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Toutes les choses dans le monde s’acquièrent grâce au savoir

Paracha Bamidbar

Toutes les choses dans le monde s’acquièrent effectivement grâce au savoir. Parce que l’essentiel d’une acquisition c’est quand on a vraiment investi sa conscience dans cet acte. Raison pour laquelle nos Sages ZL ont institué pour l’achat de tout bien mobilier que cela s’opère au moyen de les attirer ou de les élever (Hoshen Mishpat 198,1). Ou pour les biens immobiliers au moyen de leur occupation (là-bas 190,1). Ils ont estimé qu’en agissant ainsi, lors des différentes sortes d’acquisitions, la conscience est attirée à l’intérieur d’un bien acheté ou d’un cadeau reçu. C’est-à-dire au moment où on lui dit d’attirer ou d’acheter. 

Et l’acheteur attire l’objet, alors assurément l’esprit du vendeur et de l’acheteur s’accorde pour confirmer la validité de ce commerce. Et ils ne reviendront jamais sur les modalités de cet échange. Ainsi, la base même de l’achat s’effectue grâce à la prise de conscience. De ce principe tout découle dans ce monde, comme il est écrit (Ps. 104,24) « Tu réalises tout avec sagesse ». Et comme l’ont dit nos Sages ZL (Nedarim 41) « si tu acquiers du savoir, que te manque-t-il ? Si tu manques de savoir, qu’as-tu acquis ? » Ou encore comme il est écrit (Michlei 4,5) « acquérir de la sagesse, c’est

acquérir du discernement ». Et le savoir, c’est la Torah qui est appelée « le commencement du savoir » (Michlei 1,7). Il s’ensuit que l’essentiel de l’existence de tout négoce repose sur le principe de la Torah. Elle est le savoir qui donne à tout une réelle existence. Donc, s’effectue toutes les transactions et acquisitions basées sur le jugement de la Torah, grâce à ce savoir, par exemple en élevant ou en attirant. Aussi, il est impossible d’acquérir quoi que ce soit venant de son prochain, par une vente ou un cadeau, mais seulement au moyen d’une acquisition conforme aux règles édictées dans la Torah. Sans cela la conscience n’est pas attirée sur cet échange, et par conséquent cette transaction n’a pas de véritable existence.

Le sujet des biens abandonnés correspond à ce qui prévalait avant le Don de la Torah. Parce que l’essentiel de la véritable existence de tout le monde est concevable seulement grâce à la Torah. Comme l’ont dit nos Sages ZL (Shabat 88) « le monde entier dépendait du Six du mois de Sivan, quand Israël a reçu la Torah. Comme il est écrit (Ps. 75,4) « que la terre en soit alarmée avec ses habitants, Moi, Je raffermirai ses colonnes ». Nos Sages ZL ont expliqué (Ber. Rabah 66,2) « sur le Don de la Torah, sur elle se base le monde ». Mais avant la réception de la Torah, le monde est regardé comme étant Tohu et Bohu – désolation et chaos (Ber. 1,2). Ce qui correspond à l’abandon. Car même l’existence du monde avant le Don de la Torah était seulement en fonction du futur, lorsqu’Israël allait recevoir la Torah. Aussi le monde, sans la Torah, doit être considéré comme étant à l’abandon, comme le désert, là où chacun peut régner. En vérité, aussi bien pour la généralité du monde avant la réception de la Torah, ou pour chaque individu en particulier, tant qu’il ne se conduit pas comme il convient, et il ne se conforme pas à la Torah, alors le monde ou la personne doivent être considérés relativement à ce principe d’abandon.

Parce qu’il ne se trouve pas de plus grande perdition que lorsqu’on ne pense pas à sa fin, à sa finalité, à ce qui va se passer avec lui, dans le monde futur, après sa disparition. Et il nous est impossible d’échapper à la mort ! Même après la venue du Mashiah, qu’il vienne rapidement et de nos jours, également alors l’être humain devra mourir. Aussi, il n’existe pas de plus grande démission que lorsque l’homme se laisse entraîner après les instincts de son cœur, et ainsi perdre sa vie éternelle. Alors qu’il est donné à une personne intègre de ne pas se laisser aller au renoncement. Par conséquent, celui qui ne veut pas suivre les chemins dictés par Hachem doit être considéré comme étant à l’abandon. 


Car il n’existe pas de plus grand abandon que de perdre sa vie véritable et éternelle pour un petit court instant, pour un plaisir futile, dans ce monde qui passe comme une ombre. D’autant plus que tous ces plaisirs sont mélangés avec de la colère, des déceptions, des désespoirs et des douleurs. Il n’existe aucune personne qui poursuit des satisfactions dans ce monde-ci, durant tous les jours de son existence, qui ne ressente pas de l’amertume. Car ce monde est rempli de soucis, de peines et de grandes inquiétudes, à chaque moment et à chaque instant. Aussi, il ne se trouve rien de meilleur pour l’homme, si ce n’est la poursuite constante après sa véritable finalité éternelle. En voulant toujours servir Hachem, en s’éloignant du mal, en réalisant le bien. Tout ce qui représente le véritable bien éternel.

Il s’ensuit que celui qui n’accepte pas sur lui le joug de la Torah et de ses commandements s’identifie à ce principe d’abandon. En vérité, il est comme en perdition. Parce que disparaît de sur lui Sa Surveillance. Dorénavant, il est donné à tous de le dominer. Ainsi cela s’est produit avec Israël lorsqu’ils ont fauté durant la période du premier Temple. Comme il a été prophétisé sur eux, ils seront comme abandonnés et les nations pourront les dominer. Et ainsi le premier Sanctuaire a été détruit, à cause de leurs fautes. Hachem les avait en quelque sorte abandonnés. Ainsi, comme avant le Don de la Torah, ainsi lorsqu’on abandonne la Torah, alors on peut être considéré comme étant à l’abandon. Parce que l’essentiel de l’existence du monde n’est possible que grâce à la Torah. Et Israël a mérité tous les mondes grâce à la réception de la Torah. Raison pour laquelle cette réception s’est déroulée précisément dans le désert. Parce qu’il s’agit d’un endroit à l’abandon. Pour démontrer qu’Israël a mérité tous les mondes, à partir de l’abandon, au moyen de la Torah. Parce qu’avant le Don de la Torah tout doit être considéré comme le désert, délaissé, désolé.

Pour un objet sans propriétaire, l’échange s’opère au moyen d’une simple parole, sans aucun acte d’achat. Parce que lorsqu’on donne un cadeau ou l’on vend à son prochain quelque chose, tant que son nouveau propriétaire ne l’a pas acquis, l’achat ou le cadeau peut être repris. Par contre, pour un objet abandonné, il est immédiatement considéré comme tel. On ne peut pas revenir sur cet abandon. Il est regardé comme si aucune personne ne se l’est encore approprié. Seulement si lui-même le reprend, comme n’importe qui d’autre. Aucun acte d’acquisition ne s’avère nécessaire. Parce que, comme dit précédemment, toutes les acquisitions doivent avoir une relation avec la conscience, avec ce que représente la Torah. Sans cela on se situe par rapport à ce qui précède la réception de la Torah. Quand il n’existait encore aucun véritable savoir. L’homme dispose en tout temps de l’absolu libre arbitre pour appliquer la Torah, le principe de recevoir la Torah, ou au contraire de se considérer comme à l’abandon.

Une personne, avant sa conversion, avant d’accepter sur elle tout ce que représentent la Torah et les commandements, correspond à cette notion d’abandon. Il lui est possible de se convertir, mais seulement grâce à quelqu’un d’Israël. Parce que tout était à l’abandon avant qu’Israël reçoive la Torah. Chaque personne pouvait se l’approprier. Mais aussitôt qu’Israël a mérité de la recevoir, dès lors c’est eux, en quelque sorte, qui l’ont acquise. Désormais, tous ceux qui veulent se convertir, et prendre sur eux son joug, la conversion doit passer par un tribunal d’Israël. Comme cela est expliqué dans le Choulhan Arouh (Y.D. 268).

Si un étranger voulait accomplir toute la Torah et les commandements de lui-même, sans se convertir grâce à Israël, cela ne serait pas du tout compris comme une conversion. Et il n’aurait pas encore pénétré dans la sainteté d’Israël. Il resterait éloigné du divin comme auparavant. Parce que nous avons déjà mérité la Torah, elle est à nous. Aussi, celui qui veut vraiment se convertir doit précisément venir chez nous.

Après qu’Israël ait transgressé la Torah, il y a eu la destruction du Sanctuaire et leur exil. Ils ont été abandonnés à ce moment, au point que des étrangers ont réussi à les dominer. Ils les ont déportés vers des endroits très éloignés de la sainteté. Vers ce que représente le désert, un lieu d’abandon. Mais en vérité, malgré tout, il n’existe pas de génération orpheline. Dans toutes les générations, même après la Destruction, nous trouvons des Justes et des personnes intègres qui accomplissent la Torah. Alors, ils ramènent vers la Torah tous ceux qui dépendent d’eux. Ils transforment le désert en résidence. De la même façon qu’au début lorsqu’Israël avait reçu la Torah dans le désert. Précisément en tant que démonstration, pour tous, que l’on mérite ce qui se trouve à l’abandon. Comme était la situation du monde entier, comme abandonné, comme un désert, avant que nous acceptions et recevions la Torah. 

De la même façon maintenant, dans chaque génération, il se trouve des Sages qui nous montrent les voies et la voix de la Torah. Ils rapprochent Israël vers Hachem au moyen de leurs conseils. Ils nous font découvrir, par le renouvellement de leur enseignement toute l’actualité et la pertinence de la Torah. Ainsi, ils métamorphosent le désert en l’élevant vers de larges horizons, là où se trouvent des gens d’Israël. Et tout est élevé vers Hachem. Comme le dit le Prophète Zahahriah (9,7) « de la sorte il survivra lui aussi pour notre Éternel ». Il s’agit là de l’essentiel du secret du sens de l’exil. Jusqu’à ce que nous méritions, rapidement et de nos jours, la venue de notre Mashiah. Alors, le monde retournera et reviendra à sa place et à son propriétaire authentique, grâce à l’accomplissement et l’existence de la Torah que nous méritons d’accomplir dans tous les exils.

Source: Elhanan Lepek