Parachat Vayishlah
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Une mauvaise utilisation de l’imagination

Paracha Behar


Il est écrit (Vayikra 25,17) « ne vous lésez pas l'un l'autre, et vous redouterez votre Éternel ! ». La tromperie et les fautes découlent d’une mauvaise utilisation de l’imagination. Elle provoque toutes les erreurs. Car l’intelligence véritable, dans son essence, est très éloignée de toutes iniquités. Seule l’imagination, lorsqu’elle n’est pas maîtrisée correctement, peut entraîner à commettre des escroqueries. On constate que l’imagination entraîne des personnes à léser leurs prochains. Ainsi, certains peuvent en arriver à dérober d’autres personnes dans leur pratique du commerce ou du négoce. Raison pour laquelle, dans ce verset mentionné, il nous est bien indiqué « tu craindras ton Éternel ». 

Car il arrive aussi qu’un individu puisse se tromper lui-même ! Cette situation se retrouve chez la plupart des gens qui ne veulent pas prendre en considération, comme il convient, leur finalité. Ils ne fournissent pas les efforts nécessaires en vue d’atteindre leur réparation. Ils peuvent constater en face d’eux les dommages et les perturbations provoqués. Mais ils ne s’efforcent pas de rechercher ou de demander des soins véritables pour leur Nefesh/âme.

Ce qu’un Sage authentique pourrait leur proposer. Ils persistent à s’induire eux-mêmes dans l’erreur. Car, en vérité, lorsqu’une personne en vient à faire du tort à son prochain, avec de l’argent ou des paroles, effectivement elle se trompe elle-même. Elle attire sur elle de la honte. Et tous ses abus de confiance sont provoqués par la force de l’imagination. Parce qu’elle n’a pas été clarifiée comme il convient. Seule la recherche pour découvrir un véritable Juste, possédant un esprit saint, peut lui permettre de s’améliorer.

L’essentiel de la validation d’une acquisition, lors d’un achat ou d’une vente, s’obtient en attirant sur soi l’éclairage et la conformité avec les indications de nos Sages ZL. Pour ne pas en arriver à transgresser l’interdit de léser son prochain dans le négoce. Ils ont institué que l’essentiel d’une acquisition d’un bien s’opère au moyen d’élever un vêtement/Soudar. Grâce à cette procédure est attirée une clarification de l’imagination. La base de cette pratique s’apprend du verset (Ruth 4,7) « jadis en Israël, etc., tel était le procédé pour rendre définitif un contrat : l'un des contractants retirait sa sandale, etc. ». Cela est mentionné lorsque Boaz ‘acquis’ Ruth, avec tout ce qui restait de Mahlon et Khilyon. 

Et cet achat s’est effectué dans une plénitude maximale. Parce que la finalité d’un achat lors du négoce consiste à obtenir par ce moyen une sainte unification entre le Saint, béni soit-Il, et la Présence, grâce à l’émanation d’étincelles de croyance. Elles se clarifient au moyen du négoce. Ainsi la relation, entre Boaz et Ruth, s’est concrétisée dans une unification parfaite. Boaz représente le véritable Juste fondement du monde. De là découlent toutes les réparations, dans tous les échanges du commerce. Car grâce à elles se clarifie l’imagination. Ce qui permet le maintien de l’achat ou de la vente. C’est pourquoi la Torah nous met très sérieusement en garde de ne pas en venir à usurper son prochain. Pour ne pas provoquer des perturbations dans l’imagination. Car d’elle découlent toutes les erreurs. Avec pour conséquence la faute conduisant à devoir annuler l’échange commercial.

Le monde entier dépend du sixième jour du mois de Sivan. Alors, nous avons reçu la Torah par l’intermédiaire de Moshe Rabenou. Il symbolise le véritable Juste qui se retrouve dans chaque génération. Ainsi, grâce au Juste, s’opère l’essentiel de la clarification de l’imagination. La perturbation provoquée par celle-ci découle du mélange du bien et du mal. De ce qui est Casher ou interdit, pur ou impur, permis ou défendu. Tout ce qui est représenté par les six jours profanes. Durant ceux-ci, la clarification s’effectue grâce aux indications de la Torah. Sur elle repose le principe des six Traités de la Michnah. Et l’essentiel de la clarification a lieu le sixième jour. Car alors a été créé le premier Homme. Il aurait dû réparer et clarifier toute la Création, s’il n’avait pas mangé du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Parce que dans le sixième jour commence déjà à poindre le principe du Shabat. Il représente la finalité des six jours. Et grâce au Shabat s’obtiennent la réparation et la clarification des perturbations dans l’imagination. Ce qui entraîne l’atteinte contre le Juste et l’atteinte contre le Shabat. Ce qu’était le sixième jour du mois de Sivan, le moment du Don de la Torah, duquel dépendait tout le monde. Parce que toute la clarification de l’imagination se réfère à la clarification de la Emounah/croyance qui est rendue possible grâce à l’acceptation de la Torah.

Il ressort trois différentes sortes de tromperies lors des échanges du commerce ou du négoce. Si la mesure est vraiment minimale, il est pardonné. Si c’est dans les limites admises, alors il convient de rendre le surplus, et alors l’objet est acquis. Mais, si la tromperie est exagérée, l’échange est annulé. Il existe trois concepts au sujet de cette faute, lorsqu’on ne s’efforce pas de rechercher et de trouver le véritable Sage. Et de là découlent ces trois différences de jugement mentionnées plus haut, l’acceptable, le minimum ou le maximum.

Certains fournissent un peu d’effort dans leur recherche, jusqu’à finir par découvrir ce Sage. Mais, ils se contentent simplement de demander après lui, jusqu’à ce qu’il clarifie pleinement la perturbation de leur imagination. Certains s’engagent dans leur recherche, jusqu’à découvrir l’esprit animant le Sage qui parviendra à clarifier vraiment leur imagination. Et certains renoncent, tout en restant un peu attachés auprès du Sage. Et ainsi leur imagination se clarifie un peu, mais pas pleinement. De là découle la tromperie minimale qui permet le pardon. Parce que leur imagination n’a pas été clarifiée intégralement, ils en viennent à un peu de tromperie et d’erreur. Mais, comme il s’agit d’un minimum, ils ne se trouvent pas totalement dans l’erreur. Parfois, ils se rapprochent du Sage. Bien qu’ils puissent se tromper un peu, parce qu’ils ne l’ont pas recherché comme il convient. Mais leurs errements correspondent à un minimum. Car le Sage ne les laisse pas tomber. Raison pour laquelle leur erreur peut être pardonnée. Le Saint, béni soit-Il, ne vient pas avec des exigences exagérées face à Ses Créatures (Avoda Zara 3). Il sait combien il est difficile de clarifier l’imagination comme il convient, pour être sauvé de toute erreur. Aussi, le pardon est-il accordé !

Il y en a pour qui la tromperie se situe à la limite de l’acceptable, ce sont ceux qui se maintiennent en équilibre fragile. Ils sont pleins de doute au sujet du Sage. Bien qu’ils s’efforcent de demander et d’examiner comme il convient là où se situe la vérité. Ils ne se rapprochent pas de lui, et ils ne portent pas atteinte à son honneur. Ils correspondent à ceux qui se maintiennent en équilibre sur un balancier, un mélange de bien et de mal, de Casher et d’interdit, etc. Dans ces conditions, l’achat est acquis, mais il faut rendre le surplus usurpé. L’achat existe parce qu’il est possible d’attirer un éclairage du Sage depuis là. Car au moins ils ne s’élèvent pas contre lui. Ils doivent donc seulement rendre le produit de leur tromperie. Le pardon peut être obtenu seulement après avoir remis les choses en ordre.

Mais, lorsque la tromperie a pris des proportions exagérées, alors le négoce doit être annulé. Ce sont ceux qui par leur transgression ont été entraînés à chuter, à perdre l’équilibre. Ce sont les individus qui sont tombés dans le mal à cause de leurs fautes. Au point où ils font honte au Sage, ce qui implique l’annulation de l’échange. Parce qu’il n’est pas du tout possible d’attirer un éclairage venant de la sainteté du Sage. Par conséquent, la transaction ne peut se maintenir. Celle-ci ne peut être valide seulement lorsqu’il est possible d’attirer l’éclairage venant du Sage. C’est le principe de tous les achats grâce auxquels il est possible de tirer un avantage.

Tout cela se rapporte également à la Torah et aux commandements pour l’homme. Car l’essentiel des acquis définitifs de l’homme c’est (Michlei 23,23) « achète la vérité et ne la revends pas, non plus que la sagesse, la morale et la raison ». On retrouve dans la vérité ces trois principes mentionnés. Certains croient, et ils se font modestes. Certains n’exagèrent pas trop dans leur propre considération. Mais d’autres sont trop orgueilleux. Il s’ensuit une règle très importante, une base pour la Torah tout entière. Il convient d’être extrêmement attentif pour ne pas en venir à se tromper soi-même dans ce monde. C’est le cri émis par tous ces enseignements, ne pas se laisser induire en erreur par la matérialité de notre environnement. Parce que les apparences de celui-ci nous trompent. Et pour se sauver, et ne pas se laisser entraîner comme la plupart des gens, cela ne peut s’envisager seulement en recherchant à se rapprocher vers de vrais Sages. Ceux qui ne se sont jamais laissés tromper dans ce monde par quoi que ce soit. Aussi, s’imposent une telle recherche et une telle demande après de tels Sages. Pour étancher son cœur comme des torrents d’eau devant Hachem, pour mériter de les trouver. Pour mériter grâce à eux de clarifier l’imagination. Pour être sauvé de toutes les tromperies et erreurs provoquées par l’imagination.

Chabat Chalom
Kupath Rabbi Meir Baal Haness
Elhanan