Parachat Vayigach

Le mois d’Adar - Pourim 5777 / 2017

Halakhot de Pourim


Lorsque Pourim tombe un samedi soir
Nous sommes aujourd’hui le 1 Adar, 2ème jour de Roch H’odech Adar.
Cette année, Pourim (14 Adar) tombe un dimanche. Or, comme nous le savons, on fête Pourim en tout endroit à la date du 14 Adar, excepté les villes entourées d’une muraille depuis l’époque de Yéhochoua’ Bin Noun, où l’on fête Pourim le 15 Adar.

Le jeûne d’Esther lorsque sa date tombe un Chabbat
La date du jeûne d’Esther tombe cette année un Chabbat. Par conséquent, nos maîtres l’ont avancé dans un tel cas au jeudi précédent, qui correspond à la date du 11 Adar. A la lueur de tout ceci, nous devrons cette année expliquer certaines autres règles spécifiques à Pourim un samedi soir.


« Lorsque débute le mois d’Adar, on augmente toute forme de joie… »
Il est enseigné dans la Guémara Ta’anit (29a) :
Rabbi Yéhouda fils de Rav Chmouel Bar Chilat dit au nom de Rav :
De même que lorsque débute le mois de Av, on diminue toute forme de joie, ainsi lorsque débute le mois d’adar, on augmente toute forme de joie. Rav Papa dit : c’est pourquoi, si un juif est en litige avec un non juif, il doit s’efforcer de ne pas faire juger son litige au mois de Av, car à ce moment-là, le Mazal (la destinée) n’est pas favorable à Israël. Il devra tout mettre en œuvre afin de faire juger son affaire au mois d’adar, où la destinée est très favorable à Israël.

Cet enseignement prend sa source dans un verset de la Méguila:
« Le mois qui s’est transformé pour de la tristesse à la joie … ».
Ceci nous apprend que la destiné de ce mois entraine le sauvetage et le bien pour Israël, car durant ce mois leur destiné est bonne.

La remarque des commentateurs: « Israël n’a pas de destiné (Mazal) »
Les années précédentes, nous avions mentionné la remarques des commentateurs : Comment la Guémara peut-elle dire qu’au mois d’adar, la destinée est très favorable à Israël, alors qu’il est enseigné dans la Guémara Chabbat (156b) qu’Israël n’a pas de destiné, c'est-à-dire, qu’Israël n’est pas soumis à l’influence des astres comme les non-juifs, car il est placé de façon directe sous la seule bienveillance d’Hachem.
Plusieurs explications ont été données pour répondre à cette remarque.

Selon le RYTBA (Rabbi Yom Tov Ben Avraham), même si effectivement Israël n’est pas soumis à la destinée des astres, Hachem a décrété qu’Israël doit être soumis à la destinée définie par les astres, durant ces 2 mois de l’année.
Le RYTBA ajoute qu’il est aussi possible de maintenir l’idée selon laquelle, Israël n’est pas du tout soumis à la destinée définie par les astres – y compris durant ces 2 mois de l’année – et que le fait d’enseigner que la destinée est très favorable à Israël durant le mois d’adar, signifie simplement que de très bonnes choses sont décrétées durant ce mois. (Or, les décrets n’émanent que d’Hachem et non pas des astres, qui n’ont aucune influence sur Israël.)

Selon le MAHARCHA, le fait d’enseigner qu’Israël n’est pas soumis à la destinée définie par les astres, signifie que tout ce qui est décrété par Hachem, se réalisera, sans aucune distinction entre les bonnes et les mauvaises choses, et cela, sans aucun lien avec les astres.
Mais si un mauvais décret doit s’abattre sur un individu (qu’Hachem nous en préserve), ce décret a plus de probabilités de se réaliser à une période où la destinée de cet individu ne lui est pas très favorable. C’est pour cela que de nombreux mauvais décrets se sont abattus sur le peuple d’Israël durant le mois de Av de façon générale, et à la date du 9 Av en particulier.
Mais ceci est aussi valable dans l’autre sens. S’il a été décrété dans le Ciel qu’un individu doit bénéficier de bonnes choses, ces choses positives ont plus de probabilité de se réaliser sur cet individu à une période où la destinée lui est favorable, et au mois d’adar, c’est justement le moment où la destinée est très favorable pour Israël.

Divergence d’opinion entre le H’atam Sofer et notre maitre le Rav z.ts.l
Cependant, le Gaon auteur du H’atam Sofer écrit que cette règle selon laquelle un juif qui a un litige avec un non-juif doit tout mettre en œuvre pour faire juger son litige au mois d’Adar, n’est pas vraie selon la Halah’a. il explique ceci tout simplement par le fait qu’Israël n’a pas de destiné. Il ajoute que c’est justement pour cette raison que le RAMBAM ne fait pas apparaître cet enseignement dans son ouvrage.

Mais notre maître le Rav z.ts.l réfute son opinion puisqu’il est prouvé à partir des propos de nos maîtres que même si Israël n’a pas de destiné, on peut malgré tout dire qu’au mois d’Adar le destin d’Israël lui est favorable. Le fait que le RAMBAM ne fait pas apparaître cet enseignement dans son ouvrage s’explique par le fait qu’il n’a pas jugé utile de faire apparaître un sujet qui n’est pas lié avec la Halah’a, mais qui représente seulement un bon conseil.

Source: Halakha Yomit


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