Parachat Vayigach
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Contes Juifs

Papa, ils sont venus te chercher…

Contes Juifs

Avec un de mes amis, j’avais visité plusieurs prisons en Floride, dans le cadre de l’organisation « Aleph » qui s’occupe des Juifs emprisonnés et de leurs familles. Un soir, nous sommes arrivés, épuisés, dans une ville appelée Jacksonville, une ville que je ne connaissais pas du tout. Nous avons d’abord cherché une station d’essence puis un hôtel.

Enfin nous avons trouvé une station d’essence ouverte. Près du comptoir se tenait un non-Juif à la carrure imposante. Quand il remarqua nos costumes noirs, nos barbes et nos chapeaux, il nous demanda de le suivre dans l’arrière-boutique.

Je ne sais comment nous avons trouvé la force de faire encore ces quelques pas et comment notre instinct de conservation nous a permis d’entrer dans un endroit inconnu en compagnie de cette « armoire à glace ».
Dans cette pièce, se trouvait un vieil homme tout ridé, assis à la table. Apparemment ce vieillard avait déjà traversé bien des épreuves dans sa vie. Quelle ne fut notre surprise quand il s’adressa à nous, tout naturellement, en yiddish : « D’où venez-vous ? »

« Nous sommes des émissaires du Rabbi de Loubavitch ! »
En entendant cette réponse, il éclata en sanglots sans pouvoir s’arrêter pendant près d’une demi-heure, tel un enfant.
Enfin il nous pria de nous asseoir et nous raconta son histoire.

« Moi aussi j’étais un ‘Hassid comme vous. Mes parents habitaient un village de Pologne, mon père portait le « Schtreimel » (la troque en fourrure) et ma mère était une véritable « Tsadéket » (femme de grande valeur). Avec mes frères, j’étudiais assidûment la Guemara au « ‘Héder », l’école juive. J’étais un vrai ‘Hassid et quand je me suis marié, nous avons mené une vie juive traditionnelle.

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La grenade miraculeuse

Contes Juifs

Il y a très longtemps, habitait en Eretz-Israël, un homme qui vivait avec sa famille dans une petite maison de pierres, semblables à toutes les autres, avec une exception : à côté de sa demeure, Rav Nissim possédait un arbre qui produisait de splendides grenades. Les gens venaient de loin pour se procurer les "fruits de Nissim", ces fruits de qualité quasi-miraculeuse ("Nissim"). D'ailleurs la vente de ces grenades assurait pratiquement les revenus annuels de la famille.

Cependant, une année, l'arbre ne produisit rien. Alors qu'il était habituellement chargé des fruits lourds et gorgés de jus, il était cette fois désespérément vide. Rav Nissim demanda néanmoins à son fils aîné de grimper à l'aide d'une échelle jusqu'au sommet de l'arbre : effectivement le garçon découvrit trois magnifiques grenades, plus belles que tous les fruits que cet arbre avait produits jusqu'alors.

Quand Chabbat arriva, Rav Nissim posa deux grenades sur la table, en l'honneur du Chabbat. Il réserva la troisième pour la fête de Tou Bichevat, le Nouvel An des Arbres.
La situation de la famille devenait difficile: l'arbre qui assurait d'habitude son indépendance financière n'avait produit aucune récolte.

La femme de Rav Nissim lui suggéra de se rendre en-dehors d'Eretz-Israël afin de rapporter un peu d'argent, mais Rav Nissim ne pouvait se résoudre à quitter la Terre Sainte. Il ne voulait pas "faire honte" à cette terre qui n'avait pas pu assurer sa subsistance cette année-là. Il tenta de se lancer dans différentes affaires mais en vain.

"Tant pis, admit-il, je partirai, mais ne révélerai à personne que je viens de la Terre Sainte".
Durant de longs mois, il voyagea de ville en village, mais en chaque endroit, on privilégiait les pauvres locaux, comme le précise le Code de Lois juives. Certainement, si Rav Nissim avait raconté qu'il venait de la Terre Sainte, on l'aurait aidé avec beaucoup d'honneurs mais il se refusait à utiliser la sainteté de sa terre natale pour son profit personnel.

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La beauté des filles d'Acher

Contes Juifs

Avant de quitter ce monde, Moché bénit chacune des douze tribus. Il dota la tribu d’Acher de cette magnifique bénédiction : «Qu’Acher soit béni parmi les fils ; il sera bienvenu auprès de ses frères et trempera son pied dans l’huile…» (Devarim 33 : 24).

Cependant, il est intéressant de relever que dans le recensement entrepris par Moché, la tribu d’Acher ne s’avère pas être plus nombreuse que les autres tribus. Et dans les générations qui suivent, la population d’Acher n’augmente pas de façon disproportionnée, par rapport au reste de la nation.

Rachi, le grand commentateur biblique, propose, sur ce verset, un commentaire intéressant : «J’ai vu dans le Sifré (un Midrach) la chose suivante : ‘Parmi les tribus, vous n’en trouverez pas une seule bénie parmi les fils comme Acher’ mais je ne sais pas dans quel domaine.»

Puisque cette tribu n’était pas particulièrement peuplée, le Midrach estime que cette bénédiction concerne la qualité des enfants d’Acher plutôt que leur nombre. Rachi s’interroge alors sur cette qualité qui les rend si exceptionnels et s’exclame : «je ne sais pas dans quel domaine.»

Quant à la seconde partie de la bénédiction d’Acher : «il sera bienvenu auprès de ses frères et trempera son pied dans l’huile», Rachi propose de nombreuses d’explications et souligne également le lien entre cette juxtaposition : être bienvenu auprès de ses frères et tremper son pied dans l’huile : «parce que les femmes qui descendaient d’Acher étaient belles (et on les recherchait pour les épouser)… Ses filles épousèrent les Grands Prêtres, oints avec de l’huile d’olive.»

Cela fait écho à une association entre la tribu d’Acher et la Grande Prêtrise, qu’avait faite Yaakov, plus de deux cents ans auparavant et qu’on peut lire dans notre Paracha. Avant de quitter ce monde, Yaakov bénit également chacun de ses douze fils, individuellement, leur donnant des messages prophétiques sur le futur de leur tribu.

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