Parachat Noah'

Le Temple vit encore en nous

Halakhot du 9 av

Cette Halacha est dédiée à
L'élévation de la Neshama du Grand Rabbin ‘Haïm Yéhouda Ya’akov Méss’oud Ben Esther (MAMAN) z.ts.l, Grand Rabbin de VILLEURBANNE (France), décédé des suites d'une longue maladie, ainsi qu'à la prompte et totale guérison de mon beau père Its'hak Ben ‘Aisha (BENICHOU) d’Ashdod, de Charly Israël Ma’hlouf Ben ‘Aisha (BENICHOU) d’Ashdod, de Ménou’ha Eliana Bat Esther (Réfouat Ha-Néfesh Ou-Rfouat Ha-Gouf), et de Eliahou Ben Myriam (LASRY), Caroline Elasri Bat Emma, Judith Yéhoudit Bat Méssa’ouda, Karine Fré’ha ‘Haya bat Ma’ha, Serge Shim’on Ben Feïgle parmi tous les malades d’Israël.


Nos maitres enseignent dans la Guémara Ta’anit (30b) :
Celui qui mange et boit le jour du 9 Av, ne méritera pas de voir la réjouissance de Jérusalem. Celui qui prend le deuil sur Jérusalem, mérite de voir sa réjouissance, comme il est dit (Yécha’ya 66) : « Réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez dans l'allégresse pour elle, vous tous qui l'aimez ! Prenez part à sa joie, vous tous qui êtes en deuil à son sujet ! ».

Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l fait une analyse des termes employés par nos maitres dans cet enseignement. En effet, au début de leurs propos, nos maitres disent que celui qui ne prend pas le deuil sur Jérusalem « ne méritera pas » de voir sa réjouissance, en utilisant une forme au passé. Alors qu’en fin de leurs propos, nos maitres modifient la forme et disent que celui qui prend le deuil sur Jérusalem « mérite » de voir sa réjouissance, en utilisant cette fois-ci une forme au présent.


Nous pouvons donc nous interroger : Pourquoi nos maitres changent la forme de leurs propos ? Il était plus juste d’enseigner même à la fin « il méritera de voir sa réjouissance ».

Notre maitre le Rav z.ts.l explique que vis-à-vis d’un mort (une personne véritablement morte), Hachem a décrété qu’il soit oublié après 12 mois depuis son décès (car en général, les endeuillés commencent à se consoler du décès de leur proche après 12 mois, et la peine commence à s’estomper).

C’est pour cela que lorsque Ya’akov Avinou pensa par erreur que son fils Yossef avait été dévoré par une bête sauvage, il est dit (Béréchit 37) : « Tous ses fils et ses filles se levèrent pour le consoler, mais il refusa de se consoler … » Cela signifie que Ya’akov Avinou continua le deuil sur Yossef durant de nombreuses années, et ceci en raison du fait qu’il n’arrivait pas à se consoler et donc à « oublier », puisqu’il n’a pas été décrété qu’un vivant soit oublié, or Yossef était à ce moment là réellement vivant.

Par conséquent, il en est de même vis-à-vis du deuil sur la destruction du Temple.
Même si de très nombreuses années se sont écoulées depuis sa destruction (1947 ans cette année), nous continuons à nous affliger, car le Temple céleste (il y a un Temple dans le ciel) est bien vivant et existant, comme il est dit : « Le Temple, ce sont Tes mains Hachem qui l’ont créé ! » (une œuvre divine ne peut disparaître).
Le 3ème Temple - qui sera reconstruit rapidement et de nos jours – doit descendre du ciel en étant déjà construit.
Le fait de prendre le deuil sur Jérusalem, représente un bon signe puisqu’ainsi « on mérite de voir sa réjouissance ». Le simple fait de prendre ce deuil montre que le Temple est encore vivant au fond de chacun de nous, et que l’on est ainsi amené à voir sa réjouissance.
Nos maitres enseignent par ailleurs que le Machiah’ fils de David doit naître le jour du 9 Av, ce qui signifie que lorsqu’on est encore dans le deuil sur la destruction du Temple, à ce moment précis commencent à briller les premières étincelles de la rédemption finale, c’est là qu’elles se font ressentir et arrivent.

Il est dit dans les livres des prophètes (Zéh’arya 8) :
« Ainsi parle Hachem Tsévaot : Le jeûne du quatrième mois et le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième mois seront changés pour la maison de Yéhouda en joie et en allégresse et en fêtes solennelles. Mais chérissez la vérité et la paix ! »
Nous avons appris de ce verset que tous les jours de jeûnes que nous observons sur la destruction du Temple sont appelés à disparaitre et à devenir des jours de fêtes et des jours de joie et d’allégresse lors des temps messianiques.
De même, notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l conclut les règles du deuil du 9 Av dans son livre ‘Hazon Ovadia-Arba’ Ta’aniyot (page 420 note 6 au bas de la page) en citant les termes des versets du livre de Yécha’ya (60-20, 22 ; 62-3) :
« Ton soleil n'aura jamais de coucher, ta lune jamais d'éclipse; car Hachem sera pour toi une lumière inextinguible, et c'en sera fini de tes jours de deuil. »
« Le plus petit deviendra une tribu, et le plus chétif une nation puissante. Moi Hachem, l'heure venue, j'aurai vite accompli ces promesses. »
« Et tu seras une couronne glorieuse aux mains d’Hachem, et un diadème royal dans la paume de ton D.ieu. » Amen VéAmen !

Sources: Halakha Yomit

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