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Moche et la destruction des Temples de Jérusalem

Halakhot du 9 av


MOCHE ET LA DESTRUCTION DES TEMPLES DE JERUSALEM - LE 9 AV ET LES JUIFS


La Torah impute à Moché des fautes qui l'ont empêché de pouvoir entrer en Terre promise. Le plus souvent, la raison invoquée de cette privation tient à ce que Moché, au lieu de parler au rocher indiqué par D ieu, l'a frappé. Or, quand on sait la grandeur d'un tel homme, comment peut- on imaginer qu'il ait pu commettre une pareille faute.

En parlant au rocher, Moché aurait sanctifié le Nom de D ieu et, donc, il a commis l'inverse en ne le faisant pas. Puis, en diverses autres occasions, que nous ne citerons pas, on dit également que pour telle et telle autre raison, Moché n'entra pas en Eretz Israël. On peut donc légitimement se poser la question : quelle faute véritable Moché a-t-il bien pu commettre pour être si sévèrement réprimandé et puni ?

Moché a-t-il véritablement commis les fautes qu'on lui impute, ou s'agit-il d'un moyen, ou de moyens, de l'empêcher tout simplement d'entrer en Terre sainte ? Une seule raison répondra à ces interrogations tout à fait justifiées. On peut alors se demander, dans ce cas : si ce ne sont pas ces fautes qui l'ont rendu coupable, pourquoi n'a-t-il pas pu entrer en Terre sainte ? Moché était d'une sainteté, d'une pureté et d'une intégrité telles que sa seule présence au sein de l'état d'Israël aurait pu remettre en question l'existence même du peuple juif.

En effet, à chaque fois que D ieu est mécontent du comportement du peuple, D ieu préfère encore détruire des objets plutôt que de détruire le peuple.

Ainsi, lors du don de la Torah, quand Moché était auprès d'HaChem pour recevoir les Tables destinées au peuple juif, ce même peuple avait écouté un groupuscule d'hommes qui l'avait entraîné à fabriquer le veau d'or devant servir, en quelque sorte, de substitut de D ieu.

Devant un tel sacrilège, les lettres inscrites dans les Tables se sont envolées vers D ieu et Moché, sous le poids de ces pierres, jeta les Tables. Il y eut certes de nombreuses victimes mais le peuple est resté vivant. Cet exemple est édifiant, sans en citer d'autres, pour comprendre que l'acte de Moché a été accompli précisément pour que la colère divine n'éclate pas dans sa pleine puissance pour détruire totalement ce peuple.

Dans le même ordre d'idées, si Moché était en Israël et que le Temple était construit, s'il y avait eu faute du peuple, la sainteté de Moché aurait fait obstacle à la destruction de ce Temple. La colère d'HaChem se serait donc alors déversée sur le peuple qui aurait été détruit une fois pour toute.

Pour éviter cela, il ne fallait pas que Moché soit en terre sainte, si le peuple en venait à fauter. D ieu, sachant que ce peuple risquait éventuellement de fauter de nouveau, a, en quelque sorte, préféré éviter le pire pour le peuple. On peut dire, par cette démonstration, que tout était bon pour que Moché n'entrât pas en Terre sainte.

Toutefois, il n'était pas possible de le dire ouvertement. Il avait donc fallu trouver des arguments recevables pour justifier le refus de D ieu de permettre à Moché d'entrer en terre sainte. Par ailleurs, bien plus tard, Moché priera D ieu avec beaucoup d'intensité pour, au moins, entrer dans ce pays avec le peuple qu'il avait mené jusque là.

D ieu était tellement sensible à Moché qu'il lui interdit de continuer de prier. Si Moché avait continué de le faire, D ieu aurait risqué de fléchir et de lui permettre, malgré tout d'entrer dans ce pays. Mais Moché comprenant les choses cachées de D ieu préféra cesser ses prières. Le 9 Av nous rappelle précisément la destruction des deux Temples de Jérusalem.

Ces deux Temples ont pu être détruits parce que la majesté de Moché n'était pas présente. Mais pourquoi ces Temples ont-ils été successivement détruits pas les ennemis ? La raison la plus souvent invoquée est qu'à ces époques régnait la haine gratuite entre les juifs.

Mais on dit également qu'ils avaient pris la mauvaise habitude de médire. D'autres comportements semblables leur étaient reprochés. Si bien que la culpabilité du peuple ne permettait plus le règne de la Présence divine.

Aussi, tant que le troisième Temple ne sera pas rebâti par D ieu, nous aurons le devoir cyclique, pendant le 9 Av, de marquer une période de deuil. Cette période s'étend du 1er au 9 Av. C'est un véritable deuil, au plein sens du mot. Cette année, 5774, roch H'odech Av sera le lundi 28 juillet.

Ce jour, le Rav Ovadia Yossef autorise de manger de la viande. Certaines autres autorités ne le permettent pas, mais le décisionnaire de notre génération reste le Rav Ovadia Yossef. Semaine maigre : du mardi 29 juillet jusqu'au dimanche 3 août.

Cette fois, interdiction formelle de manger de la viande, sauf cas particulier à vérifier avec son rabbin. Puis, la veille du 9 Av sera le lundi 4 août, dès 21 h.24 ; Le mardi 5 août est le jeûne du 9 Av qui se terminera à 22 h.08. Que cette année soit la dernière où nous aurons à nous mortifier pour cette occasion.

Pendant ces neuf jours, on ne peut plus manger de viande, ni se livrer à quelque réjouissance que ce soit, ni même prendre un bain ou mettre des vêtements neufs, ou encore dire la bénédiction de « chééh'eianou » pour les nouveaux aliments ou les nouveaux vêtements. Quant au 9 Av à proprement parler, dès la veille au soir, avant la tombée de la nuit, on prend le dernier repas avant le jeûne, que l'on appelle « séoudat mafsékèt ».

A la veille de kippour, on fera également ce repas portant le même nom. Toutefois, à la veille du 9 Av, on prendra d'abord le repas puis on dira Minh'a (la prière de l'après-midi), tandis qu'à la veille de kippour, ce sera l'inverse : on priera d'abord Minh'a et on fera séoudat mafsékèt ensuite. D'autres lois importantes doivent être pratiquées en ce jour. Dès la tombée de la nuit, chacun devra se déchausser, ou porter des chaussures faites avec autre chose que du cuir, principalement pour la semelle.

D'autre part, on devra éteindre les lumières et ne laisser qu'une seule bougie pour l'officiant qui priera Arvit (prière du soir). Mais pour les Lamentations et les Élégies qui suivront, on ajoutera quelques bougies pour pouvoir procéder à ces lectures.

Nous ne sommes pas à Kippour, donc l'allumage de ces bougies supplémentaires ne présente pas de problème. Dès le lendemain matin, pour l'ablution des mains, on ne versera de l'eau que sur les phalanges uniquement. Ensuite, après avoir essuyé partiellement les mains, on se les passera sur les yeux.

Toutefois, ceux qui auraient quelques difficultés à procéder ainsi, ils pourraient un petit peu plus se mouiller les yeux. On ne peut bien évidemment pas prendre de douche, ni même se laver ou changer de vêtements. Les mêmes interdits de kippour sont applicables à ce jour.

Les maris et femmes resteront écartés l'un de l'autre. Pendant ce jour, pas de confort d'aucune sorte, ni de réjouissance d'aucune façon. A la veille des vacances d'été, il est grandement recommandé, principalement du 1er au 9 Av de bien faire attention à ses faits et gestes, d'éviter d'aller à la mer, même séparés, ou se promener tout simplement.

On restera attentif à tout et plutôt que de regarder la télévision et écouter la radio pour passer le temps, on préférera étudier les textes bibliques les plus tristes, notamment le Livre des Lamentations, ou les Lois relatives au deuil, le Livre de Job, des passages de Jérémie, etc...

Nous vivons actuellement une période révélatrice. Ces moments durs, éprouvants, endeuillant, qui se produisent notamment en Israël – et même ailleurs – on devrait s'interroger, chacun et chacune, pour bien vérifier si nous ne devrions pas procéder à une profonde téchouva, un profond retour pour mettre fin à toutes ces catastrophes indicibles.

Je ne me permettrai en aucune façon de dire que ceux qui sont tombés le seraient parce qu'ils auraient des choses à se reprocher. Je dirai davantage que tous ces tombés l'ont été par kiddouch HaChem, pour sanctifier, même involontairement, le nom de D ieu.

Je me permettrai également d'ajouter que beaucoup envisagent de s'exiler ailleurs pour éviter le pire. Or, le mal est partout ; les dangers sont partout. Ce que nos yeux ont vu n'ont fait que révéler ce que sont nos ennemis cachés, qui se sont servis de l'occasion pour exprimer le fond de leur être.

Aussi devons-nous plus que jamais être vigilants, s'interroger, faire un grand retour vers D ieu et se livrer de toutes ses forces à l'étude de la Torah et la pratique des Mitsvoth (préceptes religieux) intensivement et bien plus qu'à l'accoutumée. Ceux qui, par conviction, préfèrent aller en Israël, nul doute qu'ils bénéficieront de la bénédiction divine.

Toutefois, en toute modestie, il ne me paraît pas qu'en s'exilant, ici ou là, on résolve quoique ce soit. N'oublions pas que si le mal en est arrivé à s'exprimer ouvertement avec insolence, arrogance et brutalité, au mépris de toutes les institutions les plus hautes soient-elles, c'est qu'il est urgent que chacun d'entre nous, dans un premier temps, fasse un travail intérieur décapant.

Seule, la Main divine nous délivrera de tous ces maux, mais en restant attentif à tout et à nous surtout. Le chemin actuel pris par la société destructrice montre et démontre que seul le mieux va très bientôt nous envahir pour nous couvrir de très belles choses, mais que nous ne mériterons sans nul doute qu'avec ce travail attentif et urgent sur nous-mêmes.

Le Messie est très certainement devant notre porte. Ouvrons-Lui grande la porte pour qu'Il pénètre dans tous nos foyers et que la délivrance ultime se produise pour éradiquer à tout jamais tous les maux de toutes sortes pour que le troisième Temple soit rebâti et que le monde devienne, au bout du compte, un unique grand peuple d'Israël capable de célébrer D ieu, de L'adorer pour toujours.


RAV BITAN

www.rabbinbitan.fr

Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. – 06 20 58 71 78

Spécialiste dans la préparation à la conversion.

Agréé par le Consistoire

Rabbin psychologue.

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