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Certificat de Cacherout pour le savon et les produits de cosmétique

Halakhot Quotidiennes


Question: Est-il permis d’utiliser une crème corporelle contenant des ingrédients non-Cacher?
Est-ce que les produits cosmétiques nécessitent un Hah’cher (un certificat de Cacherout)?

Réponse:

Les propos de Rabbénou Tam

Au sujet de Yom Kippour – où il est interdit de boire et de s’enduire (application d’huile ou autre) - , les Tossafot écrivent au traité Yoma (77a) au nom de Rabbénou Tam que même si nos maîtres ont décrétés l’interdit de s’enduire au même titre qu’il est interdit de boire, malgré tout, vis-à-vis des autres interdits alimentaires,

comme la consommation de graisses animales interdites ou de graisses d’animaux interdits, il n’y a pas d’interdiction de s’enduire. Même si l’on est passible de la sentence de Karèt (bannissement de ce monde-ci et de l’autre monde) lorsqu’on consomme de la graisse animale interdite, malgré tout, puisque la graisse animale interdite reste permise au profit, il est permis de s’enduire au moyen d’une telle graisse. Ce n’est que vis-à-vis de Yom Kippour qu’il est interdit de s’enduire de façon générale comme il est interdit de boire.

L’opinion du Rachba et du Oreh’ot H’aïm

Certains de nos maîtres les décisionnaires médiévaux se montrent plus rigoureux sur la question. Selon eux, seuls le fait de s’enduire et de se laver dans le but de se guérir sont permis au moyen d’éléments interdits, mais se laver ou s’enduire pour le plaisir (comme l’utilisation d’un savon ou d’une crème corporelle contenant des matières animales), reste interdit si le produit contient des éléments interdits à la consommation, au même titre que le fait de s’enduire est interdit le jour de Yom Kippour. Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l s’est longuement étendu sur ce point, et il cite la divergence d’opinion parmi les décisionnaires sur cette question.

L’opinion de notre maître le Rav z.ts.l concernant un produit inconsommable
Malgré tout, au sujet d’un savon ou d’une crème corporelle ou autre, faits à base de graisse animale interdite ou à base de graisse d’animaux interdits ou autre, notre maître le Rav z.ts.l écrit (dans Chou’t Yéh’avé Da’at vol.4 chap.43) qu’étant donné que le goût de ces produits est considérablement détérioré, et qu’il est impossible de les consommer, il n’y a pas d’interdiction de les utiliser, et cela selon tous les avis. (nous apprenons cela à partir de la Guémara ‘Avoda Zara 68a où il est enseigné que toute aliment interdit qui n’est absolument plus consommable, n’a absolument plus le statut d’interdit).

Les propos du RAMBAM et leur explication
C’est ainsi que tranche le RAMBAM (chap.14 des règles relatives aux aliments interdits) : « Une personne qui consomme un aliment interdit lorsqu’il a moisi et n’est plus qualifiable d’aliment, est exempte de condamnation. »

Il est vrai que certains de nos maîtres les décisionnaires des récentes générations expliquent les propos du RAMBAM dans le sens où la personne est effectivement exempte de condamnation selon la Torah, mais que la chose reste malgré tout interdite par décret de nos maîtres, comme nous l’avons appris dans les règles de Péssah’, qu’il est interdit de consommer un pain même si celui-ci est complètement carbonisé au point de ne plus être consommable par un chien, et cet interdit est érigé par nos maîtres.

Malgré tout, notre maître le Rav z.ts.l écrit que l’on peut autoriser de s’enduire ou d’appliquer une crème corporelle, ou bien d’utiliser un savon contenant des ingrédients interdits, puisque selon l’opinion de Rabbénou Tam il est permis de s’enduire même avec de la véritable graisse animale interdite, même si elle est encore consommable. Même les contestataires de l’opinion de Rabbénou Tam admettent que lorsqu’il s’agit d’une chose complètement détériorée au goût, on peut autoriser.

Par conséquent, sur le plan pratique, il est permis d’utiliser un savon ou une crème corporelle qui n’ont pas de Heh’cher (certificat de Cacherout), même si l’on sait de façon certaine qu’ils contiennent des ingrédients animaux interdits à la consommation. Mais on ne doit pas autoriser l’application d’une graisse animale interdit (à l’état naturel) interdite à la consommation, lorsqu’elle est encore consommable, sauf dans un but de guérison ou en situation de souffrance physique.

Source: Halakha Yomit