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Une biologiste israélienne explique l'effet eau de jouvence de la grossesse

Israël Technologies


Est-ce qu’avoir des enfants maintiendrait jeune le corps en plus de la tête ? De nombreuses expériences sur la souris semblent montrer que la grossesse rajeuniraitt la mère. Une vraie eau de jouvence ! T.F Michaeli, Y. Bergman and Y. Gielchinsky, chercheurs en biologie et en gynécologie à l’Université Hébraïque de Jérusalem dressent un état des lieux de ces découvertes. D’où vient cette idée ?

Le vieillissement est associé à une réduction de la capacité des tissus à se régénérer et à guérir suite à une blessure. Ceci est attribué à une altération du fonctionnement de nombreux processus biologiques. Notamment on observe des modifications des facteurs de croissance et de la matrice extra-cellulaire, ainsi que l’accumulation de dommages dans l’ADN. 

Il est possible de contrer ces effets chez la souris en réalisant une parabiose (connexion des circulations sanguines) entre une souris âgée et une souris jeune. Ceci a notamment pour conséquence de restaurer la capacité de régénération du muscle strié chez la souris âgée.

Plus précisément, il semble que c’est le contact avec le sérum du jeune animal qui permette l’augmentation du potentiel régénératif de l’animal âgé. Il serait donc possible que la baisse de ce potentiel soit réversible et que des facteurs présents chez l’animal jeune puissent rajeunir son compère âgé. 

La grossesse peut être considérée comme un état de parabiose naturel. En effet, le système circulatoire de la mère et celui du fœtus communiquent. Quel est l’effet de la grossesse sur les capacités régénératives de la mère ?


Effets de la grossesse sur la régénération des organes de la mère
De nombreux effets de la grossesse sur les organes maternels ont été observés.
Chez la souris, comme chez l’humain, le foie se régénère plus lentement du fait du vieillissement. 

Cette capacité de régénération est grandement améliorée quand les souris âgées sont gravides. Des améliorations liées à la gestation sont visibles aussi au niveau du système nerveux central : les souris gravides présentent une re-myélinisation deux fois plus efficace que celle des souris contrôles dans des expériences de démyélinisation provoquée du système nerveux. 

Deux facteurs sont susceptibles d’intervenir dans ce phénomène : la prolactine et un facteur sécrété par l’embryon (le facteur embryonnaire préimplantatoire PIF).

Par ailleurs, la gestation protège aussi la souris contre certaines lésions cardiaques, en jouant sur la régénération de ces cellules à partir de cellules précurseurs au niveau de l’endroit affecté. 

On s’intéresse de ce fait aux facteurs dérivés du placenta en vue de les utiliser pour d’éventuelles thérapies cellulaires cardiaques.
Enfin, il arrive que ce soient les cellules fœtales elles-mêmes qui interviennent dans la régénération des organes maternels. 

Chez les humains, on détecte des cellules fœtales dans la circulation maternelle à partir de la 6ème semaine, et leur nombre va ensuite en augmentant durant la grossesse. 

Ces cellules participent en particulier à la cicatrisation des plaies maternelles, et peuvent même atteindre le cerveau de la mère. 

Elles semblent aussi être capables d’intervenir dans des maladies maternelles : il a été observé chez une femme enceinte souffrant d’une hépatite que la source de ses hépatocytes était devenue d’origine fœtale.

Grossesse et longévité
Il existe une théorie selon laquelle la mise au monde de nouveaux individus se fait au détriment de la longévité maternelle. Selon cette théorie, un grand nombre d’enfants et un jeune âge lors de la première grossesse raccourciraient la vie maternelle, du fait d’un épuisement de l’énergie de la mère. 

Des études à grande échelle ont démenti cette théorie. L’élément commun qui ressort de ces études est que la longévité féminine est positivement corrélée avec l’âge de la femme lors de sa dernière grossesse. 

Les études récentes sur le sujet, décrites plus haut, sont cohérentes avec cette observation : une dernière grossesse à un âge relativement tardif aurait un effet "rajeunissant" sur la mère, qui l’aiderait à contrer le vieillissement.

Il y a évidemment pour l’instant plus de données sur la souris que sur les humains, et d’autre part les grossesses qualifiées de tardives font généralement peur à cause des risques éventuels pour l’enfant ainsi que pour la mère. 

Ces études semblent susceptibles de faire réviser ce regard négatif, en tout cas en ce qui concerne la mère, et d’ouvrir de façon plus générale de nouvelles éventualités thérapeutiques.