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Nourriture H'amets des animaux

Halakhot de Pessah


Dans la précédente Halacha, nous avons expliqué qu’un aliment ‘Hamets détérioré au point de ne plus être consommable par un chien, comme un pain carbonisé au point de devenir de la cendre, il est permis à un juif de le conserver pendant Pessa’h. De même, il lui est permis d’en tirer profit pendant Pessa’h.

Tout ceci, à la condition que l’aliment soit totalement détérioré, au point d’être inconsommable même par un chien, comme nous l’avons expliqué.


Un mélange ‘Hamets

Un mélange de ‘Hamets – c'est-à-dire – un aliment qui n’est pas lui-même ‘Hamets, mais dans lequel est mélangé du ‘Hamets (mais pas en quantité suffisante pour provoquer la fermentation d’autres éléments), comme un fromage dans lequel serait mélangé un peu de farine, le statut de cet aliment est le même que celui d’un aliment véritablement ‘Hamets. Toute personne qui maintient en sa possession un aliment dans lequel est mélangé du ‘Hamets, transgresse l’interdit de la Torah selon lequel « aucun ‘Hamets ne sera vu ou trouvé chez toi » (« Bal Yéraé Ou-Bal Imatsé »).

Cependant, il existe une différence entre du véritable ‘Hamets, comme du pain, et un aliment dans lequel est mélangé du ‘Hamets.
En effet, il est interdit de conserver en sa possession du pain pendant Pessa’h, sauf s’il est totalement détérioré au point de ne plus être consommable par un chien.
Mais un aliment dans lequel est seulement mélangé du ‘Hamets, il est permis de le conserver en sa possession pendant Pessaé’h, dès lors où cet aliment est au moins inconsommable par un être humain, même s’il est encore consommable par un chien.

Ceci est explicite dans les propos de Maran l’auteur du Choul’han ‘Arou’h (chap.442-4) dont voici les termes :
« Une chose dans laquelle est mélangé du ‘Hamets et qui n’est absolument pas consommable par un être humain, même s’il est permis de conserver cette chose, il est interdit de la consommer jusqu’à après Pessa’h. »
Il est également expliqué qu’il est permis d’en tirer profit. Ceci correspond également aux propos du Rambam (chap.4 Hal.8), ainsi qu’aux autres décisionnaires médiévaux cités par le Beit Yossef (début du chapitre).

Nourriture pour les oiseaux, les chiens et les chats
Comme nous l’avons expliqué, au même titre qu’il est interdit de consommer du ‘Hamets pendant Pessa’h, il est également interdit d’en tirer profit.
C’est pourquoi, il est interdit de donner de la nourriture aux animaux si cette nourriture est de par elle même du ‘Hamets, puisque le fait de les nourrir constitue un profit pour l’homme.

Par conséquent, si l’on élève chez soi des animaux, et que l’on doit les nourrir pendant Pessa’h, il faut veiller à se préserver de l’interdit de ‘Hamets. On doit donc acheter pour les animaux uniquement de la nourriture sans crainte de ‘Hamets. En particulier pour les oiseaux, les chiens et les chats, car même si leur nourriture n’est pas réellement consommable par un être humain, malgré tout elle ne lui est pas totalement inconsommable, et il est donc interdit d’utiliser cette nourriture.

La nourriture pour poissons
Cependant, la règle est différente pour la nourriture pour poissons, car nous avons appris qu’une chose qui n’est pas ‘Hamets, mais qui contient seulement un mélange de ‘Hamets, si cette chose n’est pas consommable par un être humain, même si elle est consommable par un chien, il est permis d’en tirer profit pendant Pessa’h.
De même, il est permis de la donner à manger à des animaux.

Or, en général la nourriture vendue pour les poissons possède un goût très détérioré, et elle n’est absolument pas consommable par un être humain. De plus, cette nourriture n’est pas constituée complètement de ‘Hamets mais uniquement d’un mélange de ‘Hamets qui n’est d’ailleurs pas visible. Par conséquent, même s’il est catégoriquement interdit de consommer une telle nourriture pendant Pessa’h, malgré tout, elle n’est pas interdite au profit, et il est donc permis de donner cette nourriture aux poissons.

Mais il est évident qu’il faut redoubler de vigilance afin que des miettes de cette nourriture pour poissons ne tombent pas dans un endroit où des personnes pourraient les consommer, car ce mélange reste catégoriquement interdit à la consommation (même durant le reste de l’année, ce type de nourriture possède d’autres craintes d’interdits alimentaires).

Toutes ces conclusions ont été diffusées l’année dernière, et nous avions ajouté qu’un des plus illustres de nos décisionnaires contemporains avait déjà tranché cette Hala’ha dans ce sens, il s’agit du Gaon Rabbi Ben Tsion ABBA CHAOUL z.ts.l qui tranche qu’il est permis de donner cette nourriture aux poissons pendant Pessa’h, même si elle contient du ‘Hamets. C’est également ainsi que l’on rapporte en son nom dans le livre Chou’t Or Lé-Tsion volume 3 (page 92).

Il y a quelques années, nous avons montré les propos du Or Lé-Tsion à notre maître le Rav z.ts.l qui nous a répondu qu’il les examinerait afin de voir si l’on peut trancher la Hala’ha ainsi sur le plan pratique. Au bout d’environ 1 heure, notre maître nous a fait savoir que le Din est clair conformément aux propos du Or Lé-Tsion. C’est donc ainsi que nous avons - nous aussi – tranché sur le plan pratique à un commerçant de poissons qui désirait donner cette nourriture à ses poissons pendant Pessa’h.

L’année suivante, des personnes sont venues consulter notre maître le Rav z.ts.l en s’étonnant devant lui des propos que nous avions écrit en son nom. Notre maître le Rav z.ts.l leur expliqua correctement le Din, et leur répondit que notre décision Hala’hique était fondée et justifiée.

Les médicaments Casher pour Péssa’h
Les pastilles et comprimés contre les maux de tête ou autre, qui ne possèdent aucun goût (ou un goût désagréable), et qui sont fabriqués avant Pessah’, sont permis pendant Pessah’, même s’ils contiennent du H’amets (Amidon de blé).
Cependant, puisque il y a matière à la rigueur sur ce type de médicaments, on ne peut autoriser leur utilisation seulement pour des personnes véritablement malades (même sans danger), ou bien lorsqu’il s’agit de calmants pour les personnes qui en ont besoin. Mais on ne peut autoriser leur utilisation pour de simples douleurs passagères.


A fortiori, que l’on ne peut autoriser la consommation de vitamines qui contiennent du H’amets.
En Israël, le Grand Rabbinat publie une liste de médicaments qui ne contiennent pas du tout de ‘Hamets. Il faut - en priorité – utiliser les médicaments figurants sur cette liste.
Dans les autres pays, il faudra se procurer une liste similaire délivrée par des autorités rabbiniques compétentes.

Source: Halakha Yomit