Parachat Noah'

Les jours de « Ben Ha-Métsarim »

Halakhot du 9 av

Les jours entre le 17 Tamouz et le 9 Av se nomment les jours de « Ben Ha-Métsarim » (« entre les détresses »), en correspondance au verset de Eih’a (chap.1 verset 3) « Tous ses poursuivants l’ont atteinte (Jérusalem) entre les détresses… ».
Or, nos maîtres enseignent qu’il s’agit là des jours entre le 17 Tamouz et le 9 Av, pendant lesquels les ennemis ont pénétrés notre sainte et glorieuse ville de Jérusalem, et ont réalisé les pires destructions au sein d’Israël, jusqu’à la date du 9 Av où ils ont détruit le Beit Ha-Mikdach (le Temple de Jérusalem), à cause de nos nombreuses fautes. Depuis ce temps, le peuple d’Israël n’est plus en sécurité, et des ennemis se lèvent contre nous de toute part.

Le degré de deuil durant cette période, et la semaine dans laquelle tombe le 9 Av cette année


Durant cette semaine, nous expliquerons – avec l’aide d’Hachem - les règles de « Ben Ha-Métsarim » (à partir de ce que l’on a développé les années précédentes, avec un supplément). Ces règles sont divisées, car à partir du 17 Tamouz jusqu’à Roch H’odech Av, nous observons quelques usages de deuil, et à partir de Roch H’odech Av, nous ajoutons d’autres usages de deuil. Ensuite, durant la semaine dans laquelle tombe le jeûne, d’autres usages de deuil entrent en vigueur.

Cette année (5776), la date du 9 Av tombe un Chabbat, et par conséquent, le jeûne est repoussé au lendemain dimanche. De ce fait, les règles de « la semaine dans laquelle tombe le jeûne du 9 Av » n’entrent pas en vigueur. Cependant, il existe des différences sur ce point entre les Séfaradim et les Achkénazim, comme nous l’expliquerons. Si Hachem nous envoi le Machia’h pour nous délivrer définitivement, nous parlerons alors –avec l’aide d’Hachem – de sujets de joie, car « les paroles d’Hachem sont justes et réjouissent le cœur. »

La bénédiction de Chéhé’héyanou pendant cette période
Il est bon d’avoir la vigilance de ne pas réciter la bénédiction de Chéheh’eyanou sur un fruit nouveau ou sur un vêtement nouveau, pendant la période de Ben Ha-Métsarim, depuis le soir du 17 Tamouz jusqu’à après le 9 Av. Il faut laisser le fruit ou le vêtement jusqu’à après le 9 Av, et il ne faut pas non plus le consommer sans réciter la bénédiction de Chéheh’eyanou.

Cette tradition prend sa source dans le Séfer Ha-H’assidim qui écrit qu’ils ne consommaient pas de fruits nouveaux pendant la période de Ben Ha-Métsarim car ils disaient : « Comment pouvons nous prononcer les mots : qui nous a fait vivre, qui nous a fait exister, qui nous a fait parvenir jusqu’à ce moment ?! »

C’est ainsi que tranche également MARAN dans le Choulh’an Arouh’, qu’il est bon d’avoir la vigilance de ne pas réciter la bénédiction de Chéheh’eyanou pendant la période de Ben Ha-Métsarim, sur un fruit ou sur un vêtement. Même notre maître le ARI zal écrit qu’il ne faut pas réciter la bénédiction de Chéheh’eyanou pendant la période de Ben Ha-Métsarim. Telle est l’opinion de la majorité des Ah’aronim (décisionnaires des générations récentes et contemporains) (‘Hazon Ovadia – Arba’ Ta’aniyot page 129).

Si une femme enceinte voit un fruit nouveau et en éprouve l’envie de le consommer, elle est autorisée à le consommer pendant cette période, en récitant la bénédiction de Chéheh’eyanou.

Pendant les Chabbatot de la période de Ben Ha-Métsarim, il est permis de réciter la bénédiction de Chéheh’eyanou sur un fruit nouveau ou sur un vêtement nouveau.
Cependant, après Roch H’odech Av, il est convenable de s’imposer la H’oumra (la rigueur) de ne pas réciter la bénédiction de Chéheh’eyanou sur un vêtement nouveau, même pendant Shabbat, mais sur un fruit nouveau, on peut autoriser à réciter cette bénédiction, même pendant le Chabbat qui se trouve après Roch H’odech Av.

La raison pour laquelle nous faisons cette différence entre le vêtement et le fruit, réside dans le fait que selon l’opinion du Rama, il est interdit de revêtir un vêtement nouveau après Roch H’odech Av, et cela, sans aucun rapport avec la bénédiction de Chéheh’eyanou, mais pour ce qui est de la consommation d’un fruit nouveau, il n’y a aucun interdit du simple point de vue de la consommation du fruit, mais uniquement du point de vue de la bénédiction de Chéheh’eyanou qu’il ne faut pas réciter durant cette période.

Par conséquent, il est permis de consommer un fruit nouveau pendant Chabbat, même après Roch H’odech Av, mais pour un vêtement, il est convenable de s’imposer la H’oumra (la rigueur) de ne pas l’inaugurer après Roch H’odech Av, même pendant Chabbat.
C’est ainsi que tranche notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l dans son livre Chou’t Yeh’avé Da’at (tome 1 chap.37)

En conclusion: On ne doit pas réciter la bénédiction de Chéheh’eyanou sur un nouveau vêtement ou un fruit nouveau pendant la période de Ben Ha-Métsarim.

Durant les Chabbatot de cette période, on peut autoriser. Durant le Chabbat après Roch H’odech Av, on doit s’imposer la rigueur vis-à-vis d’un nouveau vêtement, mais vis-à-vis d’un fruit nouveau on peut autoriser.

Il est permis d’acheter des nouveaux vêtements pendant la période de Ben Ha-Métsarim, jusqu’à Roch H’odech Av. Mais on ne peut les porter qu’après Tich’a Bé-Av comme nous l’avons écrit.

Source: Halakha Yomit

Bannière