour chacun des quatre fondements que celui qui lui est supérieur comprend des éléments plus élevés. De même pour le rapport entre le corps et l’esprit. Ces quatre fondements sont relatifs aux quatre mondes : l’action, la formation, la création et l’émanation (Ets Haim 42,82). L’on retrouve en eux ce même principe d’élévation. Comme le végétal pousse précisément à partir de la terre, nous pouvons tirer de là l’enseignement de la transformation du corps vers le Nefesh. Lorsque le corps donne de la force au Nefesh pour grandir, se développer et agir pour servir Hachem. Précisément parce qu’il est revêtu dans un corps qui donne de la force au Nefesh. Et avec le corps on développe le service pour Hachem. De la même façon que le végétal pousse à partir de la terre, qui est un principe opposé.

Le végétal pousse de la terre seulement grâce à la pluie. L’eau est une notion de miséricorde. Les eaux sont placées à la droite, du côté de la miséricorde. Nous apprenons que la vigueur des pluies vient adoucir la rigueur du jugement. C’est-à-dire, lorsque le jugement se transforme en miséricorde, comme le corps se transforme en Nefesh. Les pluies tombent seulement grâce à la réparation des actions d’en bas. Comme il est écrit (Ber. 2,5) « aucun produit des champs ne paraissait encore sur la terre, etc. ; car Hachem l’Éternel n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et d’homme, il n’y en avait point pour cultiver la terre ». Car l’essentiel de l’adoucissement des rigueurs, la transformation du jugement en miséricorde, s’opère précisément lorsque tombent les pluies. C’est-à-dire en fonction de la domination du corps, pour l’élévation du Nefesh. Cela permet l’élévation du végétal depuis la terre où il pousse. Et cela correspond aux nombreux jeûnes, institués par nos Sages ZL, pour les pluies (Taanit 10), plus que pour d’autres choses. Car, grâce aux jeûnes l’on domine le corps par rapport au Nefesh. Ainsi de même pour la pluie. L’essence de l’importance des pluies permet de saisir les enseignements de la Torah lorsqu’il est mentionné que les pluies permettent à la terre de donner les récoltes. Comme il est écrit (Vayikra 26,3-4) « si vous vous conduisez selon mes lois, si vous gardez mes préceptes et les exécutez, je vous donnerai les pluies en leur saison, et la terre livrera son produit, et l’arbre du champ donnera son fruit », et ainsi de nombreux autres versets. C’est lorsqu’on domine le corps jusqu’à ce que s’adoucissent les jugements. Alors, grâce à l’attribut de miséricorde poussent les végétaux depuis la terre. Cela correspond à l’élévation du Nefesh sur le corps.

C’est la raison pour laquelle Yaakov a reçu cette bénédiction de Yitshak. Elle est pour lui la principale des bénédictions. Ainsi, Yaakov peut se renforcer contre Esaw, qui est l’homme de « l’autre tendance », le principe du corporel, l’envie de consommer de la nourriture. Comme il est écrit (Ber. 25,20) « laisse-moi avaler, je t’en prie, de ce rouge, de ce mets rouge ». Le renforcement de la rigueur du jugement correspond au rouge. Mais, Yaakov a été béni par Yitshak pour qu’il ait le mérite de se renforcer face à Esaw. Et cela correspond au renforcement du Nefesh face au corps, à la pousse des végétaux grâce aux vigueurs des pluies, si vous suivez mes Commandements. Alors, la terre donne sa récolte. C’est la bénédiction reçue par Yaakov (Ber. 27,28) « et l’Éternel te donnera de la rosée des cieux et des sucs de la terre, d’une abondance de moissons et de vendanges ! » Tous ces éléments forment un ensemble.

C’est pourquoi Yaakov a reçu les bénédictions précisément de Yitshak. Parce qu’il a mérité grâce à son labeur d’adoucir la rigueur de Yitshak. Cela précisément représente l’adoucissement du jugement, qui se transforme en miséricorde. C’est la notion de « Il te donnera ». Bien que l’intention de Yitshak ait été de bénir Esaw. Il pensait qu’il était possible de l’amener vers la sainteté. Mais Esaw réussissait à tromper son père. Il lui amenait des mets dans sa bouche provenant de la chasse (Ber. 25,28). Alors qu’il aurait pu acquérir du mérite en apportant de la nourriture pour le Juste. Il aurait atteint un repentir complet en dominant ses instincts corporels, et les élever vers le spirituel. Car l’essentiel réside dans la domination et l’élévation du Nefesh, au moyen de la sanctification de sa consommation.

Ainsi, lorsqu’on donne de la bienfaisance, on diminue de son argent et de ses envies physiques. Parce qu’avec cet argent on aurait pu satisfaire quelques instincts. Mais, on choisit de briser cet élan en donnant à quelqu’un occupé dans l’étude de la Torah et du service divin. Alors, ce Sage, face à cette simple personne, correspond au Nefesh par rapport au corps, au Shabat face aux six jours profanes. Mais Esaw, le mécréant, n’avait pas du tout cette intention. Il ne voulait pas se soumettre à la sainteté. Tout son désir, en apportant de la chasse à son père, était seulement pour l’induire en erreur. Il voulait réveiller chez son père les envies du corps. Mais Rivkah, en voyant tout cela, n’était pas satisfaite. Elle avait parfaitement conscience de l’essence mauvaise de Esaw. Il ne voulait pas du tout se rapprocher vers la sainteté, mais seulement tromper son père ! Et, s’il avait réussi à obtenir les bénédictions, non seulement il ne serait pas parvenu à sa réparation, mais il s’en serait servi pour renforcer le corporel sur le spirituel, en se servant de cette sainteté. Aussi, Rivkah s’est efforcée pour que les bénédictions soient accordées à Yaakov. Car il était totalement engagé à transformer et à amener le corporel vers le spirituel. Ce qui correspond à la bénédiction de miséricorde et de vie.

Il est une coutume de jeûner le jour anniversaire du décès de son père ou de sa mère, pour l’élévation de leur âme. Car grâce au jeûne de leur fils, le corps est dominé face à l’esprit. Également, on étudie la Torah en leur mémoire. Car la Torah représente le spirituel, ce qu’est le Nefesh/âme. Et toute la Torah dévoilée par leur fils dans ce monde favorise d’autant plus le dévoilement de la lumière, du Nefesh de ceux qui l’ont enfanté. Et nos Sages ZL nous ont mis en garde de faire attention aux gens du peuple desquels sort la Torah. Car personne n’est à même de pouvoir apprécier la grande valeur de leur Nefesh. Mais, seulement grâce à la splendeur du rayonnement de leur Torah. Aussi, nous allumons une flamme pour eux. Parce que le Nefesh se rapporte au principe de la lumière. Et également la Torah est appelée la lumière. Comme il est écrit (Michlei 20,27) « l’âme de l’homme est un flambeau divin », et (là-bas 6,23) « car la flamme du devoir est une doctrine de lumière ». C’est toute la notion d’élever le Nefesh depuis l’obscurité vers la lumière.

Chabat Chalom
Kupath Rabbi Meir Baal Haness
Elhanan