Parachat Vayigach
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Chavouoth: Cette fête aux règles si mal connues

Chavouot

Rappelons-nous que sept semaines séparent Pessah' de Chavouoth. Nous savons que cet espace temps entre ces deux fêtes est appelé Omer car les jours et les semaines sont comptés
journellement jusqu'à l'aboutissement : Chavouoth.

La date hébraïque de cette fête est : le 6 et le 7 sivan en diaspora. Cette fête porte différents

1 – H'ag hachavouoth se référant au mot « semaines »

2 – puis H'ag Matantorah : promulgation de la Torah par D ieu

3 – H'ag hakatsir : la fête de la moisson

4 – H'ag habikourim : la fête des prémices.

Bien évidemment, à l 'occasion de cette fête, l'étude de la Torah va occuper la place principale durant ces deux jours. Selon un principe religieux, on dira moitié pour D ieu – moitié pour nous.Qu'est-ce que ce principe ?

Exactement ce qu'il signifie au mot près. De quelle moitié parle-t-on ?Il s'agit encore du temps. La moitié du temps sera pour D ieu et l'autre sera pour nous : toujours incompréhensible !

Ce qu'il faut comprendre c'est que l'on doit être capable de diviser son temps en deux. Comment ? Si l'on compte le temps que l'on passe à table pendant cette fête, on peut dire qu'on y est largement pour moitié. Le reste étant pour D ieu, donc pour l'étude de la Torah.

Il est vrai que l'on étudie la Torah toute l'année, tous les jours, chacun à la hauteur de ce qu'il peut. Il est vrai que c'est une mitsvah de le faire quotidiennement, mais cette fois des moments particuliers
sont réservés à cette fête.

Le premier temps va être la grande veillée de chavouoth au cours de laquelle on va beaucoup lire ou beaucoup étudier. Beaucoup lire, c'est, selon une tradition bien connue, utiliser un livre qui s'appelle Kériémoèd dans lequel presque toute la Bible figure ou, du moins, l'essentiel.

Le Rav Ovadia Yossef propose vivement cette solution correspondant au Ari Zal. Toutefois, pour ceux qui ont l'habitude à la yéchiva de donner la préférence au talmud le plus clair du temps, le Rav Ovadia Yossef autorise également cette dernière possibilité.

Une troisième possibilité existe, toujours selon le Rav Ovadia Yossef. Elle consisterait à ce qu'un maître très érudit donne un enseignement poignant, ou très percutant, pour attirer l'attention
de tous les participants.

Laquelle des trois propositions choisir ? De préférence, celle de la collectivité. Parce qu'on ne peut pas faire chacun dans son coin ce qui nous semble le mieux.Mais, attention, insiste toujours notre Maître : il n'est pas question ni de somnoler, ni, encore moins, de dormir ou encore d'échanger des propos vains.

Il est impératif de se montrer vigilant, attentif, concentré de toutes ses porces. Cette moitié réservée à D ieu doit être respectée scrupuleusement.

Pourquoi cette veillée jusqu'à l'aube ? C'est que, tout d'abord, les premiers grands maîtres le faisaient et que ceux qui veillent, dit-on dans le Zohar, réparent leurs fautes et se réjouissent.

Tous ceux-là seront alors inscrits dans le Livre des Souvenirs et D ieu les bénira des soixante-dix bénédictions et couronnes dans le monde supérieur.

La raison de cette habitude est qu'au moment du don de la Torah tous les juifs s'étaient endormis toute la nuit par le simple son de la Parole
divine.

D ieu a du tous les réveiller par le tonnerre et les éclairs qui se sont exprimés sur le mont Sinaï. C'est pourquoi, pour réparer la chose, c'est en veillant toute la nuit par l'étude de la Torah que l'on compense le manque à gagner...

Cette habitude ne concerne que les hommes, mais pas les femmes. Toutefois, si elles veulent joindre leur grand cœur en distribuant gâteaux et boissons, tout le monde sera content. Si, au surplus, après tout cela, elles souhaitent, malgré tout, étudier, elles auront aussi le bénéfice de l'étude bénie de D ieu.

L'important est de retenir que le devoir appartient aux hommes. Pour les dames, cela relève de leur propre volonté.Bien que l'on ait été éveillé toute la nuit, il faudra malgré tout dire les bénédictions du matin,
exceptées celles sur les mains : Al Nétilat Yadaïm et Acher Yatsar.

Mais, en cas de « besoins », on dira tout de même Acher Yatsar mais pas Al Nétilat Yadaïm.Malgré la fatigue de la veillée dans une étude de choix, ou dans la lecture dans Kiriémoèd, ilconviendra à l'aube de rester bien éveillé pour prier, surtout au moment du « Chéma ».

Cela pour ne pas gagner d'un côté et perdre de l'autre : gagner l'étude et perdre son bénéfice en dormant pendant la prière. A la lecture de la Torah : le Décalogue, D ieu nous compte ce devoir, s'il est bien fait,comme si nous recevions à ce moment précis la Torah.

Petite indication : le Rav Ovadia Yossef nous précise que toutes les parties de la Torah sont importantes, aussi importantes les unes que les autres. Aussi, on évitera de se lever pour écouter les dix Paroles.

Pourquoi ? Pour bien montrer que, contrairement aux idées reçues, le Décalogue n'est pas la partie de la Torah la plus importante et que ce serait uniquement celle-là qui viendrait de D ieu.

Or, si on se lève uniquement pourcette dernière partie, ce sera bien que l'on considère ce moment comme fondamental et le reste accessoire. En ne respectant pas ce principe, on se joindrait aux « pécheurs » qui le font.

Or, on doit les en empêcher. Surtout lorsque de grands sages restent eux assis pendant cette lecture.

Toutefois, si le père -ou le maître- est appelé à la Torah précisément à l'occasion de cette montée, on pourra alors se mettre debout, non pas seulement pour les Dix Commandements, mais dès le début de la montée.

Là, il n'y aura aucun doute. On ne dira pas publiquement, lors de la vente des mitsvots, que cette dernière est la plus importante. Certains ont l'habitude, notamment les Ashkénazim, de rester systématiquement debout pendant la lecture de la Torah tout au long de l'année.

Là, aucun problème. Une autre habitude importante est de lire le Rouleau de Ruth à Chavouoth. Mais, attention, alors que les Ashkénazim récitent une bénédiction avant la lecture de chacune des méguiloth,

les sépharadim ne la récitent pas. Et si un séfarade mène l'office à Chavouoth, au moment de la récitation de cette bénédiction dans une synagogue ashkénaze, un ashénaze récitera la bénédiction et le sépharade pourra lire la méguila de Ruth.

L'usage veut également que l'on répande des fleurs odorantes et des roses à la synagogue à l'occasion de cette fête pour nous apprendre que chaque parole qui sortait de la « Bouche de D ieu » emplissait le monde d'une odeur suave.

On a aussi coutume d'entreposer, autant à la synagogue que dans les maisons, des plantes ou des branches d'arbre pour nous rappeler que c'est à l'occasion de cette fête qu'on est jugé pour les fruits des arbres.

Également, on a l'habitude de consommer des produits laitiers à chavouoth et du miel et du lait pour faire allusion à la Torah qui symbolise à la fois le « miel et le lait ». Quant aux produits laitiers à proprement parler, cette habitude tient au fait que le Décalogue avait été dévoilé à nos patriarches dans ses moindres détails et avec toutes les mitsvot.

Le Rav Saadia HaGaon, cité par le Rav Ovadia Yossef, rapporte que lorsque chacun est rentré chez soi après l'épisode du Décalogue, il ne trouva rien à manger immédiatement, excepté ces produits laitiers.

En effet, maintenant que la Torah venait d'être donnée, pour manger de la viande cacher, il fallait de grandes préparations : abattage avec un couteau bien effilé selon la loi de D ieu, retirer le nerf sciatique, laver et saler la viande et la cuire dans de nouveaux ustensiles.

Les anciens ne pouvaient en effet plus servir puisqu'ils avaient contenu des aliments maintenant interdits. Attention : on prendra soin de ne pas prendre de produits laitiers après la viande, sinon que 6 heures plus tard.

C'est pourquoi nous avons l'habitude de commencer par des produits laitiers et après s'être brossé les dents et bien rincé la bouche, on pourra consommer de la viande. Manger de la viande pendant la fête est une mitsva liée à yom tov.

De même, on boira du vin pour cette même raison. Toutefois, il ne faudra abuser ni de l'un ni de l'autre. On ne se livrera pas non plus à des plaisanteries malséantes ou à des légèretés. Ces comportements sont incompatibles avec la joie de la fête.

La joie de cette fête n'est que dans l'esprit de la Torah.A chavouot, on ne danse pas et on ne frappe pas des mains, bien que certains éprouvent le besoin d'user d'un autre moyen pour le faire tout de même.

Cela pour éviter d'en arriver à réparer un instrument de musique. Il est d'autant plus interdit de faire fonctionner un appareil produisant de la musique, tel que CD ou autre. Même s'ils ont été programmés avant la fête.

A cela, il n'y a aucune souplesse à accorder car on ne peut s'appuyer sur rien. Les après-midi de yom tov, on a l'habitude, au moins pour les séfaradim de lire un certain nombre de poèmes composés par Rabbi Chlomo Ibèn Gabirol etc...

Le mieux étant tout de même d'étudier le livre des mitsvoth de Maïmonide – mitsvoth assé, mitsvoth lo taasé. Il est bon aussi de lire des psaumes car le roi David est mort précisément à Chavouoth.

Enfin, on s'efforcera de lire le rouleau de Ruth, sans bénédiction pour les séfaradim. Pour bien faire, et c'est ce qui est recommandé par nos maîtres, il convient de suivre scrupuleusement tous ces enseignements pour bien réaliser cet enseignement : moitié pour vous,moitié pour D ieu.

Ce sera au moins l'occasion de s'investir pleinement, immodérément dans l'étude de la Torah avec conviction et de lire tous les autres textes recommandés pour couronner tout l'ensemble.

On consommera des produits laitiers comme nous l'avons dit pour qu'HaChem, sans que ce ne soit le salaire de nos efforts, nous comble des soixante-dix bénédictions et couronnes, pour que nous avancions toujours, sans relâche, dans l'esprit de la Torah.

RAV BITAN

www.rabbinbitan.fr

Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. - 06 50 75 16 07

Spécialiste dans la préparation à la conversion.

Agréé par le Consistoire

Rabbin psychologue.

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