Parachat Noah'
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Ascension permanente vers l'infini

Paracha Be'houkotaï

Chaque juif, depuis sa plus tendre enfance, devrait progresser, évoluer de telle sorte que son élévation se fasse continuellement, sans relâche.Malheureusement, les épreuves de l'existence font que la persévérance se fait trop souvent fluctuante. Mais commençons dès le début.

A l'état de fœtus, et même avant la conception de l'enfant, les parents devraient se préparer non seulement spirituellement, mais également psychologiquement, à donner naissance à un nourrisson pour que son inconscient ne soit pas dores et déjà empli de mauvaises informations.

Nous savons tous que la période de gestation est particulièrement importante pour le fœtus qui enregistre toutes les informations du vécu des parents dans leurs différentes phases de vie commune.

Aussi, si l'on prend soin dès ce moment du bien être de l'enfant, il pourra effectivement évoluer paisiblement et dans de bonnes conditions. C'est pourquoi la loi prévoit qu'avant de s'unir à son épouse le futur papa a pour devoir de se livrer à une étude intensive pour sanctifier sa relation avec la future maman.

Auquel cas, l'union conjugale devient saine et sainte. Sachons tout de même que, selon Ha Rambam, tout ce qui peut permettre au couple de se livrer au bonheur mutuel est autorisé, sans se comporter de façon bestiale.

Ainsi, ce fœtus commence déjà à percevoir le lien indélébile qui unit ses parents qu'il ne connaîtra qu'à partir de la naissance. Ce patrimoine génétique va permettre au fœtus de faire grandir son futur inconscient, en sorte qu'il ne soit sujet à aucune épreuve psychologique à venir.

Permettez-moi d'insister sur ce point majeur, car trop d'enfants pré-adolescents voient plutôt de façon incompréhensible, sont agités, belliqueux, nerveux et non maîtrisables.

Plutôt que de s'interroger à ce stade de l'enfant de ce qu'il en est profondément en lui, mieux vaut se demander si, pendant toute la période de son évolution fœtale il n'a subi aucun choc traumatisant.Maintenant que tout est bien mis en place, il nous est permis de parler d 'ascension.

Toutefois, elle peut ne pas être permanente si, après la naissance de ces bébés, les conflits commencent entre parents et familles mutuelles. Au fond, la naissance d'un enfant nous oblige à revoir complètement nos attitudes si nous voulons lui offrir tous les moyens de vivre cette ascension permanente vers l'infini.

La période actuelle, dans laquelle nous sommes, est favorable à ce thème que nous venons de commencer à traiter. Je veux parler du « Omer ». Nous en avons parlé longuement dans notre commentaire précédent, mais, cette fois, je voudrais envisager un angle différent sur cette période.Le compte du Omer se fait de façon ascendante et non descendante.

Ce qui veut dire qu'on dit, par exemple : aujourd'hui nous sommes le jour 1 du Omer, puis le jour 8 du Omer, ce qui fait une semaine et un jour, etc... Mais, nous ne disons pas : il nous reste 48 jours avant le don de la Torah, 47 jours, 46 jours, etc.... Or, les maîtres disent qu'il aurait été plus judicieux d'envisager le décompte dans le sens descendant. Pourquoi ?

Tout simplement parce que quand on attend un heureux événement, on dit, le plus souvent : il ne reste que 48 jours, puis 47 jours, puis 46 jours, etc.... par exemple, pour une bar mitsva, un mariage, une nomination. Pourquoi ce principe n'a-t-il pas été retenu ? Pour comprendre cela, nous devons faire un rapprochement avec la naissance d'un bébé.

On ne dit pas d'une maman, il ne lui reste que 9 mois, puis 8 mois, puis 7 mois, etc... On dit plutôt : cette future maman est enceinte de un, deux, trois mois, etc.... exactement comme dans le Omer.

En réfléchissant bien, les enfants d'Israël sortant d'Egypte sont, en quelque sorte, sortis de ce creuset ou de la matrice agitée par la vie d'esclave en Egypte. Dès lors, D ieu n'a pas voulu Se précipiter à donner immédiatement la Torah aux enfants d'Israël non encore préparés à recevoir ce précieux cadeau.

D'autre part, en Egypte, les enfants d'Israël étaient descendus jusqu'au 49ème degré d'impureté et, s'ils avaient atteint le cinquantième, ils n'auraient plus été récupérables. Aussi, il était impératif que les béné Israël remontent graduellement chaque pallier jusqu'au dernier, c'est-à-dire le quarante neuvième, pour être prêts à recevoir cette Torah.Dans nos cours précédents, nous avions déjà appris qu'une ascension spirituelle ne doit jamais se faire à la hâte.

Tout comme pour le Omer, on gravit à chaque fois un échelon supplémentaire dans la hiérarchie des valeurs. On peut donc admettre, une fois de plus, qu'un juif n'est jamais perdu, même s'il atteint le tréfonds de son âme. Tant qu'il n'a pas totalement touché le fond, c'est-à-dire le cinquantième degré d'impureté, il est récupérable.

Mais, me direz-vous alors, qui dit que moi, fautif de longue date, je n'ai pas atteint ce cinquantième degré ? On pourrait tout à fait mener le même raisonnement vis-à-vis des béné Israël en Egypte. Eux-mêmes n'étaient pas conscients de leur descente vers l'abîme.

D ieu les a empêchés de descendre une marche de plus pour ne pas qu'ils soient perdus à tout jamais.En conséquence, pour nous-mêmes, ce principe est également suivi. A savoir que D ieu ne nous laisse jamais tomber au point de descendre si bas que l'on ne puisse plus remonter la pente. Dès lors, on est maintenant persuadé qu'un juif n'est jamais perdu.

En revanche, il nous appartient en permanence de nous interroger sur notre passé le plus lointain afin de nous raviser progressivement pour procéder à cette ascension graduelle et permanente. C'est aussi pour cette raison que la veille de Chavouot on veille toute la nuit. Pourquoi ?

C'est qu'au moment du don de la Torah, malgré les marches successives qu'ont gravies nos ancêtres pour recevoir la Torah, lorsque D ieu est apparu pour offrir Son cadeau, la simple « apparition de D ieu » a fait tomber les enfants d'Israël dans un « profond coma ».

Pour les réveiller, D ieu a fait apparaître des éclairs et retentir le tonnerre. Cette plongée soudaine des béné Israël montre bien que, malgré leur ascension, ils n'égalaient pas encore Moché qui, lui, avait pu monter vers D ieu pour recevoir la Torah.Quand égalerons-nous Moché ?

Peut-être un jour ou jamais. Pour en être capables, il faudrait pouvoir nous débarrasser totalement du contenu de nos inconscients et de tout esprit inconvenant, même s'il est imperceptible, pour s'adonner totalement à l'esprit de la Torah qui ne ferait plus qu'un avec nous-mêmes.

Nous pouvons donc maintenant reconnaître que chaque juif a sa propre ascension, qui n'égale pas nécessairement celle du voisin. Chaque humain, depuis son état de fœtus, a grandi plus ou moins bien. Chacun va de fait commencer à faire sa propre ascension.

Pour être valable, cette ascension doit être permanente vers l'infini. Bien évidemment, l'infini est inatteignable. C'est un peu comme cette « asymptote » dont on ne voit pas le bout. Aussi, rappelons-nous que nous avons une grande responsabilité vis-à-vis de nos enfants.

Apprenons qu'il ne faut pas négliger le moment qui va précéder l'union du futur papa et de la future maman pour une procréation vers le sacré. Si toutefois cela n'a pas été le cas, la leçon du Omer nous apprend que, de même que la matrice en Egypte n'était pas favorable, néanmoins, dès la sortie de ce monde impur, les enfants d'Israël ont pu, graduellement, remonter la pente pour recevoir la Torah, même s'ils n'étaient pas encore tout à fait prêts.

Nous devons nous aussi nous convaincre avec force que rien n'est jamais, à tout jamais, perdu. Rien ne vaut la prise de conscience, à la manière du médecin qui diagnostique, pour déterminer l'origine du mal afin de le guérir. Si, dès à présent, nous empruntons cette voie, il est absolument certain que chacun se sortira d'affaire, même dans les cas les plus critiques.

C'est pour cette raison que nos sages ne nous ont pas demandé de compter le Omer en voie descendante, comme on le fait pour attendre un heureux événement tel que bar mitsva etc.., mais plutôt cette voie ascendante, comme avant une naissance, en sorte d'évoluer positivement vers cette ascension permanente vers l'infini.

Dès lors, sans plus attendre, le Machiah' montrera « le bout de son nez » pour enfin voir cette ultime délivrance que nous souhaitons la plus rapide possible.


RAV BITAN

www.rabbinbitan.fr

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Spécialiste dans la préparation à la conversion.

Agréé par le Consistoire

Rabbin psychologue.

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