Parachat Noah'

« Dès le début du mois de Av, nous diminuons la joie »

Halakhot du 9 av


La destiné d’Israël pendant le mois de Av
Même si quelques règles de deuil sont déjà en vigueur pendant la période de Ben Ha-Métsarim (les 3 semaines entre le 17 Tamouz et le 9 Av), comme nous l’avons expliqué dans des précédentes Halachot, malgré tout, dès le début du mois de Av - et cela, jusqu’au 10 Av - des règles supplémentaire entrent en vigueur, puisque c’est le mois dans lequel est survenue la destruction des 2 Baté Mikdach (les 2 Temples de Jérusalem à 2 époques différentes).

Nos maîtres nous enseignent que ces jours-là sont des jours de malheur pour Israël, et leur destin ne leur est pas favorable. Ces jours sont voués au malheur.
Voici les termes de la Guémara Ta’anit (26b) à ce sujet :

« Dès l’entrée du mois de Av, nous diminuons la Simh’a (la joie). Par conséquent, si un juif a un litige avec un non-juif, il doit éviter de passer en justice pendant ces jours là, et doit reporter le procès après le 10 Av. »

Achats liés à une réjouissance
Depuis Roch H’odech Av, nous diminuons toutes formes d’achats liés à une réjouissance, comme des nouveaux meubles pour un futur couple, ou bien des bijoux en or ou en argent même pour soi-même, ou autre.
Pour ce qui est des autres achats qui ne sont pas liés à une réjouissance, comme acheter des nouveaux meubles pour soi-même, ou une nouvelle voiture, bien qu’il sera juste de s’en abstenir, cependant, on a l’habitude de le tolérer.

Notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit qu’il est quand même convenable de s’abstenir de s’acheter des nouveaux meubles ou une nouvelle voiture pendant ces jours là, puisque cela représente quand même une réjouissance pour nous même.
Consommation de viande et de vin

Tout le peuple d’Israël a la tradition de ne consommer ni viande ni vin depuis Roch H’odech Av jusqu’au 10 Av inclus, excepté Chabbat. (Ce sujet sera traité largement dans une Halacha indépendante).
Lundi - jour de Roch H’odech Av - il sera encore permis de consommer de la viande et du vin, car notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit que l’on s’en abstient seulement après Roch H’odech, c'est-à-dire, à partir de 2 Av. Mais selon la tradition des Achkénazim, il faut s’en abstenir dès le jour de Roch H’odech (H’azon Ovadia-Arba’ Ta’aniyot page 169).

La semaine dans laquelle tombe le 9 Av
Pendant la semaine où tombe le jeûne (« Chavoua’ Chéh’al Bo »), d’autres usages de deuil sont en vigueur, et parmi ces usages, l’interdiction de se laver le corps à l’eau chaude (mais il est permis de se laver à l’eau froide) , ainsi que l’interdiction de laver le linge ou bien de porter du linge propre. Cette année (5777), le 9 Av tombe un mardi (depuis la veille, lundi soir), et par conséquent, nous n’avons cette année que 2 jours de la semaine dans laquelle tombe le jeûne, hormis le jour du jeûne lui-même.

Les rigueurs observées par les Achkénazim
Cependant, la tradition des Achkénazim est de s’abstenir dès Roch H’odech Av de se laver, aussi bien à l’eau chaude qu’à l’eau froide.
(Ils s’imposent donc 2 rigueurs : S’interdire de se laver dès Roch H’odesh Av ; s’interdire également de se laver à l’eau froide).

Cependant, même selon la tradition des Achkénazim, s’il s’agit d’une personne qui habite un pays où le climat est chaud, comme Erets Israël, ou bien d’une personne qui transpire beaucoup, il est permis de se laver avec de l’eau qui n’est pas chaude même pendant la semaine où tombe le jeûne, car les Achkénazim n’ont pris sur eux ces rigueurs que pour les pays qu’ils habitaient, qui étaient des pays au climat assez froid, nous pouvons permettre même à un Achkénazi de se laver au moins à l’eau froide pendant cette période.

Nous avons entendu de la bouche de notre maitre le Rav z.ts.l qu’étant jeune, il avait déjà tranché qu’il était autorisé aux Achkénazim en Erets Israël de se laver en cette période avec de l’eau qui n’est pas chaude, et il eut beaucoup de peine lorsqu’il constata que le Gaon Rabbi Chélomo Zalman OYERBACH z.ts.l trancha la rigueur sur ce point. Jusqu’au moment où l’on diffusa au nom du Gaon Rabbi Moché FEINCHTEIN z.ts.l qu’il autorisait lui aussi. C’est alors que notre maitre le Rav z.ts.l se réjouit de ses propos, car « le respect de la vie en société est tellement important » (Gadol KAvod Ha-Bériyot).

De même, les Achkénazim sont plus rigoureux au sujet du lavage du linge et pour le fait de porter des vêtements propres, car les Séfaradim ne se l’imposent qu’à partir de la semaine dans laquelle tombe le 9 Av, alors que les Achkénazim se l’imposent dès Roch H’odech Av. Nous reviendrons plus largement sur ce point par la suite avec l’aide d’Hachem.

Achats pour un futur couple
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit que si la date d’un mariage est fixée immédiatement après le 9 Av, et que le H’atan (le marié) n’a pas encore accompli la Mitsva de « Pirya Vérivya » (le devoir de procréation duquel nous nous acquittons que lorsque nous avons au moins un garçon et une fille), il est permis d’acheter tout le nécessaire du mariage même pendant cette période, et cela, même s’il restera du temps pour le faire entre le 9 Av et le mariage (par exemple, si le mariage est fixé au 15 Av) mais que les prix risquent de monter.

En conclusion: Il existe 4 niveaux de sévérité du deuil pendant cette période :
La plus faible est depuis le 17 Tamouz jusqu’à Roch H’odech Av.
Ensuite, depuis Roch H’odech Av jusqu’au 10 Av inclus ;
Puis, toute la semaine dans laquelle tombe le jeûne.
Et enfin le niveau le plus sévère, le jour du 9 Av qui est un jour de deuil et de jeûne.

Qu’il en soit la volonté d’Hachem, que ce mois se transforme en joie et allégresse, en jours de fêtes, avec la venue de notre Machia’h et le reconstruction du Temple, Amen.

Source: Halakha Yomit

Bannière